Mai 28, 2019
Par Rebellyon
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Venez assister, ce dimanche 2 juin à 18h à une projection-débat, précédée d’une intervention sur la représentation des animaux au cinéma. Le spécisme, ou la considération de l’Homme comme espèce supérieure et la dénégation des droits et des besoins des autres espèces est un phénomène culturel. Le Cinéma et la culture audiovisuelle entres autres, ont perpétré cette idée de nombreuses manières.

Les personnages animaux sont souvent représentés d’une façon qui s’éloigne beaucoup de la réalité et des rapports que nous entretenons avec eux. Les représentations réductrices dont ils ont souffert ont des conséquences directes dans les mentalités, et donc des conséquences indirectes sur les (mauvais) traitements qu’ils subissent.

On peut citer quelques exemples en guise d’introduction : les animaux sont souvent « anthropomorphisés », c’est à dire dotés de facultés humaines qu’ils ne possèdent pas, comme la parole par exemple. On a pu comprendre, par mégarde, que la parole aurait été le seul moyen de communiquer avec eux, et que cela restera un espoir vain. Il s’agit d’une réduction malheureuse des moyens de communications que les êtres vivants utilisent entre eux, et même entre les humain.e.s, où le langage corporel entre souvent en jeu, par exemple.

Cette familiarité factice a aussi eu pour conséquence « l’effet Bambi » : c’est à dire la minimisation de la mort d’un animal « esthétiquement moins agréable à la vue » /« mignon » par rapport à un autre plus agréable.

Dans un certain nombre de films, les animaux servent également de supports scénaristiques pour expliciter les souffrances des personnages humains. À ce titre on peux citer Au hasard Balthazar (1966) de Robert Bresson, qui raconte la vie d’un âne, dont la santé se dégrade au fil des malheurs qui arrivent aux humain.e.s. Plus récemment, Pablo Larrain, dans Le club, qui a reçu le Grand prix du jury à Cannes, met en scène la mort d’un chien pour évoquer les méfaits insoutenables et indicibles des protagonistes. Que déduire de ce procédé de mise en scène ?

Pour déconstruire nos rapports avec les animaux, il est nécessaire d’explorer les représentations que nous avons créés d’eux et de nos relations avec eux. Cette idée part de la conviction que les représentations esthétiques sont politiques et que les changer contribuera à instaurer un plus grand respect entre tout les êtres. Que serait-alors un cinéma anti-spéciste ? Comment représenter justement des individus, sans avoir la possibilité de leur donner la caméra ? Une tentative de réponse à ces questions se trouve peut-être dans le film que nous visionnerons.

  • Projection Prix libre
  • La projection sera accompagnée d’une table de presse tenue par la Cantine de Libération Animale Solidaire [1]



Source: Rebellyon.info