DĂ©cembre 24, 2020
Par Zones Subversives
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En France, les gouvernements de gauche et de droite cĂšdent Ă  la mode des privatisations. Ces politiques rĂ©vĂšlent un culte de la marchandisation des biens publics. 

La propagation de la covid-19 a montrĂ© la dĂ©gradation du service public hospitalier, avec un manque de lits et d’Ă©quipements. L’Etat impose une logique de rentabilitĂ© et une austĂ©ritĂ© budgĂ©taire. L’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir se traduit par des nationalisations. En revanche, un processus de privatisations s’observe depuis 1986. DĂšs 1997, le gouvernement de gauche se lance Ă©galement dans la vente d’entreprises publiques.

Une logique de marchandisation s’accĂ©lĂšre et s’insinue dans toutes les sphĂšres de la vie publique. Les privatisations posent Ă©galement la question de la propriĂ©tĂ© privĂ©e et du bien commun. Le journaliste Laurent Mauduit mĂšne des enquĂȘtes sur le monde Ă©conomique. Il dĂ©crit la marchandisation de nombreux secteurs dans son livre PrĂ©dations. Histoire des privatisations des biens publics.

 

                     PrĂ©dations : histoire des privatisations des biens publics

 

Offensive du capital

 

Les privatisations demeurent un des piliers des politiques nĂ©olibĂ©rales, avec des consĂ©quences sociales dĂ©sastreuses. Les gouvernements de droite et de gauche n’osent pas assumer ouvertement cette politique. « DerriĂšre l’artifice, cet aveu : de tous les rouages du capitalisme contemporain, sans doute celui des privatisations est-il le plus pernicieux, celui qui a le plus grandement dĂ©stabilisĂ© les Ă©conomies, engendrant des inĂ©galitĂ©s nouvelles spectaculaires Â», estime Laurent Mauduit. Le nĂ©olibĂ©ralisme Ă©merge au Chili. Pinochet, dictateur sanguinaire, s’entoure des « Chicago Boys Â». Milton Friedman, pape du nĂ©olibĂ©ralisme, conseille la junte au pouvoir. Coupes budgĂ©taires, baisse des salaires et hausse des licenciements collectifs, dĂ©mantĂšlement du systĂšme de retraites s’accompagnent d’un plan massif de privatisations. La grande bourgeoisie chilienne retrouve ses propriĂ©tĂ©s. Ensuite, d’importants secteurs de l’économie sont livrĂ©s Ă  des puissances financiĂšres, souvent amĂ©ricaines ou espagnoles.

La Grande-Bretagne de Margaret Thatcher entreprend Ă©galement de nombreuses privatisations. L’exemple des trains est souvent citĂ© comme un modĂšle de dĂ©sastre, avec des centaines de morts et des millions de rĂ©clamations. Retards Ă  rĂ©pĂ©tition, annulations de train et personnels en sous-effectifs sont des consĂ©quences visibles. Surtout, les compagnies ferroviaires refusent d’investir pour la sĂ©curitĂ© et le renouvellement du matĂ©riel. Des privatisations sont menĂ©es en Russie et en Afrique dans les annĂ©es 1990. L’exemple le plus rĂ©cent reste la GrĂšce qui privatise uniquement pour rembourser sa dette. En France, le bilan des privatisations menĂ©es par les gouvernements de droite et de gauche semble dĂ©sastreux. La logique financiĂšre prime sur l’investissement et l’emploi. Le capitalisme nĂ©olibĂ©ral favorise l’intĂ©rim et la prĂ©caritĂ©.

 

Dans ses Commentaires sur la sociĂ©tĂ© du spectacle, Guy Debord montre les liens entre le capitalisme et la mafia. « On se trompe Ă  chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia Ă  l’Etat : ils ne sont jamais en rivalitĂ©. La thĂ©orie vĂ©rifie avec facilitĂ© ce que toutes les rumeurs de la vie pratique avaient trop facilement montrĂ©. La Mafia n’est pas Ă©trangĂšre dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle Â», analyse Guy Debord. Une mafia du bas reste liĂ©e Ă  la misĂšre et Ă  la criminalitĂ©. Mais il existe aussi une mafia du haut dans la grande bourgeoisie.

