Mobilisation contre l’invasion turque du Rojava


La mobilisation se poursuit contre l’invasion du régime turc. Mardi 15, une chaîne humain a été formée sur la Canebière alors qu’une banderole était déployée du haut des échafaudages de l’église des Réformés.

Poussière d’amiante au collège, « les jours de mistral, le chantier serait mis à l’arrêt »

Le mercredi 16 un rassemblement était organisé devant le consulat américain, le vendredi, une action a bloqué le guichet d’embarquement de Turkish Airlines à l’aéroport de Marignane, le samedi une manifestation de plusieurs milliers de personnes a défilé jusqu’à la Préfecture, et ce mardi 22 un rassemblement était organisé devant la mairie de Marignane. [1]


Actions, Mobilisations

Les enseignant.es du collège Versailles (3e) militent pour que les cours soient délocalisés pour la durée des travaux du collège. En plus du bruit et de la poussière, il y aurait de l’amiante dans les bâtiments en cours de destruction. Mais le département veille au principe de sécurité, il affirme que « les poussières soulevées par le chantier feraient l’objet d’un arrosage et que les jours de mistral, le chantier serait mis à l’arrêt ». [2] On se rappelle des gravats d’amiante laissés des mois en plein air à Belsunce, recouvert pour toute protection de peinture bleue.


Mercredi matin, ce sont les employé.es de Lime et les juicers (voir cette article : Chroniques d’une trottinette : Aux côtés d’un « juicer » (2/4)) qui ont déployé 70 trottinettes électriques devant l’Hôtel de ville pour protester contre la décision de la mairie de ne pas retenir Lime parmi les trois sociétés (Circ, Voï et Bird) de trottinettes électrique en libre service a être autorisé à Marseille. Le principal critère disqualifiant lors de l’appel d’offre semble avoir été le pourcentage du chiffre d’affaire que les sociétés étaient prête à verser à la mairie. Par ailleurs, une centaine de trottinettes ont été repêchées dans le Vieux Port samedi 19 lors de son opération de nettoyage. [3]




Loin de pleurer sur le sort de Lime, c’est l’occasion de rappeler que ces trottinettes entretiennent un modèle économique dégueulasse, en plus d’être des aberrations en terme écologique et de politique de transports en commun. En effet en plus de 53 salarié.es, Lime « employait » une centaine d’auto-entrepreneurs (les juicers) qui ne peuvent espérer aucune des protection d’un emploi salarié.

À Sospel, la permanence de la députée LREM Alexandra Valetta-Ardisson a bénéficié d’un ravalement de façade le 9 octobre. La veille, elle avait fait les louanges de la loi Collomb déni d’« asile et d’immgration », et appelée à la durcir. [4]


Le 15, c’étaient les salarié.es des EHPAD et de l’Aide à Domicile qui se mobilisaient, et le 16, un rassemblement de solidarité avec l’Équateur était organisé au Vieux Port.

Grèves

La grève des postier.es de Le Rove et du 16e arrondissement de Marseille contre la délocalisation du centre de courrier du premier vers le deuxième se poursuivait la semaine dernière. Les facteurs et factrices du Dôme (desservant le 4e et 14e arr.) se sont également mis en grève le 11. Le centre du Dôme avait connu une réorganisation similaire il y a un an, et est aujourd’hui confronté à une politique de réduction des moyens de remplacement (absence de remplacement sur les tournées en cas de congé ou repos des titulaires, rupture de CDI pendant la période d’essai, refus systématique de congés et d’absences). [5]


Le week end dernier, un mouvement social surprise s’est déclenché chez les cheminot.es. Du vendredi jusqu’en début de semaine les personnels roulants ont exercé leur droit de retrait suite à l’accident d’un TER en Champagne-Ardenne, lors duquel conducteur à du s’occuper des passager.es seul car il n’y avait pas d’autres employé.e à bord. Jeudi soir, la CGT Cheminots avait appelé « les conducteurs de train à cesser le travail. Ils protestent contre la « déshumanisation des trains et des gares », contre la politique de « l’agent seul ». » Vendredi, en PACA« plus de 90% des conducteurs ont fait valoir leur doit de retrait, et 100% des contrôleurs. » [6] Un appel est lancé pour une grève illimitée à partir du 5 décembre, qui est la date d’une première journée de grève interpro contre la réforme des retraites.

Procès, prisons

Dans la catégorie faits divers, à Marseille un flic du GIPN a été condamné à 10 mois de prison avec sursis pour « violation du secret professionnel » pour avoir divulgué des infos à un « membre du grand banditisme » alors qu’il était en couple avec sa sœur. Deux poids deux mesures toujours, la vente d’une barrette de shit t’envoie en taule, mais quand tu es flic tu reçois du sursis pour complicité avec le « crime organisé ». [7]

Cédric Herrou a été relaxé en appel. Il était poursuivi pour injure publique par l’ex-préfet des Alpes Maritimes qui estimait qu’il avait voulu l’« assimiler […] aux Nazis ou au gouvernement de Vichy ». [8]

Plus sérieusement, jeudi 17 la CGT du Carrefour du Merlan a assigné le groupe en justice pour « démontrer que le CICE a été détourné et a servi au versement de dividendes aux actionnaires. » [9]




Et enfin, jeudi toujours, avait lieu le procès quand à l’expulsion des mineurs hébergés à St Just. Rendu du délibéré le 7 novembre. Pour rappel, le tribunal a fixé au 9 février la date d’expulsion des occupant.es majeur.es (quoi de mieux que le milieu de l’hiver pour se retrouver dehors !). Par ailleurs, le tribunal administratif (TA) a cassé en appel la décision rendue auparavant par le TA et le Conseil d’État « qui avaient affirmé au cours des dernières semaines que ce bâtiment diocésain squatté était un lieu « correct » pour héberger des mineurs isolés en attente de prise en charge », déchargeant ainsi le département de son obligation de prise en charge des mineurs.

