Habitant la province depuis de nombreuses années, montant de temps en temps sur Paris c’est toujours avec le même plaisir que j’y reviens et m’y sens à nouveau Parisien quoique né en province et m’y baladant au gré du hasard. J’ai habité Paris et la région parisienne pendant de nombreuses années (plus d’une trentaine d’années) et surtout dans mes années de jeunesse, celles pendant lesquelles on découvre le monde et on se découvre au monde. Pendant des années quand je le pouvais, c’est-à-dire quand ne travaillant pas j’en avais le temps, je marchais dans les rues de Paris cherchant qui y était passé avant moi ou quel événement majeur avait pu se dérouler là où je me trouvais, là où je m’arrêtais, sans me dire que j’aurais pu y être car tel n’était pas le propos. J’étais un homme du vingtième siècle et il y avait (mais il y a toujours autant) à faire pour détruire ce capitalisme ordurier qui pourrit la vie de tant de millions d’êtres humains.
Et là, ce livre Un Paris Révolutionnaire est le bienvenu pour nous le dire à travers les âges. Un ouvrage de belle facture, beau, qui donne envie de le laisser dans la bibliothèque à la vue de tous ceux qui viennent « à la maison », peut-être faussement poser négligemment là, sur une table, comme si on l’avait abandonné après une lecture interrompue.
C’est avec quelques moments de bonheur et de nostalgie de mes pérégrinations toutes statiques – car dans mes souvenirs – que je lis ces textes, ces textes courts qui permettent de refermer le livre après chacun d’eux en songeant qu’on est celui ou celle qui déambule dans les rues s’arrêtant aux endroits si plein d’histoires de luttes de libération même si le plus souvent ces histoires se sont achevées tragiquement pour ceux qui les ont faites. Ce qui est difficile de faire quand on lit un livre intéressant dont les chapitres qui se suivent avec cohérence tels les romans ou les ouvrages de philosophie invitent à une lecture ininterrompue , soit parce ce qu’on veut connaître les réponses aux questions qu’on se pose en les lisant soit parce qu’on veut « connaître la fin », tout de suite. Là, pas de questions, juste quelques petites histoires d’une page ou deux ou quatre, le temps d’en lire une le matin avant de partir « bosser » ou le soir de retour de réunion militante ; quoique…
On déambule, sans cohérence de l’Histoire, dans des rues dont les noms conservés pour certaines sentent les siècles qui sont passés, là où sont nées des idées et des idéaux, là où ont vécu des hommes et des femmes qui apparaissent et vivent ces courts instants de lecture. C’est l’apparition de chacun(e) selon la spirale parisienne des arrondissements (illustration de la couverture). Page par page viennent notamment se côtoyer des personnalités diverses : Evariste GALOIS mathématicien génial mort jeune lors d’un duel, mais la vie l’aurait certainement abandonné tôt, car très malade ; Louise MICHEL grande « Dame » révolutionnaire de la Commune (mais pas que…) dans le dix-huitième arrondissement, arrondissement où j’ai habité commençant mes premières années de militant de la FA dans le groupe … Louise MICHEL, justement, on comprendra que ce Paris-là me parle ; PROUDHON et son ami COURBET mais sans leur apport idéologique. Des lieux mythiques : le Quartier Latin évidemment, le Père Lachaise, la Place Vendôme, le siège de la CNT, etc…
Découvrez-les vous-mêmes à travers les écrits de nombreux auteurs, car c’est là un point positif qui nous montre un Paris à travers la vision non pas d’un(e) seul(e) auteur(e) mais de plusieurs (ne les citons pas nous en oublierons) ce qui nous évite la lassitude des styles et des écrits d’un(e) même auteur(e). Là un vrai pari des Editeurs, car comment rassembler autant de personnes pour écrire un tel ouvrage quand on sait la difficulté qu’il y a de commander un ouvrage à une seule personne ?
Et pour finir des idées de ballades « thématiques » pour ceux qui désirent parcourir Paris à pied.

Allez, si vous n’avez pas le temps lisez un texte par jour, un peu comme on prend une médication contre une longue maladie qui nous ronge, sauf que la comparaison s’arrête là car ce texte quotidien est jubilatoire tout en étant délivrant et nous donne le courage de continuer pour que les luttes soient finalement victorieuses. Non, ce n’est pas une longue maladie c’est un Grand Espoir, avec des majuscules ; ce n’est pas de la nostalgie des temps et des personnes passées, c’est un tremplin vers un futur heureux, mais n’oublions pas, en passant, de vivre aujourd’hui.

Patrice (Ind. 14).


Article publié le 03 Déc 2019 sur Monde-libertaire.fr