Octobre 28, 2019
Par La Rotative (Tours)
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La « casse » des professionnel·les œuvrant dans le secteur et la fragilisation des services sont en cours. Elles s’expliquent entre autre, par des déménagements, des restructurations forcées, des créations de structures, la rapidité imposée pour constituer des équipes opérantes, l’augmentation du nombre de mineurs pris en charge par chaque travailleur·euse social·e…

Les effets néfastes sont déjà clairement observables. Que ce soit à l’IDEF [1] ou ailleurs, les orientations inhérentes à la mise en place de commissions d’orientation, par exemple pour renvoyer les enfants vers leur « secteur d’origine », opèrent de réelles ruptures dans le suivi et l’accompagnement des jeunes et leur famille. Pour exemple : l’apparition de places ou de services pour « situations complexes » engendre des constitutions abracadabrantes de groupes ! On y oriente des jeunes violent·es (verbalement comme physiquement), qui ont posé des actes extrêmement forts. En même temps ces mêmes services sont tenus d’accueillir des jeunes aux problématiques totalement différentes, nécessitant une prise en charge de tous les instants (tels que des enfants déficients ou autistes). On peut se questionner sur le bien-être de chacun·e. Comment faire cohabiter des profils aussi différents ? Oui, on le faisait ! Mais ces services avaient alors le temps et les moyens pour travailler.

Le milieu ouvert

Dans les services dits « de milieu ouvert », les équipes travaillent sur mission du juge des enfants avec les familles quand les enfants sont toujours au domicile mais que le danger a été établi. Le nombre de familles suivies par un·e travailleur·euse social·e a explosé. Les conditions d’exercice des mesures se sont complexifiées et les professionnel·les se confrontent à la difficulté de continuer à accompagner et protéger dans de bonnes conditions.

Les jeunes diplômé·es ou les non-diplômé·es sont de plus en plus nombreux·ses mais ne restent pas dans le secteur, du fait des conditions de travail dégradées.

Une politique départementale néfaste

Le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire, via Jean-Gérard Paumier son cher président, annonce partout que le budget de la protection de l’enfance a augmenté et qu’aucune structure n’a disparu. C’est faux. Par exemple l’association Verdier a été absorbée par la Croix Rouge suite à la perte des appels à projets. Mais le pire est qu’on ne parle surtout pas des enfants ! La qualité du travail sensible qu’assume le secteur de la protection de l’enfance est largement dégradée. Alors que le nombre de mineur-es et familles pris en charge a largement augmenté, les prix de journée n’ont cessé d’être tirés vers le bas. Et avec eux, les conditions de prise en charge, d’accueil et de travail.

L’enfant ne devrait-il pas être au centre des préoccupations ? Qu’en est-il du parcours de vie des jeunes ? Qu’en est-il de la considération des familles et de la prise en compte réelle de leurs difficultés ?

Ce n’est pas en déplaçant les enfants là où il y a de la place, ni en allant voir les familles une fois par mois (quand le ou la travailleur·euse social·e y parvient), qu’on assure les missions qui nous sont confiées. Les grands pontes du département sacrifient clairement et simplement des enfants en espérant que les services et les professionnel·les trouvent une baguette magique (où est Harry Potter ?) afin de s’adapter et d’adapter leur fonctionnement à chacune des problématiques et chacune des situations. De même pour l’augmentation du nombre de suivis par les professionnel·les.

Naïveté, méconnaissance ou mauvaise foi ? L’enfant et sa famille ne sont clairement pas la priorité de nos dirigeant·es. Ce n’est pas une nouveauté mais iels nous le démontrent une nouvelle fois !

Article tiré du bulletin trimestriel des syndicats SUD d’Indre-et-Loire n°57, octobre 2019.




Source: Larotative.info