Mai 5, 2021
Par Expansive
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Qui est Némésis, le groupe qui se dit “féministes identitaires” et qui est en train de s’implanter à Rennes en ce moment ?

Némesis est né en Octobre 2019, à l’initiative d’une poignée d’étudiantes issues de l’extrême droite parisienne. Elles se revendiquent féministes, issues de “la génération de Cologne”, un faits divers de 2016, où des femmes avaient été agressées sexuellement par des hommes soi-disant tous réfugiés selon la fachosphère, justifiant ainsi leur haine raciste.

Némésis fait sa première apparition dans la rue le 24 Novembre 2019 à Paris lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes. Brandissant des pancartes anti-immigration et ’réclamant la verité pour Cologne’. Elles se font directement virer du cortège par les manifestant.es. Suite à cela, elles font le tour des médias, notamment ceux d’extrême droite (Etudiant libre, TV Libertés, Valeurs Actuelles…), ce qui va leur donner une visibilité importante et booster leur activisme sur les réseaux sociaux.

Tous sauf féministes, elles sont justes racistes et nationalistes

Pour elles la cause de tous les maux c’est l’immigration. Selon leur mots c’est un « un frein à l’épanouissement des femmes en Europe ». Comme l’extrême droite le réclame, elles veulent : « stopper l’immigration massive, ne plus donner la nationalité française automatiquement, la suppression du droit du sol et du regroupement familial, l’expulsion des étrangers ou des personnes avec la double nationalités ayant été jugés pour des faits criminels ou délinquants ». Préservant ainsi les femmes face à l’ennemi principal : l’homme dit “extra-européen”. Cet imaginaire rappelle celui des idéologies fascistes qui tentent toujours d’opposer les “cultures” et de construire une figure essentialiste et stigmatisante de “l’autre”.

Leur discours instrumentalise le féminisme pour renouveller la vision xénophobe et nationaliste de l’extrême-droite. Et loin d’être émancipatrices, leurs idées sont conservatrices. Elles prônent une “identité féminine” avec un groupe “100% féminin” mais veulent un service d’ordre exclusivement masculin dans les événements publics, elles conservent donc les rôles traditionnels genrés.

Opportunisme et confusionnisme, pour plaire au plus grand nombre

Elles créent la confusion en reprenant les codes des luttes féministes actuelles. Par exemple, elles plagient les “féministes colleuses” pour afficher des messages contre les agressions sexuelles mais surtout anti-immigration. Elles se fabriquent une image de féministe tendance. Peu nombreuses, leurs actions sont plutôt symboliques, pour faire de la com’, afin d’entretenir leur image. Ultra-actives sur les réseaux sociaux, elles cherchent à faire le buzz. Leur dernière actions forte qui les a propulsées médiatiquement a été d’être habillées en niqab en tenant une banderole “les françaises dans 50 ans”. Elles sont à peine une centaine d’adhérentes mais comptent plus de 20 000 abonnées sur Twitter. Leurs idées sont relayées par des influenceuses afin de toucher le plus de personnes possibles et banaliser leur discours. L’existence de Némesis joue un rôle important pour l’extrême droite afin d’attirer d’autres types de profils notamment les femmes, jeunes, étudiantes.

Une image plus acceptable pour la mouvance identitaire

Némesis est présent maintenant dans de nombreuses villes (Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Brest, Lille, Strasbourg, Marseille, Nice, Tours). Elle vient de s’implanter à Rennes depuis quelques mois. Némésis trouve son soutien et ses recrues principalement dans des groupes d’extrême droite. Avec un discours xénophobe, islamophobe, anti-immigration, homophobe, transphobe, anti-pornographie, anti- prostitution : Genération Identitaire, l’Action Française, la Cocarde Etudiante… leur ouvrent largement les bras, parfois même c’est eux qui créént la branche locale. A Rennes, c’est l’Action Française qui fait naître la section Némesis35. Ainsi elles participent aux événements d’extrême droite comme les marches Anti-PMA-GPA, Rassemblement Génération Identitaire contre l’Islamisme, fête de synthèse Nationale. La dernière fois qu’elles ont été présentes dans la rue ce fût pour soutenir Génération Identitaire à l’annonce de leur dissolution.

Des groupes de fachos au féminin ce n’est pas inédit. En 2013, par exemple le collectif “les Antigones” était créé dans le contexte de la Manif pour Tous. Depuis quelques années, l’extrême droite prend de nouveaux visages pour adoucir son image, encore associée à une certaine forme de violence masculine. Mais aussi pour donner une place plus importante aux femmes de plus en plus nombreuses et visibles du côté des fachos. Ainsi avec Némesis l’extrême droite redore son blason avec une branche de jeunes “féministes” et renforce sa présence dans la rue et sur les réseaux. Seulement Némésis n’est pas un groupe féministe, elles ne sont pas là pour changer quoi que ça soit à la condition des femmes, elles servent juste un discours haineux et stigmatisant.

Pour ne pas être récupérées par les fachos, faisons du féminisme une question centrale des luttes sociales ! Ni à Rennes ni ailleurs, les Némesis hors de nos vies !

Pour plus de détails : https://infoantifabzh.noblogs.org/post/2021/04/30/nemesis/




Source: Expansive.info