Ramón Vila Capdevila, né le 2 avril 1908 dans les Pyrénées catalanes, est mieux connu comme Caracremada, « visage brûlé ». Ramón adhéra très jeune à la FAI et à la CNT. Le film de Lluís Galter retrace ses années de lutte acharnée et solitaire contre le régime franquiste ainsi que la trajectoire de la CNT et la tentative insurrectionnelle du bassin minier du Haut Llobregat en janvier 1932.

Vendredi 5 avril

à partir de 19 heures – 45 Boulevard Pardigon, 13004, projection du film Caracremada (Lluís Galter, 2010).

Ensuite il y aura de quoi manger et boire, en soutien à l’imprimerie anarchiste L’Impatience.

Autour du film :

Ramón Vila Capdevila, né le 2 avril 1908 dans le village de Peguera, près de la petite ville Berga dans les Pyrénées catalanes, est mieux connu comme Caracremada, « visage brûlé ». Plus tard, un autre surnom lui sera donné, cette fois lié à son caractère solitaire, sauvage et têtu : Jabalí, « sanglier ».

Ramón adhéra tres jeune à la Fédération anarchiste ibérique (FAI) de la région du Haut-Llobregat et à la Confédération Nationale du Travail, la CNT anarcho-syndicaliste.

C’est à cette même période que remonte la présence de groupes d’action affinitaires agissant au sein même ou aux marges de la CNT : des groupes restreints d’anarchistes qui répondent les armes à la main à la terreur patronale et étatique, qui réalisent des sabotages et des attaques contre la répression, et qui remplissent à travers des expropriations les caisses de l’organisation anarcho-syndicaliste en soutien aux grèves ouvrières.

Au début des années 1930, la CNT tentera également à plusieurs reprises de déclencher l’insurrection révolutionnaire pour proclamer le communisme libertaire, mais les soulèvements resteront locaux et seront écrasés par la répression.

La tentative insurrectionnelle du bassin minier du Haut Llobregat en janvier 1932 eut une importance majeure mais montra aussi les dissensions qui existaient au sein de la CNT : d’un côté, ceux qui souhaitaient rester à l’intérieur du cadre républicain, misant sur la perspective d’une croissance quantitative de l’organisation et l’obtention de réformes importantes, et d’un autre côté ceux qui pensaient que les temps étaient mûrs pour une action insurrectionnelle qui, bien qu’elle pouvait échouer, allumerait en tout cas des flambeaux inextinguibles sur le chemin vers la révolution sociale.

La logique du compromis retournera sous differentes formes et à plusieurs reprises pendant la guérrilla anti-franquiste, sans jamais croiser le chemin de Capdevila, dont le réfus de tout moyen terme restera ferme, jusqu’à sa fin.

Bien qu’en 1951 la CNT ordonnait à ses militants de se retirer, Ramon Vila resta dans les bois de l’arrière-pays catalan, où il reprit la lutte en agissant pour soi-même.

Le film de Lluís Galter retrace les années de lutte acharnée et solitaire de l’anarchiste Capdevila. Caracremada est ainsi une réflexion sur la résistance libertaire au régime franquiste, à travers les yeux de celui qui en fut le dernier guerrillero actif.