Juillet 26, 2021
Par Le Monde Libertaire
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PROUDHON MODÈLE COURBET de Jean PÉTREMENT

Texte et Mise en scùne : Jean PÉTREMENT
Avec : Xavier LEMAIRE, Jean PÉTREMENT, Lucile PÉTREMENT, LĂ©onard STÉFANICA

Nul n’est censĂ© ignorer la loi. Nul non plus n’est censĂ© ignorer que PROUDHON, pĂšre de l’anarchisme et COURBET peintre du rĂ©alisme Ă©taient amis. Leurs noms nous sont familiers mais nous devons surfer sur plus de 150 pages de notre histoire avant de pouvoir poser un doigt sur leur rencontre. GrĂące Ă  Jean PETREMENT, nous voici transportĂ©s un jour d’hiver 1854, Ă  ORNANS, dans le DOUBS, dans l’atelier de COURBET qui reçoit en compagnie de sa modĂšle Jenny, son respectable ami PROUDHON.

Nous savons que les deux hommes chacun dans leur domaine, ont bouleversĂ© l’histoire. Ce que nous ignorons vĂ©ritablement, c’est ce qu’ils se sont apportĂ©, l’un Ă  l’autre.

ExtĂ©rieurement, COURBET a l’allure d’un paysan rougeaud, bon vivant et PROUDHON d’un pasteur ou d’un professeur plutĂŽt renfrognĂ© et peu amĂšne. Ce qui les rĂ©unit, c’est ce qui se trame dans leurs corps respectifs, c’est leurs combats, leur idĂ©al qui pousse l’un Ă  bĂątir une Ɠuvre picturale destinĂ©e Ă  exprimer son propre vĂ©cu, pour rendre l’art au peuple d’une certaine façon, et pousse l’autre Ă  rĂȘver de nouvelles fondations pour une sociĂ©tĂ© plus juste.

Nous savons grĂące aux correspondances Ă©changĂ©es entre les deux amis qu’ils se sont toujours soutenus, PROUDHON ayant saluĂ© l’esprit novateur de COURBET, ce dernier l’ayant fait figurer notamment dans sa fameuse toile de l’Atelier.
Jean PETREMENT s’est intĂ©ressĂ© davantage aux diffĂ©rences de ces grands hommes qui sauteraient Ă  l’Ɠil d’un enfant. DiffĂ©rences de sensibilitĂ©s, de tempĂ©raments, l’un est introverti, l’autre extraverti. C’est assez banal en somme, cela le devient moins si l’on considĂšre que ce qui est innĂ© en soi peut conditionner sinon notre existence, sinon notre maniĂšre de penser et d’agir.

Dans ce court spectacle d’une heure environ, nous pourrions craindre d’assister Ă  des joutes oratoires un peu intello. Il n’en est rien parce que les escarmouches et la vivacitĂ© de la discussion entre les personnages restent trĂšs naturelles.
On adore la bonhomie impĂ©tueuse de COURBET, le pinceau Ă  la main. Proudhon, le visage circonspect, aux allures pudibondes est moins sympathique. Survient aussi, le braconnier de passage, qui va rĂ©concilier tout le monde avec sa liqueur Ă  la mirabelle et son pĂątĂ© de lapin. Et puis surtout, il y a Jenny, le joli modĂšle qui entend faire crĂ©piter son existence dans un monde d’hommes.

Un cocktail trĂšs explosif ! Pas simple l’espĂšce humaine, avec toutes ses contradictions, oscillant toujours entre la chair et l’esprit, le fond et la forme, entendez par lĂ , pourquoi pas, Proudhon et son associĂ©, Courbet, et regardez Jenny : tous arrivent Ă  tenir devant et derriĂšre une mĂȘme toile, celle de « L’atelier » allĂ©gorie rĂ©elle, d’une page de vie. C’est formidable !

Jean PETREMENT nous invite Ă  la tolĂ©rance et la rĂ©flexion, il a – c’est Ă©vident – de l’empathie pour ces personnages ! Qui n’aura pas envie aprĂšs le spectacle d’ouvrir un livre de Proudhon ou de revoir une toile de Courbet !

Merci, Jean PETREMENT pour cette comédie trÚs vivante, instructive et percutante !

Eze, article mis Ă  jour le 26 Juillet 2021
Evelyne TrĂąn

Au Festival Off Avignon 2021. Du 7 au 31 juillet à 18 H 35 au Théùtre des Corps Saints 76 Place des Corps Saints 84000 AVIGNON
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Source: Monde-libertaire.fr