Le 5 juillet 1830, le royaume de France avec à sa tête Charles X pose le pied sur le sol de la régence d’Alger, État d’Afrique du Nord dépendant de l’Empire ottoman. Prétextant un « outrage diplomatique » à travers le fameux « coup d’éventail », l’armée française dépose le dey (« sultan », « gouverneur ») d’Alger, Hussein, saisit son trésor et débute son entreprise de conquête qui dure jusqu’en 1902. Les généraux Thomas Robert Bugeaud, Bertrand Clauzel, Charles-Marie Denys de Damrémont et Sylvain Charles Valée font alors face à la « résistance » de l’émir Abd-el-Kader, d’Ahmed Bey, de Lalla Fatma Nsoumer et de Cheikh Mohammed El-Hadj El Mokrani dont ils finissent par venir à bout. Dès 1844, les militaires créent une structure qu’ils nomment « Bureaux arabes » afin d’administrer ce territoire appelé « Algérie » à partir de 1839.

Dans le même temps, la France cherche à consolider sa présence dans d’autres parties de son empire, qu’il s’agisse de l’Afrique-Occidentale française (AOF), l’Afrique-Équatoriale française (AEF), l’Indochine et les Antilles. Elle développe pour cela un discours centré autour du « droit des races supérieures vis-à-vis des races inférieures » et de leur « devoir de civilisation » affirmé par Jules Ferry en 1885. Elle met également en œuvre pour cela un arsenal composé de lois définissant le « régime de l’indigénat » qui permet notamment d’appliquer le séquestre (c’est-à-dire la confiscation de terres), l’internement administratif, les amendes collectives, le travail forcé et la conscription dans les unités de « tirailleurs ». Que penser aujourd’hui de la « doctrine française » en matière de colonisation et d’expansion militaire ? Comment réagir face à ce qui est appelé aujourd’hui « coopération » entre l’administration française et certains États indépendants ? Comment enfin analyser la propagande et l’imagerie qui tend à « indigéniser » voire à « folkloriser » les immigrés issus du désormais ancien empire colonial français ?

Le film Les Trois couleurs d’un empire réalisé en 2001 par Jean-Claude Guidicelli nous aide à répondre à toutes ces questions. Il met en avant les mélanges façonnés par les idéologies coloniales, nationalistes et républicaines. Il nous montre également le lyrisme des gouvernements successifs par rapport à des événements comme l’Exposition coloniale internationale de Paris en 1931, les « salons de la France d’Outre-Mer » et bien évidemment l’envoi de troupes pour « maintenir l’ordre » et « pacifier » dans les territoires coloniaux comme l’Indochine, l’Algérie et le Cameroun.

Entrée libre


Article publié le 14 Nov 2019 sur Paris-luttes.info