Pride de Nuit Montpellier

Il y a 50 ans, les émeutes de Stonewall ont éclatées, initiées par des personnes TPBGQIAP+ [5]/TDS [6] et racisées face aux répressions policières qu’elles subissaient dans leurs communautés depuis des décennies. Ces émeutes marquèrent le début du mouvement de « libération gay » pour plus de justice pour les TPBGQIAP+ [7]/TDS [8]. Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera présentent lors de ces émeutes ont fondé par la suite STAR (Street Transvestite Action Revolutionaries), un espace de santé communautaire par les personnes concernées et pour elles.

La première « Gay Pride » a eu lieu un an après les émeutes de Stonewall. Cette marche des fiertés est organisée chaque année depuis 50 ans dans plusieurs villes du monde entier.

Cette marche des fiertés est vu comme un divertissement, et elle a perdu de son caractère originel. Nous ne les considérons plus comme légitimes et encore moins comme ayant leurs places dans nos luttes. Nous allons leur crier haut et fort notre ras-le-bol, notre colère, notre épuisement et appeler à leur démantèlement.

En revanche, la Pride de Nuit est une manifestation nocturne de personnes TPBGQIAP+ [9]/TDS [10] qui considèrent que les marches des fiertés (de jour) sont aujourd’hui dépolitisées, standardisées, institutionnalisées et mercantiles. En se proposant comme une alternative aux marches des fiertés de jour, notre Pride de Nuit ne cautionne pas les mots d’ordres de ces marches des fiertés et l’espace de paroles qu’elles offrent aux institutions.

Nous pensons qu’une Pride de Nuit permet d’envoyer un message sans concession contre la marchandisation et l’instrumentalisation de nos luttes, qui se font par exemple par du pinkwashing [11] et du Blanchiment [12]. Enfin, nous considérons que la réappropriation de cet espace passe par l’action, par notre action.

Nous continuerons de nous battre pour :

• De véritables politiques publiques de lutte contre les TPBGQIAP+ [13]/TDS [14] -phobies et toutes autres discriminations. Notre posture est puissante, intersectionnelle, inclusive et reconnaissante de tous les multiples qui enrichissent nos vies.

• L’arrêt des mutilations et des traitements sans nécessité vitale sur les personnes intersexes.

• Des moyens concrets et d’ampleur contre l’épidémie de sida quel que soit son genre. « Le latex est notre ami. »

• L’accès remboursé aux opérations et aux traitements pour les personnes trans qui les souhaitent. Nous souhaitons que toustes les personnes puissent s’autodéterminer sans passer par une grille normative.

• Pour la dissolution de la SoFECT/FPATH [15] :

Depuis sa création, la SoFECT/FPATH trie les personnes trans en désir de transition médicale, sur des critères normatifs. Nous soutenons un accès libre à des transitions dépsychiatrisées et non-pathologisantes et, plus largement, un accès non-discriminé aux soins et autres services publics pour les personnes trans.

• L’ouverture du droit à la PMA à toutes et tous, sans report dans le calendrier parlementaire à des fins hypocrites de stratégies politiques.

• La réforme de l’établissement de la filiation et son inscription sur la base de l’engagement.

• L’arrêt des politiques discriminatoires, stigmatisantes et répressives contre les personnes racisées, les migrant·e·s, les travailleu·rs·ses du sexe et les classes populaires.

• La fin des politiques de précarisation.

• Une vraie politique d’accueil et d’accompagnement des migrant·e·s, des mesures d’urgence contre les persécutions y compris celles concernant les TPBGQIAP+*/TDS et la régularisation de tout·e·s les sans-papiers.

• Le développement des alternatives à l’emprisonnement et le respect de la dignité des personnes incarcérées et de leurs droits et accès aux traitements, y compris hormonaux.

• L’aménagement des espaces privés/publics pour les personnes concernées et par elles, et non selon les normes validistes crées par des allié-e-s en cartons.


Article publié le 17 Juil 2019 sur Lepressoir-info.org