Dans la sinistre comptabilité de l’exil, la Syrie fournit le plus gros contingent de réfugiés internationaux au monde. Si la Turquie en accueille le plus grand nombre, c’est le Liban qui produit l’effort le plus conséquent, avec 1 réfugié pour 4 habitants (en France, le taux est de 1 pour 700). Le Liban, et à travers lui le Proche-Orient, offre donc un point de vue privilégié pour mieux saisir la complexité et les enjeux des migrations internationales contemporaines.

Cet ouvrage permet de faire connaissance avec des femmes, des hommes et des enfants saisis dans leurs activités quotidiennes : sociabilités des camps, obtention de l’aide, « débrouille » dans les rues de Beyrouth, projet de migration vers l’Europe, etc. Il s’agit, chaque fois, de restituer les parcours et les conditions de vie, pour tenter de discerner l’exilé derrière le réfugié, substituer à l’image d’une masse humaine désemparée celle de personnes qui tentent d’avoir prise sur leur futur.

Ce livre propose ainsi au lecteur français un décentrement du regard sur les circulations contemporaines, à l’heure où les États européens ont les yeux rivés sur leurs frontières immédiates.

Mohamed Aita : Exilé syrien originaire de damas- Mécanicien

Assaf Dahdah : Géographe, chercheur au CNRS (ART-Dev / Montpellier) sur les enjeux migratoires et urbains à Beyrouth et Marseille


Article publié le 20 Mai 2019 sur Mars-infos.org