Extrême droite

« La droite cultive la nostalgie de l’Algérie française », à lire dans la Marseillaise. Le « conservatoire de la mémoire des Français d’Afrique du Nord » a été inauguré par Martine Vassal à Aix le 5 octobre, grâce à la généreuse participation de 2,65 millions d’euros en argent publique pour son financement. [10] Pour quelle mémoire ? Celle de « l’héritage culturel de l’Algérie coloniale », de la nostalgie du fait colonial, celle qui se refuse à le condamner. Pire encore, « Martine Vassal, […] va même jusqu’à proposer un partenariat avec les collèges, au même titre qu’avec le Camp des Milles pour “œuvrer à ce travail de mémoire” ».

Violences policières et sexistes

Repris depuis la page Facebook Witch bloc Marseille, à propos de la manif en mixité choisie du 10 octobre.

Jeudi 10 octobre 2019 : La soirée commençait déjà mal. Peut-être aurai-je dû percevoir qu’il y a des soirs comme ça, où il vaut mieux rester chez soi. Cela dit, même si le traumatisme est grand, il est ô combien nécessaire de se confronter à la réalité de ce monde.

Nous marchions dans la rue, en début de soirée. Et déjà, nous passons devant des vingtaines de camions de CRS. Pourquoi sont-ils si nombreux ? Sommes-nous en guerre ? J’ai un pack de bière dans les mains, et je me prends une reflexion infantilisante par ces monsieurs. Peu importe.

Seulement plus tard dans la soirée, je découvre que ce soir là a lieu une manifestation de personnes en non mixité choisie sans mecs cis. Elles souhaitent exprimer un ras le bol des agressions physiques et verbales qu’elles subissent en raison de leur genre ou leur orientation sexuelle, par les vigiles et les forces de l’ordre surveillant la plaine.

Je suis chez un ami, et j’assiste à la manifestation de la terrasse. Il n’y a pas beaucoup de manifestant.e.s, peut-être un.e pour trois CRS. Les slogans sont bon enfants, il y a de la musique, j’ai envie de les rejoindre.

Puis nous partons pour rentrer chez nous, avec Cloé. Et en descendant, c’est l’agitation. Nous voyons les manifestant.e.s partir en titubant. Nous nous approchons, elles ont les yeux rouges. Nous ressentons nous-mêmes le doux effet du gaz lacrymogène. C’est là que l’impensable a commencé : les CRS commencent leurs flots d’injures misogynes et lesbophobes. « Va te laver, crasseuse » « Tu ressembles à un homme t’es dégueulasse » « Dégage de là, rentre chez toi prendre une douche » ou encore « allez vous lecher la chatte » et j’en passe… Les manifestant.e.s répondent, tentent de se défendre face à ce flot d’injures. Cloé pose une question à un CRS, celui-ci lui répond « parle pas avec moi, t’es pas un homme ». Et puis là, c’est l’agitation. Je vois des CRS courir après des manifestant.e.s. Nous les suivons, je ne comprends plus rien. Je vois des personnes à terre en plein milieu de la route, rouées de coups par la police. Les coups sont portés avec une violence inouïe, au corps comme au visage. Les insultes continuent à fuser. Tout le monde crie, j’ai peur que quelqu’un meurt. J’essaie de filmer, mais je suis tétanisée. Cloé pleure. Nous nous retrouvons, je la serre dans mes bras. Je ne vois plus rien, tout est flou, et un bourdonnement s’installe dans mes oreilles. Était-ce réel ? C’est une chose que de lire des articles sur la violence policière et de voir des vidéos sur facebook. C’en est une autre dans d’en être témoin à 1 mètre de soi. Ces personnes sont venues lutter contre la violence, la lesbophobie, la misogynie et la transophobie qu’elles subissent : elles ont reçu la même chose de la part des représentants de l’état.

J’ai eu si peur, parce qu’au delà de leur violence, j’ai vu leurs regards. Ces hommes avaient de la haine dans leurs yeux. Ces hommes détestaient ces manifestant.e.s pour ne pas être ce qu’ils attendent des femmes. Ces hommes n’acceptaient pas le fait que ces personnes soient lesbiennes gay ou trans. Le regard des ces hommes m’ont dit qu’ils détestaient la différence.

Comme beaucoup d’entre nous j’ai été confrontée à la violence des hommes cis et à de nombreuses agressions. La police doit me protéger, hors, la police me fait peur. C’est pourquoi j’ai souvent refusé de me rendre dans un commissariat pour porter plainte, mais ça, c’est encore une fois un autre sujet qui méritera un autre texte.

Je le dis aujourd’hui : les CRS sont des agresseurs. Comment pouvons-nous nous protéger des agresseurs face à d’autres agresseurs ?

Pour moi, il y aura un avant et un après cette nuit. Ce sentiment je l’avais déjà, mais il se confirme encore plus aujourd’hui : personne ne nous protège.

Ce soir là, deux personnes ont fini en garde à vu. Leur procès aura lieu en mars. Deux personnes qui ont été agressées par des hommes CRS seront en procès pour dégradation, rébellion et outrage à agents. Les agents ne seront eux jamais condamnés pour homophobie, misogynie et violence envers les personnes qu’ils sont sensés protéger.


Article publié le 23 Oct 2019 sur Mars-infos.org