Février 28, 2021
Par CNT AIT Toulouse
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Régulièrement, on nous fait sentir sans nous le dire que nous faisons mal notre boulot, puisqu’il faut réaliser les pièces à la vitesse de la lumière, tout en fabricant de véritable œuvres d’art, dont un certains nombre finiront tout de même à la poubelle.

On peux aussi souligner l’insistance de beaucoup d’usine de sous traitant aéronautique, et d’avionneurs comme Airbus, sur la sécurité, ou est affiché les incidents et accidents dans les ateliers ou sur les trajets maison-travail, en indiquant le coût financier pour l’entreprise, avec au passage un ton bien infantilisant. La sécurité au boulot est devenu, l’un des moyens de mettre la pression aux prolétaires. Loin de moi de remettre en question l’importance de la sécurité au travail ; Mais force est de constater, ou du moins à l’endroit ou je bosse, que cela fait partie de tout un arsenal pour culpabiliser les gens, au même titre que la sur-qualité, ou le temps de réalisation d’une pièce. J’ai eu l’occasion plusieurs fois d’en discuter avec mes collègues, qui sont eux résigné et disent « on est obligé de faire avec » ou des « on peux rien y faire »…

Le problème est qu’avec l’individualisme de notre société avec ces pressions diverses et variées que les salariés subissent quotidiennement, on en à pas fini avec les dépressions nerveuse et les suicides.

En effet avec cet individualisme forcenés de cette société, les travailleurs se retrouvent souvent seul face à la pression, ce qui peut expliquer les vagues de suicide dans certaines entreprise. J’insiste sur l’individualisme de la société dans laquelle nous vivons, car au temps de la révolution industrielle, au XIXeme siècles, les travailleurs étaient loin d’être mieux lotis que nous, et quand il arrivait une catastrophe industrielle avec quelques milliers de morts et de blessés, ils repartaient au boulot presque aussitôt. Certainement pas parce qu’ils aimaient particulièrement leurs travail, mais plutôt parce qu’ils n’étaient pas seuls face à l’adversité.

La dégradation comme l’amélioration de l’exposition aux risques psychosociaux au travail comme par exemple travailler sous pression, vivre des tensions avec le public, avoir des difficultés à concilier travail et obligation familiales, ne pas avoir les moyens de faire un travail de qualité, subir l’abus de pouvoir d’un petit chef, pénibilité physique, contraintes des horaires, le travail répétitif, travailler avec la peur de perdre son boulot… S’accompagne souvent en parallèle de la santé mentale.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’un ouvrier dans la force de l’âge à environ une espérance de vie de 6/7ans de moins, que celle d’un cadre. Ce qui pourrait expliquer le lien existant entre les conditions de travail, l’état de la santé et la position d’une personne dans la hiérarchie sociale.

Et si on ajoute à tout ça les aller-retour emploi-chômage, les CDD, l’intérim, les contrats de merde divers et variés, il est inutile d’en expliquer d’avantage.

Cela fait déjà un peu plus d’un an , c’est à dire un peu avant l’épidémie du COVID, que nous avons accueilli la nouvelle direction de l’entreprise ou je travaille, le nouveau PDG et les cadres dirigeants, nous ont dit, que les choses aller changer, que l’usine est en déficit, et que blablabla… Et pour redresser la barre ils comptaient licencier du monde. Pour résumer le discours du PDG , c’est tout simplement « je dois virer un certain nombre de personnes mais celui qui est pas content je le fous dehors, syndicalistes ou pas ! » (en des termes plus diplomatique bien entendu, quoique…).

Depuis lors il règne une ambiance plus ou moins délétère au boulot, et l’arrivé de la pandémie n’a rien fait fait pour arranger les choses. Alors nous, les ouvriers de l’atelier nous avons eu droit à une avalanche de retour des pièces, de la part du service qualité, pour non-conformités ou mal-façon, des retours client… Souvent pour des trucs insignifiant, et en plus en nous sommant de nous expliquer, sous prétexte qu’Airbus, SAAB, ATR, Dassault… (ou un autre avionneur important), exige telle ou telle qualité. Nous avons droit aussi à la pression sur les temps de réalisation des pièces, avec rien qui puisse nous donner une idée, sur le temps qu’il faudrait pour réaliser tel ou tel produit. Nous sommes à la merci, des petits et des grands chef, qui eux peuvent nous mentir pour nous faire cravacher plus vite, voire nous sanctionner si ils considèrent que nous sommes trop lent. Nous sommes complètement à leurs merci !

Nos chers capitalistes-exploiteurs, à longueurs d’années à la télé et dans les journaux, disent que nous sommes des feignasses, et que nous coûtons trop cher. En tant que simple ouvrier, je suggère donc aux dirigeants de l’usine ou je bosse, de réduire un peu leurs salaires, dont celui du pdg qui à lui seul doit bien représenter entièrement la masse salariale d’un atelier d’usinage ou de montage, ça devrait déjà économiser un peu de fric.

Que faire dans de telle condition ? Avant de suggérer le contrôle direct de la production par les travailleurs eux même, avec PDG éligible et révocable à tout instant. La moindre des choses, est que les gens cessent d’avoir peur au travail, et résistent aux pressions de préférence collectivement. Ce n’est certainement pas d’aller voir un syndicat individuellement, pour attendre de ce dernier un service, que les choses avancerons, les syndicats heu… pardon les partenaires sociaux, les prud’hommes ou l’inspection du travail, ne sont là que pour temporiser notre souffrance face à l’exploitation. Ce sont des officines, qui se basent sur le code du travail, qui sont en fait les règles du jeu dictée par le patronat et la bourgeoisie. Le problème de la pression au travail est un problème de tous les prolétaires, autant ceux des bureaux que des ateliers, des chantiers ou des champs, c’est un problème que nous devons régler collectivement. Commençons modestement par la discussion entre nous au boulot.




Source: Cntaittoulouse.lautre.net