Janvier 9, 2023
Par Paris Luttes
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Le 15 octobre 2021, suite à un blocage de chantier à Saclay, deux activistes avaient été menés en garde à vue puis cités à comparaître. Le procès, une première fois reporté en avril 2022, aura lieu au tribunal judiciaire d’Evry (9 rue des Mazières) le 13 janvier 2023 à 9h. Motif : « entrave à la liberté de travailler ».

L’acte reproché ? Avoir déployé une banderole « SOS STOP L18 » sur une grue dans un chantier à proximité du campus de l’ENS Paris-Saclay afin d’alerter ses occupants contre l’urbanisation du plateau de Saclay. Les activistes sont descendus de la grue de leur plein gré. Aucune dégradation n’a été commise sur site (lire l’interview d’un des militants).

Parmi les derniers territoires agricoles d’Île-de-France, le plateau de Saclay a déjà perdu 400 hectares de terres sous le béton ces dernières années et la construction de la ligne 18 du Grand Paris Express accélérerait le phénomène. Au total et à moyen terme, 2300 hectares de terres nourricières sont menacées, faisant fi de leur excellent rendement (récemment rappelé par les agriculteurs locaux).

Dans toute l’Île-de-France, les projets de la Société du Grand Paris, avec ses lignes de métro au milieu des champs (lignes 17 nord et 18 ouest), sont conçus comme des vecteurs d’urbanisation au service d’une spéculation foncière et immobilière effrénées. Un collectif de personnalités a récemment appelé à classer ces terres agricoles, parmi les plus fertiles d’Europe, au patrimoine mondial de l’Unesco. Une grande marche, Terminus Saclay, avait suivie en octobre dernier.

À l’heure de l’augmentation des tarifs du Pass Navigo et face aux dégradations du service dans les transports du quotidien pour les franciliens, il est important de rappeler le coût monstrueux (5 milliards d’euros) de la ligne 18 du Grand Paris Express, projet de métro tout automatique et grande vitesse qui ne répond pas aux besoins réels des usagers. Des milliards d’euros qui pourraient être bien mieux investis dans la rénovation des transports existants ou dans des structures plus légères et moins néfastes pour les terres agricoles et la biodiversité.

À Évry, le 8 avril 2022, une pièce de théâtre (voir la captation sur Youtube) a été jouée en soutien aux militants dont le procès venait d’être reporté, suivie d’interventions autour de la nocivité du projet de la ligne 18.

Le blocage du chantier a duré deux heures, les terres artificialisées seront perdues à jamais. Cependant c’est eux que l’on va juger.

Le procès n’a pas eu lieu le 8 avril 2022 et a été reporté au 13 janvier 2023. Le manque d’information de la « victime », c’est-à-dire la société en charge des travaux, avait été invoquée alors que la convocation des militants étaient connues depuis l’automne dernier. Le Collectif contre la ligne 18 s’insurgeait alors contre des procédures montrant le mépris pour ces militants qui, après avoir subi une garde à vue en automne 2021, ont du rester dans l’attente d’un jugement encore dix mois supplémentaire. Plus généralement, le Collectif contre la ligne 18 dénonce la criminalisation des activistes qui se généralise.

https://nonalaligne18.fr/proces-des-militants-de-saclay-le-13-janvier2023/




Source: Paris-luttes.info