A l’appel de Sud Santé Sociaux 35 et de l’Union Syndicale Solidaires 35, plusieurs dizaines de personnes se
sont rassemblées devant la Cour d’appel de Rennes, ce mardi 2 juillet après midi. Elles sont venus manifester
leur soutien à trois des militants injustement condamnés au Printemps 2016, pour des faits prétendument
commis lors des manifestations rennaises contre la Loi Travail, et dont les affaires passaient en appel ce jour.
Condamnés sur la bases des seules déclarations des policiers, en ignorant des preuves à décharge, ils avaient
fait appel de leur condamnation à des peines de prison avec sursis, et même ferme pour l’un d’entre eux qui
avait refusé les TIG.

Une banderole a été déployée, demandant la relaxe et dénonçant la répression judiciaire des mouvements
sociaux. Des représentants de notre syndicat, mais également de la CGT et de FO, et de collectifs, ont pu
s’exprimer et dénoncer la politisation des poursuites en justice. Quartiers populaires, militants, citoyens gilets
jaunes, ce sont tous les secteurs de la société qui sont désormais soumis à cette contention sociale, qui vise à
punir certain.e.s, dissuader d’autres, de contester l’ordre libéral.

L’audience elle-même s’est déroulée dans un climat sensiblement plus propice à l’objectivité que la première
instance, traversée par une hystérie sécuritaire. Durant 2 heures, les juges ont notamment eu l’occasion
d’examiner longuement et pour la première fois des faits totalement ignorés par la justice : une vidéo amateur
de la charge policière rue Jean Jaurès qui contredit un témoignage de policier, vidéo que l’avocate générale
déclare … « voir pour la première fois » tout en maintenant sa demande de condamnation, et le fait que les 3
manifestants portaient des objets encombrants (drapeaux, banderole, Djembe) peu compatibles avec le fait de
lancer des projectiles.

Pour l’un des manifestants, condamné également pour refus de prélèvement biologique, son avocat a aussi
plaidé la relaxe : le gouvernement français vient lui-même de reconnaître que ce type de prélèvements pour ce
genre d’affaires n’est pas compatible avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Nous ne préjugeons pas du résultat de cette nouvelle analyse des faits, mais à l’issue de l’audience, nous
sommes d’autant plus sereins et déterminés en attendant le prononcé de ce qui, pour nous, ne peut être qu’une
relaxe pour les trois.

Le jugement a été mis en délibéré pour le 1er octobre

Syndicat SUD Santé Sociaux Ille-et-Vilaine


Article publié le 05 Juil 2019 sur Rennes-info.org