Assez de visages que nous aimons broyés par les choix politiques de ce gouvernement et l’internationale néolibérale pour ne pas oser défier ces structures de mort et d’anéantissement. Pour ne pas oser les mettre à terre, les faire suinter comme suinte leur enfer. Nauséabond.

Toute personne qui est touchée par un quelconque idéal humain, une quelconque conception de la vie comme un mélange de poésie et de rencontres d’amour et de beauté, ne peut vivre sans névrose dans le monde qu’ils ont bâti. Il faut être malade pour se complaire dans leurs usines à vents, sous leurs tableurs Excel. Il faut être Macron pour sourire cyniquement un t-shirt évoquant les énucléations provoquées pas sa milice dans les mains.

Collectivement, nous avons le pouvoir, le pouvoir de faire céder ces structures. Il convient de nous unir, de viser juste. Chacun de nous aura des comptes à rendre face à l’Histoire. Que faisiez-vous quand l’humanité était à son tournant ? Que faisiez-vous quand il n’était pas trop tard pour mettre à terre le système qui broie les hommes et le vivant pour alimenter la folie de quelques-uns ? À vos fenêtres vous preniez des photos du cortège avec un demi-sourire ? Si vous ne répondez pas à ces questions par : « Je luttais, mon corps face à eux dans les rues » vous serez un lâche et un traitre.

Que l’on comprenne que la violence, quand elle vise les institutions mortifères capitalistes, les vitrines lustrées qui avec soin font oublier les corps assassinés par le processus productif, n’est plus violence, mais libération. Que la violence vient d’en haut, que l’on assassine par des réformes et qu’un Fenwick qui défonce la porte d’un ministère corrompu est une ode à la liberté.

Que les révoltés se reposent, qu’ils cessent de défiler dans les rues en suivant des parcours vides de sens et d’enjeux encadrés par des CRS. Reposez-vous, transformez votre dépit en colère, choisissons une date, peu importe laquelle. De préférence une date où nous serons des millions à ne pas avoir piscine et ce jour allons chercher ce qui nous oppresse. Aller chercher, c’est aller chercher, être déterminé et avancer toujours, ensembles soudés.

Ne déclarons plus rien à la préfecture, jamais. Déclarer c’est se soumettre, c’est accepter les règles d’une police qui a pour doctrine la terreur et le mensonge. La conciliation peu importe avec qui ou par qui elle est menée est de la même manière une erreur. Ils ont tué, ils ont brisé, ils ont volé, ils ont menti, nous avons le devoir de les expulser, de les condamner pas de négocier.

Que l’on comprenne que la gauche humaniste est morte. Oui, institutionnellement morte dans la Ve République si elle y a un jour existé. Mais si elle a quitté les institutions dévoyées, c’est pour renaître et vivre avec voracité dans la rue.


Article publié le 14 Fév 2020 sur Paris-luttes.info