En cette période pré-électorale, on nous rabâche que la solution viendrait d’un surplus de sécurité, d’un retour à une prétendue identité nationale perdue, et encore d’un remaniement drastique de l’économie impliquant la mise au pas d’une main d’oeuvre jugée toujours trop fainéante. Chaque candidat se propose de gérer cet état de crise permanente qui définit la société dans laquelle nous vivons.

Et pour celles et ceux qui n’auraient pas le bon goût d’y croire, l’argument définitif pour appeler au vote serait de faire rempart au Front National. Autrement dit, de n’attendre de ce système politique – qui permet l’arrivée au pouvoir de cyniques plus ou moins modérés – qu’il ne soit que la garantie du moins pire. Et si malgré tout le pire arrivait, de s’en contenter, car nous y aurions participé…

Mais, outre ce spectacle désespérant que constituent les élections, c’est aussi grâce à l’organisation de débats consensuels où tout est décidé d’avance ; par l’exhoration des individus au dialogue social et à la gestion de la misère produite par ceux-là même qui prétendent la combattre ; à coup de lois, de subventions ou d’amendes, qui servent de laisses à qui voudrait réellement s’opposer à l’ordre des choses ; ou enfin par l’usage plus brutal de la force policière et de l’emprisonnement que se maintient cette démocratie.

De nos jours, elle est donc le nom de tout ce qui sert à pacifier et réprimer l’expression des antagonismes de cette société et les luttes contre l’hégémonie de l’état et du capitalisme.

Dans l’optique de s’organiser contre le bon déroulement des élections (mais pas que…) qui nous apparaît comme l’un des moments clé du processus démocratique, nous proposons une discussion autour du livre Sortir de la démocratie, en présence de son auteur, Ali Kebir.

Il y est question de la genèse de la démocratie moderne, où l’on voit comment elle fut imposé d’en haut pour colmater les brèches d’une société qui allait exploser à cause des trop grandes inégalités qu’elle produisait, notamment par l’injonction à la participation et à la communication. L’auteur nous propose non pas de chercher une meilleure démocratie, comme un idéal qu’il nous faudrait atteindre, mais en analysant les raisons pour lesquelles elle s’est créée, de remettre en question sa valeur même, qui partout nous est présentée comme indubitable, progrès achevé de toutes sociétés humaines.

Il s’agit pour nous de discuter de comment nous nous organisons et voulons nous organiser, à partir d’où et contre quoi, sans chercher à entrer absolument dans la norme démocratique afin d’élargir et d’affiner nos perspectives de lutte.

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