Janvier 11, 2020
Par Brest Media Libre
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En ce 17 dĂ©cembre, jour de lutte contre les violences faites aux TDS, NOUS, OUVRIER-E-S DU SEXE, DETENTEURICES DE LA FORCE ORGASMIQUE, INTERMITTENT-E-S DU FANTASME, NOS OUTILS DE TRAVAIL SONT NOS LANGUES, NOS DOIGTS, NOS ORDIS, NOS NUDES, NOS GODES, NOS TEXTES, NOS CORPSNOUS AUSSI NOUS SOMMES EN GREVE.

Au crĂ©puscule d’un capitalisme tardif la jouant collĂ© serrĂ© avec le patriarcat blanc, notre bien aimĂ© Etat s’arme de tout un arsenal juridique pour faire chier un nombre incalculable de vies : les nĂŽtres, nous les putes. Cette artillerie lourde se caractĂ©rise non seulement par une putophobie dĂ©complexĂ©e, mais avant tout par une xĂ©nophobie et un racisme mortels, ainsi qu’un projet de contrĂŽle des personnes en marge de cette sociĂ©tĂ© mortifĂšre.

En effet, les lois putophobes ; c’est-Ă -dire la loi de pĂ©nalisation des clients, la loi sur le proxĂ©nĂ©tisme, le projet de loi Avia, la loi sur les demandeur.euses d’asile ; les lois SESTA – FOSTA aux Etats-Unis ; nous empĂȘchent de nous auto-organiser et nous traquent. Car toute collĂšgue qui vient en aide Ă  une autre collĂšgue est considĂ©rĂ©e comme une proxĂ©nĂšte, et aucun lieu sĂ©cure n’est Ă  notre disposition pour travailler sereinement. Ces lois supposĂ©es nous protĂ©ger nous poussent Ă  prendre PLUS de risques et Ă  ĂȘtre confrontĂ©es Ă  des situations de danger.

Les plus prĂ©caires d’entre nous sont celles qui sont contraintes de travailler Ă  l’extĂ©rieur dans des coins trĂšs isolĂ©s, Ă©loignĂ©s de toute forme de solidaritĂ©. C’est dans ces espaces que les risques de violence sont accrus. Par ailleurs, les putes les plus prĂ©caires sont les exilĂ©es, les sans-papiĂšres, les personnes trans, racisĂ©es, en situation de handicap


La putophobie est protĂ©iforme, elle s’incarne dans la ville, dans la famille, Ă  travers la violence de l’absence, le rejet, l’exigence de se conformer Ă  ce qui les tient Ă©carter de leur honte, ou encore dans les milieux militants, les slogans, les regards, les blagues. Elle ronge nos communautĂ©s, nos intimitĂ©s. Le stigmate nous rĂ©duit aux cendres du silence. Et c’est la plus grande des violences.

Le travail du sexe se compose d’une diversitĂ© de pratiques et de parcours : escortes, camgrrrls, acteurices porno, strip-teaseuses, dominas, putes et tant d’autres. Nous vendons de notre temps et des services sexuels, pas notre corps. Il reste Ă  l’Ɠuvre, comme dans tout autre travail. Mais les Travailleureuses Du Sexe doivent en plus subir la rĂ©pression et la stigmatisation.

Nous, nous ne nous trompons pas. Nos ennemis ne sont pas nos clients. Nos ennemis sont les agresseurs, les violeurs, les flics, les patrons, l’Etat. L’ennemi principal, c’est le patriarcapitalisme.

Remember : Les flics ne sont pas des fils de putes. Les putes et autres TDS subissent les violences policiĂšres : traques, rafles de sans-papiĂšrEs, vols, chantage, viols, expulsions, emprisonnement.

Les putes et autres TDS sont partout : dans les cortĂšges, dans ta famille, dans ton immeuble, dans ta promo, dans la salle d’attente, sur la piste de danse, et aussi en GAV.

Être TDS n’a rien de dĂ©gradant, nos existences n’ont rien d’humiliant.

Vive l’anarcha-syndicalisme pute

Ni lois ni patrons

On veut le beurre l’argent du beurre, et une putain de retraite.




Source: Brest.mediaslibres.org