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Début juin 2021 se tenait le procès de sept militant·es antinucléaires de Bure. Avec une justice qui peine à masquer son parti pris en faveur de l’industrie nucléaire, et face à un État sur les nerfs, on se serre les coudes et on prépare déjà la suite !

Les 1er, 2 et 3 juin dernier, sept militant·es antinucléaires, opposés au projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs, étaient renvoyés devant le tribunal de Bar-le-Duc pour «  association de malfaiteurs  » et accusés d’avoir organisé, le 15 août 2017 [1], «  une manifestation illicite  », commis des «  violences volontaires  » au cours de ce rassemblement et de détenir des «  substances ou produits incendiaires  ».

Pendant quatre années, l’instruction s’est acharnée à déployer des méthodes d’enquête réservées à l’antiterrorisme : surveillance systématique, perquisitions sur un territoire militarisé, écoutes téléphoniques, interdictions de territoire ou de prises de contact, etc. Le dossier juridique reste pourtant creux en regard des moyens alloués  : carte blanche pour le juge d’instruction Kevin Le Fur et un coût exorbitant estimé à un million d’euros  [2]. Mais à travers ce procès l’État vise surtout à criminaliser le mouvement social, comme ce fut le cas lors de l’affaire Tarnac, et plus récemment celui des militant·es écologistes lors de la COP 21 ou encore du mouvement des Gilets jaunes. À l’issue du procès, le procureur a finalement requis douze mois fermes contre l’un des prévenus, dix à dix-huit mois de sursis pour les six autres. Délibéré au 21 septembre.

Douze mois fermes contre un des prévenus

La filière nucléaire nous mène droit au mur. Elle doit faire face à de nombreuses problématiques (ne faisant l’objet d’aucune discussion démocratique) parmi lesquelles l’extraction néocoloniale dans les mines d’uranium et la militarisation de fait de ces territoires exploités mais aussi le prolongement de l’exploitation des centrales au-delà des temps initiaux ou encore les annonces de renouvellement du parc nucléaire par le gouvernement Macron [3]. Sans oublier les accidents majeurs de Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011.

C’est une filière acculée après la faillite d’Areva, le scandale Uramin et les déboires d’EDF sur ses chantiers de construction, en Angleterre à Hinkley Point  [4] ou récemment à Taishan au sud de la Chine [5]. Dernièrement elle tente de trouver dans l’argument climatique le nouveau moyen d’assurer sa pérennité et son emprise, et bénéficie pour cela de gros appuis médiatiques comme celui de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici  [6]. On ne finira pas de marteler que l’arrêt du nucléaire est un préalable à la question subsidiaire de la gestion de ses déchets.

Que ce soit la dynamique des soutiens à l’extérieur du procès ou la teneur des déclarations des prévenus  [7], tout porte à croire que la pugnacité des opposant·es est toujours présente, et qu’elle va poursuivre son travail de construction d’un mouvement populaire contre l’industrie nucléaire mortifère. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’être présent·es à la troisième édition du festival des Bure’lesques, au campement antinucléaire Les Rayonnantes  [8] en août ou à la manifestation «  vent de Bure  » à Metz en septembre  !

Betacarotene (UCL Nancy)

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Source: Unioncommunistelibertaire.org