Les paradis fiscaux abritent d’ailleurs l’argent de cette classe. La dĂ©rĂ©glementation des jeux d’argent et la privatisation de la Française des jeux permettent Ă  des milliardaires et autres patrons de casinos de rafler la mise. L’Ă©mission « Direct Poker Â», sur une chaĂźne de BollorĂ©, est prĂ©sentĂ©e par le fils de Patrick Balkany, un politicien vĂ©reux condamnĂ© pour fraude fiscale. On pourrait croire Ă  une blague. Par ailleurs, les jeux en ligne permettent le blanchiment de l’argent du crime organisĂ©.

 

         

 

Braderies en séries

 

Les privatisations favorisent l’affairisme, avec ses tractations occultes et ses conflits d’intĂ©rĂȘts. David AzĂ©ma, haut-fonctionnaire qui gĂšre la privatisation d’EDF-GDF en 2014, permet Ă  une banque de gagner 50 millions d’euros. Peu de temps aprĂšs, David AzĂ©ma quitte la fonction publique pour rejoindre cette banque d’affaires. L’Etat, censĂ© dĂ©fendre l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, ne fait que dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de la bourgeoisie qui le dirige. Ensuite, les banques d’affaires n’hĂ©sitent pas Ă  dĂ©baucher des haut-fonctionnaires de Bercy pour ĂȘtre en position avantageuse au moment des privatisations. ConsanguinitĂ© et conflits d’intĂ©rĂȘt restent au cƓur du capitalisme français.

Par ailleurs, des entreprises publiques sont bradĂ©es alors qu’elles rĂ©alisent d’importants profits. La vente des autoroutes reste un exemple Ă©clatant. Ce dĂ©tournement de fond public bĂ©nĂ©ficie du consentement de l’Etat. Emmanuel Macron, alors Ministre de l’économie, entame la privatisation de l’aĂ©roport de Toulouse-Blagnac. Pourtant, il affirme que l’Etat et les collectivitĂ©s locales doivent rester majoritaires Ă  50,01% dans le capital. Il nie la privatisation. Mais l’aĂ©roport est bien vendu Ă  des investisseurs douteux et Ă  des capitaux chinois. MalgrĂ© cet Ă©chec, le prĂ©sident Emmanuel Macron veut brader ADP qui gĂšre les aĂ©roports de Paris.

Les privatisations brisent la vitrine du modĂšle social français. L’exemple de France TĂ©lĂ©com apparaĂźt comme le plus connu. AprĂšs l’ouverture Ă  la concurrence, l’entreprise est privatisĂ©e pour devenir Orange. La firme rivalise avec les pires groupes privĂ©s. Ses dirigeants reçoivent des salaires mirobolants. En revanche, les autres salariĂ©s subissent des licenciements et une pression managĂ©riale qui pousse jusqu’au suicide. La privatisation d’EDF dĂ©bouche Ă©galement vers une vague de licenciements. La rĂ©glementation des tarifs est mĂȘme menacĂ©e. Ce qui peut engendrer une augmentation des factures d’électricitĂ©.

 

Des processus de privatisation sont dĂ©jĂ  bien engagĂ©s dans des entreprises publiques. La Poste ne cesse de fermer des bureaux et de dĂ©velopper ses activitĂ©s bancaires. L’entreprise n’est plus soumise Ă  ses obligations de service public. La Poste se lance dans des activitĂ©s plus lucratives, comme la distribution de colis pour concurrencer Amazon. La SNCF subit le mĂȘme processus. Les petites lignes ferroviaires sont fermĂ©es et les billets Ă  tarif social social sont supprimĂ©s. En revanche, les gares se transforment en galeries commerciales. MĂȘme la SĂ©curitĂ© sociale semble menacĂ©e. Des compagnies comme Axa lorgnent sur la manne de l’assurance maladie. Le systĂšme de retraite fondĂ© sur la solidaritĂ© inter-gĂ©nĂ©rationnelle n’est qu’un lointain souvenir. Les systĂšmes d’épargne individuelle se multiplient dĂ©jĂ .

L’enseignement supĂ©rieur et la tĂ©lĂ©vision subissent Ă©galement un processus de marchandisation. Les Ă©coles de commerce et autres Ă©tablissements privĂ©s se multiplient, malgrĂ© des frais d’inscription Ă©levĂ©s. TFI incarne la tĂ©lĂ©vision privatisĂ©e toujours en quĂȘte d’audimat. « La tĂ©lĂ©vision ou l’enseignement supĂ©rieur ne sont que deux des illustrations les plus visibles de cette marchandisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui peut aller jusqu’à des privatisations, mais qui prend plus gĂ©nĂ©ralement la forme d’une intrusion de l’argent et des logiques de profit et de rentabilitĂ© dans les sphĂšres de la vie publique Â», observe Laurent Mauduit.

