Si la consommation de produits nocifs tel que l’alcool, la cigarette et les stupéfiants sont des dangers destructeurs pour la santé physique et mentale nous pensons aussi que s’intoxiquer de ces produits est une pratique dangereuse pour nos luttes politiques. D’autant plus que la majeure partie des milieux alternatifs et militants soutiennent et exposent l’intoxication comme une habitude voir un style de vie, comme une « liberté ». Une personne intoxiquée n’est pas libre, elle est soumise à la dépendance et aux effets des produits. Nous refusons de voir la dépendance comme un jeu ou un « truc cool ». Nous refusons de participer à la culture de la défonce, à la culture de l’ivresse, la culture de l’intoxication.

Notre choix est politique. Nous considérons que s’intoxiquer et que l’addiction qui en découle est en contradiction avec nos idéaux et nos pratiques. Consommer de l’alcool et des drogues n’est jamais une démarche uniquement personnelle ; cette consommation à des conséquences sur l’ensemble de nos collectifs et compromet nos luttes. La culture de l’intoxication qui règne autant dans notre société qu’à l’intérieur de nos milieux militants peut être un moyen que la bourgeoisie utilise afin de museler nos initiatives. Seul.e.s les bourgeois.e.s ont la possibilité de s’intoxiquer, de se payer de luxueuses cures de désintoxication puis de rejoindre bien sagement le travail que leurs parents leurs auront trouvé. Pour cette raison, consommer des drogues n’a rien de subversif.

Nous pensons qu’il est erroné et nuisible de prôner une plus grande acceptation de la drogue dans notre société sous prétexte d’ouverture d’esprit et de défense des minorités oppressées. Ce n’est pas en incitant nos camarades à s’intoxiquer que l’on pourra aider celles et ceux qui ne parviennent pas à se débarrasser de leurs dépendances. Cela démontre un mépris des considérations de classe et de race de croire que nous sommes toutes et tous éga.ux.les face à l’addiction.

L’alcool et les drogues ont toujours été utilisées afin d’anesthésier les classes populaires, de les neutraliser et d’une certaine manière d’empêcher les tentatives d’insurrection contre le pouvoir capitaliste en place. C’est une gangrène qui ronge notre force et nous empêche de lutter de manière efficace. Des Black Panthers aux Natifs américains, il ne manque pas de cas de mouvements sociaux qui ont été tués par les drogues sous le regard complice des Etats bourgeois. De plus l’intoxication joue un rôle crucial dans de nombreuses violences sexistes et sexuelles, notamment dans la culture du viol. Les liens entre la consommation d’alcool, de drogues et le sexisme sont profonds et incompatible avec nos idéaux d’égalité et de justice.

Pour toutes ces raisons nous pensons qu’il est important de critiquer avec virulence ces pratiques petites-bourgeoises et libérales, qu’il est nécessaire d’avoir une position claire sur l’intoxication, sans concession. Nous affirmons une autre perspective au « lifestyle alternatif » de nos milieux afin que nos rébellions se transforment en révolutions.

Nous voulons transformer la société, pas s’en échapper !


Article publié le 22 Mai 2019 sur Renverse.co