Katanga (RD Congo, ex-Zaïre), Angola, Yémen, Bénin, Iran, Nigéria, Gabon, Comores et même Rwanda durant le génocide des Tutsis : voici une liste de pays dans lesquels « l’affreux » Robert Denard, dit Bob Denard, a officié en tant que mercenaire au service de l’armée française, plus particulièrement de son service de renseignement, la DGSE. Quartier-maître dans les fusiliers marins pendant la guerre d’Indochine, Bob Denard s’emploie à satisfaire les intérêts de la République française par tous les moyens et surtout les plus crapuleux.

Son œuvre la plus « réussie » est sans aucun doute celle qu’il a entreprise durant ses « années comoriennes » : trois coups d’État, la « protection rapprochée » du président comorien Ahmed Abdallah pendant onze ans et le commerce d’armes avec l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Le « corsaire de la République » comme il se surnomme lui-même fut durant une grande partie de sa vie un serviteur zélé de la France et de l’OTAN durant la « guerre froide ». Sa proximité avec les réseaux de Jacques Foccart, le « parrain de la Françafrique » lui fut d’une aide très précieuse durant toute sa « carrière ». Bob Denard, profession mercenaire, film réalisé par Thomas Risch en 2005, nous éclaire sur une République française fabricante de « barbouzes », agressive envers les populations de ses anciennes colonies africaines et anticommuniste jusqu’au bout des ongles. L’actuelle « politique africaine » de la France faite d’interventions militaires, de contrôle monétaire grâce au franc CFA, d’accords de « partenariat » économique douteux et de ventes d’armes aux gouvernements locaux s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de Bob Denard et de ses lieutenants.

Entrée libre


Article publié le 08 Oct 2019 sur Paris-luttes.info