Mars 29, 2020
Par Le Monde Libertaire
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Dans la lagune de Venise, l’eau devient plus limpide. On aperçoit les poissons. Mais le retour des dauphins n’est qu’un rĂȘve. Pas encore de dauphins dans la lagune de Venise…

Vous ĂȘtes les plus forts. Les destructeurs de la planĂšte, de la vie, des vies, que ce soit par la destruction des corps ou par la soumission des libertĂ©s de vivre Ă  un ordre Ă©conomique qui est le vĂŽtre, celui de l’intĂ©rĂȘt exclusif et despotique de votre caste, la caste des serviteurs des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques. Vous les Ă©voquez comme une Ă©vidence, un mantra, ce qu’on ne peut pas remettre en cause. Vous habillez vos meurtres, vos violations , vos orgies, vos obscĂ©nitĂ©s de cette fable.

Vous ĂȘtes les plus forts. Ce qui ne vous donne aucune lĂ©gitimitĂ©.
Vous avez inventé la « loi du plus fort » pour justifier vos crimes.
Vous ĂȘtes les plus forts comme le violeur est le plus fort. Comme l’assassin est le plus fort.

Et on a peur de vous. De votre pouvoir qui tue.

Il tue aujourd’hui par milliers, tous les jours dans les hĂŽpitaux dĂ©truits par les vols successifs de votre caste piochant Ă  pleine main dans les biens de notre civilisation, du soin, de la santĂ©, de la science. Comme des porcs en guerre, vous pillez notre hĂŽpital, impunĂ©ment, grossiĂšrement, pour « maĂźtriser les dĂ©penses de santĂ© ». Vous ne prenez mĂȘme plus soin de construire vos mensonges afin de les rendre prĂ©sentables. Que l’ « Ă©conomie » soit vouĂ©e Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© de vie n’est mĂȘme plus un mensonge que vous vous fatiguez Ă  faire. Plus de justification nĂ©cessaire. C’est une croyance, une religion, ce dont on ne peut pas parler.
« MaĂźtriser les dĂ©penses de santĂ© », ça veut dire mettre des vies en danger, aujourd’hui, laisser mourir, pour que les « riches » restent riches, puissent encore, sur nos tombes et sur l’asphixie de la planĂšte, danser leur danse de mort.
Pour imposer la rĂ©forme des retraites, « rĂ©tablir l’équilibre budgĂ©taire » Ă©tait le mantra de non retour rĂ©citĂ© pas les serviteurs de la grosse machine Ă  broyer des vies pour faire de l’argent. Travailler vieux et mourir tĂŽt. LĂ  encore, un mensonge qui foudroie des vies, des corps. Non, il ne s’agit pas de rĂ©tablir un Ă©quilibre (quel Ă©quilibre?), mais de pouvoir continuer Ă  s’enrichir, Ă  voler, Ă  piller. Et mĂȘme si on faisait semblant de vous croire, vous qui mentez si mal, bien que ce soit votre mĂ©tier, la rĂ©alitĂ© c’est qu’un Ă©quilibre budgĂ©taire qui fout des vies en l’air, on en a rien Ă  foutre. Si l’équilibre budgĂ©taire tue, c’est que c’est nuisible un Ă©quilibre budgĂ©taire.

Votre grosse machine morbide, votre systĂšme Ă©conomique, vous avez besoin de nous pour la remettre en marche, et nous ne voulons pas la remettre en marche. Nous voulons arrĂȘter. Respirer. Que le monde respire.

Alors oui on a peur de vous, mais contrairement Ă  ce qu’écrivait Hobbes, ce n’est pas rendre honneur Ă  votre puissance. On a peur de votre pouvoir.
Comme on a peur du chien qui bave et qui mord.
Plus fort que nous.

On a peur de votre infinie cupiditĂ©, de votre bĂȘtise arrogante, de votre ignorance. On a peur de tout ce dont vous ĂȘtes fiers et de tout ce pour quoi on vous mĂ©prise.

On sait ce dont vous ĂȘtes capables.

Vous ĂȘtes les mĂȘmes que les bouchers qui envoyaient il y a un siĂšcle les enfants de 16, 17 ans se faire tuer dans l’horreur des tranchĂ©es.
Les mĂȘmes qui vendent les armes pour que les massacres se perpĂ©tuent dans les pays oĂč vous n’habitez pas.
Les mĂȘmes qui invitez au viol comme arme de guerre.
Les mĂȘmes qui rendez hommage dans les salles feutrĂ©es Ă  un violeur d’enfant.
Les mĂȘmes qui ont transportĂ© dans leurs bateaux des africains qui traversaient la mort, la perte abyssale de leur humanitĂ©, l’au-delĂ  de la terreur. TrĂšs lucratif. TrĂšs bon pour l’économie.
Les mĂȘmes qui racontent les contes sales qui constituent la force de leur domination, la dĂ©bilitĂ© des femmes, des noirs, des pauvres. Sexisme, racisme, classisme, ce sur quoi votre pouvoir a Ă©tĂ© construit. Haine de tout ce qui n’entre pas dans le paradigme Ă©troit du mĂąle dominant occidental.
Que des femmes ou des noirs correspondent Ă  ce paradigme et aient le « droit » aujourd’hui de jouer avec vous Ă  vos jeux de terreur, dont vous continuez d’imposer les rĂšgles, n’y changent fondamentalement rien.
Les mĂȘmes qui laissent mourir de faim des millions d’enfants et d’adultes chaque annĂ©e, au nom de leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques.
Les mĂȘmes qui tirent sur la foule en colĂšre, infirmĂšres, enseignants, qui veulent juste vivre dĂ©cemment.
Les mĂȘmes qui ignorent toute dĂ©cence et tout dignitĂ©, chez eux comme chez les autres, soumis Ă  une seule rĂšgle, celle de la domination.
Les mĂȘmes qui aujourd’hui laissent se propager un virus par crainte de nuire aux intĂ©rĂȘts Ă©conomiques.
Les mĂȘmes qui ne savent rien de ce qui fait prendre soin de la vie.

On a peur de vous comme on a peur de la bĂȘtise qui tue.

Aucun respect pour vous. Surtout pas.
Vous ĂȘtes le contraire du respectable.
Vous ĂȘtes l’ennui et la mort.

Et on n’a pas besoin de vous. Juste nuisibles, pire qu’inutiles.

Aujourd’hui, toutes les dĂ©cisions que vous avez prises face Ă  l’épidĂ©mie n’ont fait que freiner le travail des mĂ©decins. On a besoin des mĂ©decins. De leurs savoirs. Pas de vous. Vous ĂȘtes des boulets.

Alors oui, on rĂȘve d’un monde dĂ©barassĂ© de la gangrĂšne que vous ĂȘtes, un monde sans vous et libĂ©rĂ© de vos « intĂ©rĂȘts Ă©conomiques », un monde oĂč les dauphins viendront nager dans la lagune de Venise.




Source: Monde-libertaire.fr