Depuis quelques semaines, le service de communication d’Énergie Saguenay fait du temps supplémentaire en multipliant les communiqués, les publications sur les réseaux sociaux et les entrevues dans les médias. Toutes les occasions sont bonnes pour nous montrer que l’on est de plus en plus près de la première pelleter terre. Le service de com’ s’occupe des empêcheurs de polluer en rond. Il trouvera la bonne ligne remplie de demi-vérités et d’omissions volontaires pour enfoncer le projet dans la gorge des habitants et habitantes du Saguenay. 
On se croirait dans 1984 de George Orwell  
La guerre c’est la paix
La liberté c’est l’esclavage
L’ignorance c’est la force
… les hydrocarbures sont des énergies vertes
Récemment, Énergie Saguenay a annoncé sur toutes les tribunes possibles le financement d’un projet de recherche piloté par la Chaire en éco-conseil de l’UQAC. La collaboration de la Chaire dans un tel projet n’est pas si surprenante. Au fil des ans, elle a loué ses services, tel un mercenaire, à différentes entreprises afin de faire passer des projets au sein de la population.
Le journaliste au Devoir, Alexandre Shields, mentionnait dans un article paru le 21 février 2019 que : « Les émissions annuelles de gaz à effet de serre liées au projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel Énergie Saguenay atteindront plus de sept millions de tonnes. Cela équivaut à annuler en une seule année l’essentiel des réductions d’émissions du Québec depuis 1990. » 
Comment arrive-t-on à imposer un projet qui va à l’encontre des intérêts du plus grand nombre en augmentant de façon significative les GES à l’échelle canadienne ? De la même manière que l’on peut arriver à manger un éléphant ?  Une bouchée à la fois et bien sûr en cachant quelques morceaux :
« Les « émissions directes » produites sur le site industriel au Saguenay sont les seules qui seront prises en compte par le gouvernement fédéral dans sa décision d’autoriser, ou non, le projet d’exportation de gaz naturel. Toutes les autres émissions, dont celles imputables à l’exploitation gazière, sont écartées de la définition du « projet », puisqu’elles « échappent » au promoteur, soit GNL Québec. Quant au gouvernement de François Legault, il a déjà signifié qu’il n’exigera pas d’évaluation des émissions de la production gazière qui sera liquéfiée sur le territoire québécois, à raison de 11 millions de tonnes par année. » 
Les grands perdants dans les projets industriels à venir sont de toute évidence la population de bélugas : « L’ajout de nouveaux navires dans une zone d’habitat protégé des mammifères marins augmente la vulnérabilité des bélugas face au bruit ».  
Peut-être que les bureaucrates à Ottawa et à Québec pourraient nous expliquer à quoi sert le parc marin du Saguenay-St-Laurent si ce n’est pas pour « protéger l’environnement, la faune, la flore et les ressources naturelles d’une partie du fjord du Saguenay et de l’estuaire du Saint-Laurent » ? 
Mais la vraie question demeure qu’est-ce qui pèse le plus lourd dans la balance ? Une population de bélugas actuellement en voie de disparition ou de gros billets verts? 
*Attention au sarcasme* Ah pis merde, les bélugas ils sont laites pareil .
L’entreprise peut ajouter toutes les couches vertes qu’elle veut, et même proposer une usine carboneutre, le projet demeure aux teintes sales et polluantes du pétrole albertain. Les seules choses de durables dans ce projet sont le maintien et l’utilisation des énergies fossiles. Le bon sens nous invite à éviter de se lancer dans le vide pour le bonheur à court terme d’une minorité de possédants. Notre époque oblige, pour le bien du plus grand nombre, que nous soyons en mesure de relever le défi de la transition énergétique et d’entamer une nécessaire décroissance économique. 
Si la population de Porto Rico, victime d’un désastre environnemental, a pu se relever les manches et lancer des initiatives pour une plus grande souveraineté alimentaire et énergétique, pourquoi ne serait-il pas possible d’en faire autant dans notre région ? ( [Livre] Le choc des utopies Porto Rico contre les capitalistes du désastre)
Prochainement au Saguenay sur le Nitassinan… 

Lancement du journal Cause Commune du Collectif anarchiste Emma Goldman.

Ce numéro va traiter des projets destructeurs (GNL Québec, Arianne Phosphate, Métaux BlackRock, etc) prévus au Saguenay-Lac-St-Jean sur le Nitassinan. 
Quand: Le 21 mars à 19h
Où: À l’Éco-Kartier du centre-ville de Chicoutimi. 129 rue Jacques-Cartier Est, 3ème étage
Entrée gratuite
Bouffe végane servie sur place (contribution volontaire)