 

            

Perspectives politiques

 

Face Ă  ce processus de marchandisation, il semble important d’inventer de nouvelles perspectives politiques. La gauche impose des nationalisations et insiste sur le rĂŽle de l’Etat dans l’économie. Mais le bilan de ces expĂ©riences se rĂ©vĂšle dĂ©sastreux. L’Etat rachĂšte des entreprises en difficultĂ© financiĂšre avant de les revendre lorsqu’elles rĂ©alisent des bĂ©nĂ©fices. La socialisation des pertes et la privatisation des profits s’observent notamment avec la nationalisation de la SNCF en 1937. C’est Ă  partir de 1945 que s’engage une grande vague de nationalisations. Le Parti communiste et la droite s’accordent sur le programme du CNR, avec son patriotisme franchouillard. Le Parti communiste s’oppose aux grĂšves ouvriĂšres de 1946 pour mieux dĂ©fendre la production française et la reconstruction nationale. Durant la pĂ©riode des Trente glorieuses s’impose un compromis social avec une fraction de la vie Ă©conomique qui Ă©chappe Ă  la logique de profit.

En 1981, François Mitterrand et le Parti socialiste imposent des nationalisations. Pourtant, en 1983, le tournant de la rigueur impose une logique libĂ©rale et comptable dans les entreprises publiques. Les groupes nationalisĂ©s sont ensuite progressivement revendus au privĂ©. « La vieille opposition entre l’Etat et le marchĂ© est largement factice, puisque l’Etat peut se soumettre Ă  ses diktats au lieu d’en ĂȘtre le rempart Â», souligne Laurent Mauduit. Les services publics adoptent les mĂ©thodes managĂ©riales des groupes privĂ©s. En France, une culture jacobine et rĂ©publicaine insiste sur la socialisation par en haut, Ă  travers le contrĂŽle de l’Etat. Mais il existe d’autres exemples historiques, comme les expropriations de terres et d’usines pendant la rĂ©volution espagnole de 1936. Il existe une autre tradition, avec le communisme de conseils qui insiste sur l’auto-organisation et la rĂ©organisation de l’économie depuis la base. En France, la Commune de 1871 s’inscrit dans cette filiation de l’autonomie ouvriĂšre.

 

L’appropriation collective des moyens de production n’est plus un horizon mis en avant. L’URSS a traduit ce projet politique par une Ă©tatisation de l’économie et par la dictature stalinienne. Une classe bureaucratique a remplacĂ© la bourgeoisie comme classe dirigeante pour imposer une tyrannie sanglante. La social-dĂ©mocratie et le possibilisme avec les nationalisations et l’économie mixte a Ă©galement Ă©chouĂ©. Les luttes pour les services publics se recroquevillent dans une posture frileusement dĂ©fensive. La question de la propriĂ©tĂ© n’est plus posĂ©e. « En voulant faire l’économie d’un nouveau dĂ©bat sur la propriĂ©tĂ© (propriĂ©tĂ© privĂ©e comme propriĂ©tĂ© d’Etat), la gauche dans toutes ses sensibilitĂ©s a entretenu l’illusion que le systĂšme Ă©conomique pouvait ĂȘtre amĂ©nagĂ© ou amendĂ© Â», analyse Laurent Mauduit. Pourtant, le capitalisme nĂ©olibĂ©ral ne tolĂšre plus aucun compromis ni la moindre rĂ©forme sociale. La catastrophe Ă©cologique et climatique impose Ă©galement une rupture rapide avec le capitalisme.

Le rĂ©formisme Ă  l’ancienne, incarnĂ© par l’économiste Thomas Piketty, dĂ©fend une redistribution des richesses par la fiscalitĂ©. Mais ce vieux programme, historiquement portĂ© par les partis sociaux-dĂ©mocrates, ne prend pas en compte les Ă©volutions du capitalisme nĂ©olibĂ©ral avec les mutations du monde du travail et la financiarisation de l’économie. Le modĂšle des coopĂ©ratives n’est pas parvenu Ă  bĂątir des espaces qui Ă©chappent Ă  la logique marchande. L’exemple des coopĂ©ratives agricoles montre comment le capitalisme a rongĂ© progressivement cette expĂ©rience. Les banques mutualistes et coopĂ©ratives dĂ©voilent toute l’hypocrisie de ces labels.

