Décembre 10, 2020
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Refusant d’aller au casse-pipe juste pour servir de garderie au Medef, les travailleuses et travailleurs de l’éducation ont fait grève en novembre pour imposer leur propre protocole sanitaire. Une belle démonstration d’auto-organisation face à l’incurie de la hiérarchie.

L’absence de protocole sanitaire avait consterné les personnels de l’éducation. Le refus de libérer deux heures pour préparer un hommage à Samuel Paty aura été la goutte d’eau. Le Snes-FSU a appelé à prendre de force, par la grève s’il le fallait, les deux heures nécessaires à cela. SUD-Éducation a de son côté appelé à faire voter en assemblée générale la grève pour protester contre cette maltraitance institutionnelle, et pour obtenir des conditions sanitaires acceptables.

Dans le week-end précédant la rentrée scolaire du lundi 2 novembre, des messages tournent entre collègues sur les boucles Whatsapp, sur les listes mail, des assemblées générales en visioconférence se tiennent et font monter la pression sur les directions pour que le lundi matin soit banalisé. Un peu partout, des grèves sont votées, des AG sont fixées pour le lundi dans les établissements.

Le constat est partout le même  : les enseignantes et enseignants en ont assez d’être méprisé·es par leur administration et refusent un protocole sanitaire dont le seul objectif est de faire de l’école une garderie, afin d’envoyer les salarié·es au boulot.

Dès lundi 2 novembre, de nombreux collèges et lycées débrayent donc. Beaucoup en Île-de-France et surtout en Seine-Saint-Denis, territoire de luttes s’il en est, mais aussi ailleurs. Une revendication s’impose  : il faut dédoubler les effectifs ; une demi-classe par salle. Les grévistes savent que le bon sens est de leur côté  : pour que les écoles, collèges et lycées restent ouverts, il faut moins d’élèves au même moment dans les établissements, afin qu’ils et elles puissent respecter les gestes barrière et éviter les brassages.

Se réapproprier l’outil de travail

Pour imposer cela, les personnels ont fait ce que le mouvement social sait faire de mieux  : ils se sont réapproprié leur outil de travail. Ils ont rédigé leurs propres protocoles sanitaires et les ont adressés à leur hiérarchie en stipulant que c’était la seule solution pour travailler. Rien qu’en Seine-Saint-Denis, plusieurs dizaines de protocoles ont été ainsi rédigés.

site : mairie Villeparisis

Face au refus des différents échelons hiérarchiques de satisfaire les revendications, la grève est souvent reconduite, et des établissements supplémentaires entrent dans la danse. Pour avoir une date unifiante, l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Snalc-SUD appelle alors à une grève nationale le 10 novembre, pour se caler sur une date lancée par le Snes-FSU.

Résultat quatre jours après le début des grèves, le ministère cède en partie. Les dédoublements seront autorisés en lycée. Une semaine plus tard, les effectifs peuvent être allégés sur certains niveaux dans un certain nombre de collèges. Une nouvelle bataille s’engage alors, pour que ces dédoublements, arrachés de haute lutte, ne dégradent pas les conditions de travail, en excluant le travail simultanément en présentiel et en distanciel.

Après ces premières avancées, un nouvel enjeu se pose  : pour faire face durablement à la crise sanitaire, il faut maintenant réduire les effectifs de manière pérenne, donc recruter du personnel en masse, et ouvrir des locaux, par la réquisition, voire par la construction.

Gyula (UCL Montreuil)




Source: Unioncommunistelibertaire.org