Juillet 12, 2020
Par Indymedia Nantes
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Et bam ! Me voilĂ  balancĂ© chez les flics. Deux somnifĂšres dans le cul et quedalle, pas le moindre assoupissement. C’est beau la dĂ©ontologie mĂ©dicale qui sert Ă  rien Ă  part au bĂ©nĂšf des capitalistes du cacheton.

Puis dĂ©ballage de life devant ces gardiens de l’Etat. En retour, leçons de morale sauce fonctionnaires assermentĂ©s. Le sĂ©jour commence bien…

Attente des larbins ambulanciers qui font que leur travail. DerriĂšre les barreaux. « Monsieur, puis-je avoir un verre d’eau ? Â». Plus infantilisĂ© et asservi qu’un chiard Ă  la maternelle.

Et puis rebam ! BalancĂ© Ă  l’HP sous ordre des autoritĂ©s lĂ©gales.

A l’arrivĂ©e : Des blouses blanches disent « attention il est trĂšs agitĂ© Â». GnĂ©, oĂč ça sales batards ?

De quoi ĂŽter tous les doutes sur la COLLABORATION entre les sĂ©vices psychiatriques et la Police !

Si j’Ă©tais si agitĂ©, j’aurais tout casser dans le comico. J’aurais limite compris l’affront de ces sales curĂ©s Ă  piquouzes, qu’on me passe les menottes, une camisole, qu’on me foute en GAV ou qu’on me flingue. Mais lĂ …

Me flinguer ? Putain ils auraient mieux fait ces roussins en costumes blanchis plutĂŽt que m’imposer cette sociĂ©tĂ© dĂ©gueulasse et leurs sales tronches de kapos !

Impossible de sortir griller une clope. Sortie interdite. CamĂ©ras, alarmes & doubles portes. Pis vlĂ  que le flichiatre veut me voir. Passage obligĂ©. 15 minutes de blabla plus tard, l’Ă©tiquette dĂ©pressif me colle vite fait Ă  la peau comme un stigmate. Et la SociĂ©tĂ© peut remercier ce cher docteur pour ses bons et loyaux services au profit des propriĂ©taires, des patrons, des hauts-fonctionnaires fiers de pacifier la rĂ©volte, de clouer le bec aux prĂ©carisĂ©s de la grande dĂ©chetterie sous-prolĂ©taire qui bouffe que du pain sec et des pĂątes sauce flotte les dix derniers jours du mois.

Sorti du Buro, ces braves et honnĂȘtes blouses blanches qui n’ont rien Ă  se reprocher me font avaler des medocs sans me dire mes droits. Mais il parait que les abus de pouvoir en flichiatrie n’existent pas. D’ailleurs c’est pas Ă©crit dans leur catalogue de vacances… Un autre pays du mensonge dĂ©concertant la psychiatrie ?

Puis on m’enferme dans une piĂšce minuscule avec juste de la flotte et de quoi pisser-chier. Les medocs font l’effet d’un Ă©lectrochoc : convulsions, flashs, presque tĂ©tanisĂ©, soif atroce, vertiges, impossible de marcher sans me tenir aux murs, nausĂ©es, pisse et merde dans les draps. « Putain mais je vais crever et aprĂšs tout ce qu’on vient de me foutre dans la gueule… Vite qu’on en finisse ! Â»

Deux semaines Ă  passer dans ce trou. Sous l’oeil vigilant du corps infirmier soudĂ© comme un barrage de flics. Et qui agit comme lui : Ă  coups de rapports, de cachetons, de coups si nĂ©cessaires et de camisoles.

Que faire ? Bouquiner ? Impossible, les mĂ©docs m’ont bouziller la tĂȘte. Discuter de foot, de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es dĂ©biles, de travail, de « qu’est-ce que tu fais dans la vie Â», de famille… ? PlutĂŽt crever, encore. Les prisonniers de la flichiatrie sont aussi rĂ©glĂ©s, conformistes et prĂ©visibles que les taulards, que tous les honnĂȘtes gens bien adaptĂ©s pour servir ce monde de merde. Des esclaves consentants.

Puis j’apprends que je peux refuser les mĂ©docs. A la livraison de drogues, j’hĂ©site pas, je refuse leurs cam qui me bouzille, qui parasite ma capacitĂ© Ă  raisonner et donc Ă  me dĂ©fendre. Jamais vu de dealers aussi surpris et faussement inquiets que ces « soignants Â» quand on leur exprime le refus de se mĂ©dicamenter. Juste le somnifĂšre fera l’affaire. Dans ce trou oĂč prendre l’air t’es interdit, dans cette minuscule cellule fermĂ©e Ă  clĂ© avec sas entre deux portes, impossible de dormir quand tes voisins gueulent h24.

Entrevue avec un infirmier qui me lache « on a une dĂ©pression comme on a un rhume Â». Il me prend pour une bille, envie de lui cracher Ă  la gueule.

Entrevue avec la psychologue. Son masque de bienveillance ressemble au sourire d’une bonne soeur. L’impression d’avoir 5 ans quand elle me parle. Question dĂ©bile sur question dĂ©bile. Juste envie de faire gouter le coin de son buro Ă  sa machoire.

Entrevue avec l’Ă©quipe des infirmiers. Je serais « irrespectueux envers eux et les « patients Â» Â». Sans rire. Comme au couvent et partout ailleurs dans la SociĂ©tĂ©, tu te soumets, tu rentres dans L’ORDRE ou bien ON te la coupe. Seul moment rĂ©confortant : une infirmiĂšre chiale pendant que je lui crache mes 4 vĂ©ritĂ©s sur la psychiatrie, le monde autour, sa fonction de flicquette. Putain ça c’Ă©tait cool !

AutorisĂ© Ă  sortir pour ĂȘtre rĂ©enfermĂ© 15 jours plus tard. Et pour plusieurs mois. Quand t’as eu le cerveau bouzillĂ© par leurs traitements imposĂ©s par la Loi. Incapable de gĂ©rer quoi que ce soit sans flipper complet. Si la taule est l’Ă©cole du crime, la psychiatrie rend malade.

LA PSYCHIATRIE EST LA PLUS HAUTE EXPRESSION DE L’ORDRE. PLUS VITE ELLE CRÈVERA MIEUX CE SERA. TOUS SES DÉFENSEURS VOUS ME FAITES VOMIR.




Source: Nantes.indymedia.org