Janvier 20, 2022
Par Attaque
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Contra Info / mardi 18 janvier 2022

Nous sommes responsables. Sur notre participation aux faits dont on nous accuse, notre prise de responsabilité politique

« Je nie le droit de me juger Ă  tous ceux qui ne comprennent pas la voix de mes dĂ©sirs, le hurlement de ma nĂ©cessitĂ©, les envolĂ©es de mon esprit, la douleur de mon Ăąme, la palpitation de mes idĂ©es et l’angoisse de ma pensĂ©e.
Mais tout ça, je suis le seul Ă  le comprendre. Vous voulez me juger ? D’accord ! Mais vous ne jugerez jamais mon vĂ©ritable moi. PlutĂŽt ce « moi Â» que vous avez vous-mĂȘme inventĂ©. Mais pendant que vous penserez de m’avoir entre vos mains pour m’écraser, Je serai en haut, riant au loin ! Â»
Renzo Novatore*

Nous avons fait notre dĂ©position devant le bien connu procureur
 Cela n’a pas Ă©tĂ© pas facile, du moins pour nous, qui faisons face Ă  un procĂšs de ce type pour la premiĂšre fois. Nous avons reconnu ĂȘtre les auteurs de l’acte dont nous sommes accusĂ©s et nous avons exprimĂ© notre motivation politique et Ă©thique.

Nous avons vu cette action en elle-mĂȘme comme un passage des mots aux actes, une dĂ©monstration de notre critique destructive des institutions qui exercent la violence au nom de l’État.

Nous voulions « provoquer la terreur dans une partie de la population Â», plus prĂ©cisĂ©ment au sein des forces de l’ordre ; il y a plein de raisons pour cela, Ă  commencer par notre tendance politique et idĂ©ale, jusqu’à des faits concrets qui ont donnĂ© une mauvaise rĂ©putation aux Carabineros, qu’il s’agisse de massacres, d’assassinats, de scandales, d’opĂ©rations et d’autres cas, publiques ou secrets. MĂȘme ainsi, nous pensons que l’acte parle de lui-mĂȘme et que, mĂȘme sans la relative revendication, le message aurait Ă©tĂ© trĂšs clair.

Notre dĂ©marche a Ă©tĂ© celle d’une « attaque visant une personne prĂ©cise Â». L’objectif peut sembler capricieux. Nous ne le connaissons pas en personne, mais nous rĂ©affirmons notre choix, en sachant que nous sommes ennemis de toute personne qui, de son propre choix (Ă©videmment), porte un uniforme et est complice du monopole de la violence au nom d’un État, avec l’excuse de l’ordre et du bien commun.

Peut-on considĂ©rer que nous collaborons Ă  l’enquĂȘte ? Oui, bien sĂ»r, mais avec le plaisir de ne pas nier ni cacher nos principes, en rĂ©pondant aux questions plus « techniques Â». Nous avons expliquĂ© au procureur une partie de ce que nous avons fait en vue de cette action, en indiquant ĂȘtre les auteurs communs ou individuels des tĂąches que nous avons effectuĂ©es.

La seule chose que nous pourrions regretter sont certaines dĂ©cisions et procĂ©dures techniques qui, si elles avaient Ă©tĂ© prises avec plus de soin, auraient changĂ© notre situation actuelle et les consĂ©quences pour notre prĂ©sent ; ce qui ne change pas est notre façon d’affronter la taule, qui n’a jamais Ă©tĂ© celle de victimes.

La responsabilitĂ© que nous avons assumĂ©e est, Ă  notre avis, totalement et compĂ©temment politique. Nous l’avons assumĂ©e ainsi dĂšs le dĂ©but, indĂ©pendamment de la culpabilitĂ© ou de l’innocence qu’on aurait voulu nous attribuer avec la sentence.

Comme cela a Ă©tĂ© exprimĂ© Ă  l’époque par quelques compagnons dans territoire grec, dans une pĂ©riode oĂč il est beaucoup plus facile de dĂ©fendre des positions victimistes et de parler de montages policiers, en essayant de se dĂ©crire comme de pauvres persĂ©cutĂ©s, nous prenons position Ă  partir du caractĂšre consĂ©quent et de la cohĂ©rence radicale de notre pensĂ©e et de nos actions, dans l’éternelle tentative de faire de cette vie quelque chose qui ne soit pas simplement vĂ©gĂ©ter et cracher des discours agressifs qui s’épuisent dans le symbolique.

Nous n’avons jamais fait preuve d’une fiertĂ© qui nous rendrait aveugles face Ă  nos erreurs. Nous nous savons totalement et complĂštement imparfaits et toujours ouverts Ă  l’autocritique la plus dure que nous puissions nous infliger, mais ces rĂ©flexions seront un trĂ©sor que nous garderons pour nous.

Il ne nous reste plus qu’à terminer ces quelques mots en remerciant pour leur soutien inconditionnel nos amours, nos affins et nos amis, libres ou en cage, proches ou lointains, dans cette vie ou dans une autre.

Rien n’est fini


Des accolades complices Ă  nos frĂšres/sƓurs emprisonnĂ©.e.s dans les cachots, en GrĂšce et dans le monde entier. Et un salut spĂ©cial et fraternel aux anarchistes biĂ©lorusses condamnĂ©s en dĂ©cembre 2021 pour avoir luttĂ© contre la dictature dans ce territoire.

Emprisonné.e.s mais jamais vaincu.e.s !
Liberté pour les prisonnier.e.s subversif.ve.s et anarchistes !
Feu aux prisons et à la société qui en a besoin !

Ignacio et Luis Avaca

* Note d’Attaque : Renzo Novatore, Dell’Individualismo e della Ribellione, publiĂ© dans Il Proletario, n°4, 17 septembre 1922. Traduction effectuĂ©e depuis l’original italien, qu’on pourra trouver par exemple ici.




Source: Attaque.noblogs.org