Juillet 20, 2016
Par Rebellyon
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Depuis 2012, on ne compte plus les projets d’extraction minière en France. Liftée façon greenwashing, la mine dite « responsable » n’aurait plus rien à voir avec un sombre tableau à la Émile Zola. Petit tour d’horizon par CQFD de cette nouvelle fièvre qui promet de désastreux coups de grisou.

« C’est pas très gai, les mines », ironise Goulven. Une petite demi-heure qu’on tient la tchatche par téléphone. Goulven fait partie du collectif anti-mine Douar Didoull, dans les Côtes-d’Armor. En 2015, les militants n’ont pas arrêté : porte-à-porte, réunions, rando-manifestations. Un beau point d’orgue le 14 novembre 2015 à Landivisiau (Finistère), où un millier de manifestants battaient le pavé pour dénoncer les projets délirants en train de saccager la Bretagne : centrale au gaz, méthaniseur, aéroport, extraction de sable… et projets miniers ! Quand il cause mines, Goulven parle d’« État dans l’État » tant les procédures sont opaques. Consultés, les maires l’ont été, mais ce fut au pied levé, juste après les dernières élections municipales, les équipes à peine constituées. Des documents épais comme un bottin, à étudier en moins de deux. Pour les mairies qui n’ont pas eu le temps de rendre leur avis, les services de l’État ont joué aux boute-en-train autoritaires : « On a considéré qu’elles étaient pour ! », explique Goulven.

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Dans l’Hexagone, ce ne sont pas moins de huit PERM qui sont en cours de prospection. Huit autres demandes ont été déposées et attendent l’aval des autorités. « Deux facteurs peuvent expliquer la relance des recherches de métaux en France : la hausse des prix, malgré une petite baisse aujourd’hui, qui restent à des niveaux intéressants pour continuer les travaux d’exploration, et l’intérêt croissant pour les coproduits ou sous-produits, des petits métaux (antimoine, cadmium, germanium, baryum, etc.) associés à des métaux principaux particulièrement recherchés par l’industrie électronique et les nouvelles technologies vertes », décrypte Anna Bednik. Avec son compagnon, Anna a parcouru l’Amérique latine et a rencontré nombre de communautés indigènes et paysannes en lutte pour préserver l’intégrité de leur territoire. De retour en France, la journaliste s’est engagée sur le terrain des gaz et pétrole de schiste. En janvier 2016, son expérience accumulée donne naissance au bouquin Extractivisme [2] où elle décrit avec minutie une effrayante intensification de l’exploitation industrielle de la nature. Anna avale une gorgée de café, puis résume le rôle de lanceur d’alerte qu’elle a joué à travers le collectif aldeah : « Aujourd’hui, une dizaine de collectifs se battent contre des projets miniers. Le mouvement se structure petit à petit. Depuis deux ans, le collectif creusois organise le festival Terre d’aucune mine (No Mine’s Land) en été. Y participent des gens de Creuse, de Sarthe, des Bretons, des habitants de Salsigne. » À Salsigne (Aude), la dernière mine d’or française a fermé ses galeries en 2004. Le territoire est dévasté par une pollution à l’arsenic. L’incidence des cancers du poumon et du larynx y crève tous les plafonds.

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