Préambule

Le ressenti personnel représente autant de valeurs qu’une étude sociologique reposant sur des critères édictés sans aucune concertation.

Du producteur au consommateur

Ne pas faire avec

Les films « militants » épousent le plus souvent et à mon sens la règle du « faire avec ». Leur esthétique est au service d’un discours de « terrain » traitant uniquement d’une question sans prendre en compte le hors champs visuel ou verbal afin comme ils l’affirment de ne pas perdre le spectateur. Dans ce même ordre d’idées, les sociétés d’auteur font le plus souvent et à mon sens « avec » en affirmant qu’elles respectent la législation en versant des droits d’auteur en fonction de l’audimat et en refusant de verser des droits d’auteur aux réalisateurs incarcérés. La grande majorité des festivals de cinéma labellisés par le CNC se plient à mon sens également à la règle du un euro investi doit rapporter un euro, ce qui a pour conséquence de privilégier les formats courts, voir très courts, puisque la multiplication des réalisateurs sélectionnés assurera mathématiquement par la présence de leurs proches dans la salle un taux satisfaisant de remplissage correspondant à la vérification des comptes au nom de la lutte anticorruption. J’ajoute enfin toujours à titre d’exemple du « faire avec » que j’ai reçu un mail m’informant que ma participation à un concours de poésie sur la paix m’obligeait par son règlement à n’aborder aucune question politique ni religieuse.

En conclusion, il est pour moi personnellement en mon nom clair que l’injonction du un euro investi doit rapporter un euro, et ce au nom est désormais la règle non écrite des commissions culturels de l’État, de la région, de la ville, du mécénat privé ou de l’associatif.

Du consommateur au producteur

Ne pas faire avec

L’individu ne peut exister, contrairement à ce que proclament les libéraux, sans le groupe.

Il est cependant exclu à mon sens personnellement que l’individu doive se plier à une discipline, à une solidarité, d’un groupe, et ce au nom du réalisme, de l’efficacité, du terrain, et en définitive du retour sur investissement. Le fait que j’ai ainsi signé avec YouTube un contrat stipulant que les films appartiennent à YouTube ne m’empêche pas d’écrire en commentaire sous mon film mis en ligne ce film comme tous mes films sont en libre chargement diffusion à l’exception des membres des conseils d’administration des sociétés d’auteur qui n’ont pas protesté contre l’expulsion par les CRS des participants de Nuit debout qui occupaient pacifiquement la cinémathèque de Paris dirigée par des auteurs cinéastes affirmant dans leurs films être en lutte pour un monde meilleur. De même, les droits d’auteur que je touche n’impliquent pas que je doive me plier au règlement des sociétés d’auteur, j’estime que chaque œuvre diffusée doit recevoir le même montant indépendamment de la taille du diffuseur. La diffusion de mes deux courts métrages L’Aube et A propos d’Éric P. sur Arte et dans de différents festivals labellisés CNC n’implique nullement que je doive être solidaire de leurs programmes.

Le ressenti personnel est acte sociologique

Il ne s’agit cependant pas pour moi personnellement en mon nom en ce qui me concerne de critiquer, de juger tel comportement personnel. Je ne suis ni Dieu. Ni notaire. Ni inspecteur de la CAF. Je dis simplement que le faire avec favorise un climat de résignation qui peut se rapprocher du complotisme qui affirme que quoi que l’individu fasse, il est écrasé par les « puissances dominantes occultes ». Je dirai pour conclure que l’important est de ne pas adapter son langage, son esthétisme en fonction du membre du jury, du commissaire, du Addoc SRF, du Sacem sacd scam adami, du comédien, du mot du maire, du conseil régional, du président, du média. Du proche.

Nos illusions sont notre réel.

Projections film Merejkowsky avec le soutien du collectif Osez le socialique

Café chez Éva Pritsky, 3, rue Eupatia Paris

Jeudi 19 décembre 21 heures

Les Hommes Prophétiques 105 mn (je suis juif donc je suis arabe)

de Pierre Merejkowsky

Commune Libre d’Aligre, 3, rue d’Aligre Paris

Vendredi 20 décembre 20 heures

De nuit debout aux gilets jaunes

Film de Merejkowsky et de collectifs

Café chez Éva Pritsky, 3, rue Eupatia Paris

Jeudi 9 janvier 21 heures

Courts métrages de Pierre Merejkowsky, séance en présence du réalisateur, suivie d’une discussion.


Article publié le 16 Déc 2019 sur Paris-luttes.info