Le mouvement des communs, incarnĂ© par Pierre Dardot et Christian Laval, souligne les limites de l’Etat comme rempart au marchĂ©. La logique nĂ©olibĂ©rale s’impose Ă©galement dans les institutions et entreprises publiques. Le mouvement des communs s’attache Ă©galement Ă  une dynamique dĂ©mocratique qui refuse d’attendre les changements de l’Etat. Des formes collaboratives de partage doivent remplacer les systĂšmes verticaux d’autoritĂ© qui existent dans les entreprises publiques et privĂ©es. Les services publics ne doivent plus ĂȘtre administrĂ©s par l’Etat central mais par leurs usagers.

 

Manifestation de soignants à Paris devant l'hÎpital Robert Debré

Abolir la société marchande

 

Le livre de Laurent Mauduit permet de se replonger dans les dossiers des multiples privatisations en France. Il s’appuie sur ses nombreuses enquĂȘtes dans le secteur Ă©conomique, avec celles de Martine Orange. Il permet de faire dĂ©couvrir les coulisses des tractations entre commis de l’Etat et capitalistes. Il insiste, dans le sillage de son prĂ©cĂ©dent livre, sur les conflits d’intĂ©rĂȘt qui grouillent dans le capitalisme français. Le journaliste revient Ă©galement sur les consĂ©quences de ces privatisations. Ces opĂ©rations s’apparentent Ă  d’importants dĂ©tournements d’argent public, avec des entreprises bradĂ©es. Surtout, Laurent Mauduit s’attache Ă  proposer une rĂ©flexion sur les privatisations et la marchandisation de l’économie. Il ouvre mĂȘme de nouvelles perspectives.

NĂ©anmoins, son livre reste engluĂ© dans la langue de la vieille gauche. La dĂ©fense des services publics apparaĂźt d’ailleurs comme le principal cheval de bataille d’une extrĂȘme gauche Ă©dentĂ©e. C’est Ă©videmment Attac, la CGT, des syndicats corporatistes de fonctionnaires et autres sectes gauchistes qui ont consolidĂ© le discours autour de la dĂ©fense des services publics. L’opposition au nĂ©olibĂ©ralisme ne peut s’empĂȘcher de dĂ©boucher vers l’idĂ©alisation du bon vieux capitalisme Ă  l’ancienne, associĂ© Ă  un « modĂšle rhĂ©nan Â» pour faire plus sophistiquĂ©. Face au grand mĂ©chant marchĂ©, c’est l’Etat qui doit nous sauver. Ce discours frelatĂ© s’accompagne d’un nationalisme de gauche.

Laurent Mauduit se laisse souvent emportĂ© par ce discours autour de la dĂ©fense des « bijoux de famille Â». NĂ©anmoins, il tient Ă  se dĂ©marquer d’un souverainisme qui revient Ă  la mode. Dans sa description, il montre bien que les privatisations sont opĂ©rĂ©es par l’Etat, y compris par les gouvernements de gauche. C’est la classe dirigeante française qui offre ses cadeaux Ă  ses amis capitaliste. Cette description permet de sortir des inventions complotistes et autres fantasmes sur le diktat europĂ©en. Les privatisations restent Ă  l’initiative des gouvernements et non de directives de la Commission europĂ©enne ou de Bilderberg.

Laurent Mauduit remet en cause l’autre fantasme de la gauche nationaliste qui insiste sur le rempart de l’Etat face au marchĂ©. Les pratiques de pantouflages, avec le passage du public ou privĂ© et inversement, montrent la collusion entre hauts-fonctionnaires et capitalistes. Ils sont passĂ©s par les mĂȘmes Ă©coles, l’ENA notamment, frĂ©quentent les mĂȘmes lieux et rĂ©seaux de sociabilitĂ©s. C’est donc une classe sociale homogĂšne qui partage des intĂ©rĂȘts communs. La haute bourgeoisie ne se prĂ©occupe pas de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Les services publics sont alors mis au service d’un certain public.

