Juillet 28, 2021
Par Archives Autonomie
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AndrĂ© Prudhommeaux et son appendice conjugal ont donnĂ© leur dĂ©mission des Groupes Ouvriers Communistes. Naturellement nous n’avons pas essayĂ© de les retenir, et mĂȘme quand ils ont essayĂ© de se raccrocher aux groupes, prĂ©tendant que leur dĂ©mission avait Ă©tĂ© arrachĂ©e, nous les avons priĂ©s d’aller se promener. Prudhommeaux avait Ă©tĂ© gĂ©rant de notre journal L’Ouvrier communiste mĂȘme avant d’ĂȘtre admis dans le groupe oĂč il avait Ă©tĂ© accueilli avec des conditions prĂ©cises, c’est-Ă -dire de ne pas jouer les dĂ©serteurs de classe, mais de devenir rĂ©ellement un dĂ©serteur de la couche non prolĂ©tarienne, d’oĂč il avait origine. Mais Prudhommeaux pensait Ă©videmment que ce sont lĂ  des choses qu’on dit, mais qu’on ne fait pas. D’ailleurs, il estimait ĂȘtre forte tĂȘte, tant c’est vrai, qu’accablĂ© de fatigue, dit-il, par le travail matĂ©riel de jour et le travail spirituel (pas tant que ça !) de la nuit, il trouvait le moyen de toujours faire la grasse matinĂ©e. Naturellement, parce qu’il se croyait un phĂ©nix (il se croit encore tel !), il a voulu faire revivre la politique de chef dans nos groupes. Il a commencĂ© par vouloir avoir des initiatives exclusives et des privilĂšges ; souvent, il a modelĂ© la journĂ©e Ă  sa façon ; il a gardĂ© des rapports avec sa famille, que nous ne pouvions jamais contrĂŽler, et qui Ă©taient d’autant plus suspects que Prudhommeaux pĂšre est un personnage trĂšs huppĂ© dans les milieux de la Ligue des Nations. Naturellement, l’argent qu’il recevait de ses parents, son intimitĂ© avec ces derniers, tout cela justifiait nos mĂ©fiances Ă  son Ă©gard, mĂ©fiances qui l’auraient, dit-il, poussĂ© aux dĂ©missions, mĂ©fiances qu’un rĂ©volutionnaire aurait dĂ» plutĂŽt chercher Ă  dissiper par son attitude.

DerniĂšrement, il avait encore projetĂ© de faire un voyage de plaisir en Allemagne, aux frais de sa famille. Nous aurions dĂ» le mettre Ă  la porte dans cette circonstance ; mais nous avons eu Ă  son Ă©gard une derniĂšre faiblesse : celle de l’envoyer lĂ -bas pour le compte des groupes, en l’invitant Ă  ne pas demander d’argent Ă  ses parents. Mais, malgrĂ© sa promesse, il est allĂ© Ă©galement taper son papa.

Il nous Ă©crit que c’est lĂ  une infamie ! En effet, c’en est une, et trĂšs grave ; mais il oublie que lui-mĂȘme a Ă©tĂ© obligĂ© de l’avouer. La publication de la brochure RĂ©ponse au camarade LĂ©nine a Ă©tĂ© l’occasion d’une derniĂšre saloperie de sa part. Le groupe avait projetĂ© de publier cette brochure exclusivement sous sa responsabilitĂ©. Prudhommeaux lui-mĂȘme nous avait fait un clichĂ© de la couverture, que nous possĂ©dons encore. Il a publiĂ© la brochure sous la responsabilitĂ© de sa librairie, dans le but de devenir Ă©diteur et de se faire de la rĂ©clame.

Cette derniĂšre affaire nous l’a dĂ©masquĂ© complĂštement : elle nous l’a rĂ©vĂ©lĂ© comme l’homme de la petite bourgeoisie intellectuelle, qui veut se faire un nom sur le dos de la classe ouvriĂšre. Mais, Ă©videmment, Prudhommeaux avait rencontrĂ© cette fois-ci des ouvriers qui ne se laissent pas et ne se laisseront pas faire.

Et que cette leçon puisse servir aussi pour ceux qui auraient envie de faire une semblable expérience sur notre dos.




Source: Archivesautonomies.org