Petite rebellyon au Progrès ! Notre bon journal local de préfecture est bien obligé, parfois, de faire le relais des condamnations de violences policières quand la justice daigne les condamner. Les faits remontent à la nuit du 21 au 22 février 2019 : deux jeunes se font frôler par une voiture de police alors qu’ils rentraient d’une soirée alcoolisée. Ayant eu l’intolérable outrecuidance d’interpeller les policiers pour leur faire remarquer l’importance des règles de sécurité au volant, ils avaient eu le droit à un contrôle pour le moins musclé.

Ce 13 septembre se tenait le procès des officiers qui avaient clairement abusé de leur force, provoquant de nombreuses blessures légères aux deux jeunes, et surtout la fracture du poignet de l’un deux qui lui a valu 90 jours d’ITT. Les deux officiers ont été reconnus coupables de violences sur les deux étudiants, mais n’ont été condamnés qu’à trois mois de prison avec sursis pour l’officier responsable de la fracture, et deux mois avec sursis pour son collègue.

Alors que la procureure adjointe Karine Malara a reproché aux deux flics d’avoir agi en dehors de tout cadre procédural : « On ne peut pas intervenir à chaud parce qu’on est énervé quand on est policier » et avoir qualifié leurs actes de « violences gratuites », le Progrès, dans son article, fini par nous annoncer que :

Cette condamnation ne sera pas inscrite cependant au volet B2 du casier judiciaire des deux policiers, qui pourront donc continuer à exercer. L’un d’eux doit prochainement intégrer la Brigade anticriminalité de Lyon, dont il a récemment réussi les tests.

Bien entendu il n’est pas précisé lequel des deux officiers a été recruté à la Brigade Anti-Criminalité, mais dans les deux cas on est particulièrement heureux d’apprendre que l’on peut tout à fait être au même moment sujet d’un procès pour violence et passer, et réussir les concours d’entrée à la BAC ; et qu’être condamné pour violences n’empêche pas à un flic d’exercer son métier … autant reconnaître officiellement que la violence gratuite est le métier « normal » de la police.


Promotion pour un flic reconnu coupable de violence : la BAC recrute ! Lire le précédent article de Rebellyon du 18 juin 2019 sur le même évènement :

Courtoisie policère : deux flics lyonnais bientôt jugés pour avoir agressé deux étudiants éméchés

Quand un flic manque de vous écraser, ne lui dîtes pas de faire attention, traitez le directement de raclure de bidet et mettez-vous à chanter la « Java des Bons-Enfants » en plein dans son visage avec votre pire haleine de lendemain de soirée. Car que vous soyez courtois ou insultant, dans les deux (…)




19 juin


Article publié le 14 Oct 2019 sur Rebellyon.info