 

Laurent Mauduit adopte l’optique du journalisme Ă©conomique. Il se penche surtout sur les ventes d’entreprises publiques. Mais il n’aborde pas de maniĂšre approfondie les rĂ©percussions des logiques nĂ©olibĂ©rales sur les travailleurs des entreprises publiques. Il semble important de souligner l’impact des mĂ©thodes managĂ©riales qui imposent des logiques de rentabilitĂ© et de performance. La situation des hĂŽpitaux montre l’ampleur de ce phĂ©nomĂšne. Le statut de fonctionnaire, avec la protection de l’emploi, s’efface derriĂšre les contrats courts et la prĂ©caritĂ©. Ensuite, l’individualisation des tĂąches vise Ă  briser les collectifs de travail. Ce qui limite les capacitĂ©s de lutte et d’organisation des travailleurs.

La gauche dĂ©fend la SNCF comme service public mais n’exprime aucune solidaritĂ© de classe avec les grĂšves des cheminots. Cette apologie du service public favorise un cloisonnement corporatiste plutĂŽt que de tisser d’indispensables solidaritĂ©s interprofessionnelles. Les luttes autour des services publics se prĂ©sentent Ă©galement comme des combats sĂ©parĂ©s. En 2009, le rĂ©fĂ©rendum citoyen sur La Poste montre la limite de cette approche. Ce sont les grĂšves et leurs gĂ©nĂ©ralisations qui peuvent permettre de riposter face aux attaques du nĂ©olibĂ©ralisme. La dĂ©fense du service public permet de comprendre la logique de marchandisation. Mais ce n’est pas cette lorgnette qui suffit Ă  remettre en cause l’ordre capitaliste.

Pourtant, Laurent Mauduit semble conscient de cette limite. Il lance donc la proposition des communs. C’est un modĂšle stratĂ©gique qui permet de ne pas se limiter Ă  une transformation sociale depuis les sommets de l’Etat. MalgrĂ© la critique des coopĂ©ratives, il semble difficile de voir en quoi les communs se dĂ©marquent de la logique alternativiste voire d’une autogestion du capital. Pour dĂ©truire la sociĂ©tĂ© marchande, il faut Ă©galement abolir l’argent, la valeur, le travail et toutes les logiques du capital. C’est donc un processus de rupture qui doit s’amorcer Ă  partir de la gĂ©nĂ©ralisation des grĂšves et des luttes sociales.

 

Source : Laurent Mauduit, PrĂ©dations. Histoire des privatisations des biens publics, La DĂ©couverte, 2020

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Pour aller plus loin :

VidĂ©o : Laurent Mauduit : « L’État n’est pas plus vertueux que le marchĂ© », publiĂ© sur le site de la revue Regards le 7 octobre 2020

VidĂ©o : Laurent Mauduit – La privatisation des biens publics : un “racket organisĂ©” ?, Ă©mission diffusĂ©e sur Sud Radio le 28 septembre 2020

VidĂ©o : Et si on privatisait tout ? Ou plus rien ?, Ă©mission Interdit d’interdire diffusĂ©e le 30 septembre 2020

VidĂ©o : L’InvitĂ© – Laurent Mauduit : « Comment les privatisations ont modifiĂ© le capitalisme français », mis en ligne sur le site du journal Le TĂ©lĂ©gramme le 10 septembre 2020

VidĂ©o : Pour le journaliste Laurent Mauduit, « on a privĂ© les citoyens du contrĂŽle de leurs biens », diffusĂ© sur France Info le 17 septembre 2020

Radio : Le journal de 12h30, émission diffusée sur Europe 1 le 3 septembre 2020

Jean Bastien, Quand privatisations rime avec prédations, publié sur le site Non fiction le 15 septembre 2020

Les ravages de trente-cinq années de privatisations, publié sur le site de Salaire à Vie le 8 septembre 2020

Isabelle Avran, Avec « Prédations », Laurent Mauduit livre un plaidoyer pour les « biens communs », publié sur le site de la revue Nouvelle Vie OuvriÚre le 11 septembre 2020

Emmanuel Lemieux, Laurent Mauduit, prédateur de prédateurs, publié sur le site Les Influences le Le 26 septembre 2020

Blog Contre les privatisations, en dĂ©fense des biens communs ! publiĂ© sur Mediapart




Source: Zones-subversives.com