DĂ©cembre 1, 2019
Par Renversé (Suisse Romande)
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Rien de nouveau sous le soleil : L’état du monde n’a pas beaucoup changĂ© depuis notre dernier Ă©vĂ©nement. Le racisme d’Etat sĂ©vi toujours, alors nous luttons.

Pour n’en citer que quelques uns ces 10 derniĂšres annĂ©es
 

 TuĂ© le :

- 28.02.2018 Mike Ben Peter

- 24.10.2017 Lamine Fatty

- 06.11.2016 HervĂ© Mandundu

- 18.04.2010, UmĂŒt Kiran, (tuĂ© par balle dans une course poursuite)

- 17.03.2010, (X nigĂ©rian tuĂ© sur le tarmac de Zurich lors de son renvoi forcĂ©)

- 11.03.2010, (Skander Vogt), asphyxiĂ© dans sa cellule de la prison de Bochuz‹




 Tous assassinĂ©s entre les mains de la police en Suisse.

Le constat gĂ©nĂ©ral est simple. L’engagement policier participe Ă  un systĂšme mortifĂšre pour les noir·e·x·s et autres non-blanc·he·x·s. Depuis des dĂ©cennies en Suisse, les noir·e·x·s sont quotidiennement agressé·e·x·s, racketé·e·x·s, tabassé·e·x·s, subissent des fouilles non conformes, et sont les sujets d’un contrĂŽle social exacerbĂ©.

La police n’est pas neutre   et connaĂźt le maĂźtre qu’elle sert : la bourgeoisie en grande majoritĂ© blanche. Ainsi, lorsque la police exerce le maintien de l’ordre, elle parle avant tout d’un ordre social, Ă©conomique et politique qui n’est pas Ă  l’avantage ni des habitant·e·x·s des quartiers populaires, ni de ceux et celles qui luttent contre le pouvoir en place et les inĂ©galitĂ©s. Eh non, il ne devrait plus y avoir de doute sur ce qu’implique l’engagement policier. Il est temps de sortir du jugement moral qui diffĂ©rencierait les bons des mauvais policiers, car entrer dans la police c’est dĂ©jĂ  se rendre complice. C’est adhĂ©rer Ă  des idĂ©es, Ă  des reprĂ©sentations. Il y a une tendance, par le jugement moral, Ă  individualiser et humaniser les policiers tout en restant tĂ©moin de la dĂ©shumanisation des corps non-blancs, et particuliĂšrement noirs, sous couvert de discours sĂ©curitaires.

 

La police est la mĂȘme partout, le racisme anti-noir aussi.

Il y a une tendance en Suisse Ă  se distancier en disant que « ce n’est pas pire qu’en France Â», qu’aux États-Unis ou ailleurs. Pourtant la condition noire – et celle des autres personnes issues de l’exil – n’a pas de frontiĂšres, elle est internationale et structurĂ©e. Elle relĂšve d’une rĂ©alitĂ© sociale indiscutable et d’une violence sans limite.

Le systĂšme et l’idĂ©ologie rĂ©pressive sont banalisĂ©s Ă  tel point que lorsque l’on se promĂšne le soir, il est normal de voir des hommes noirs se faire courser, tabasser, arrĂȘter. L’expĂ©rience de la sĂ©grĂ©gation, de l’exploitation, du contrĂŽle, du fichage et de l’humiliation est continuellement appliquĂ©e et dĂ©veloppĂ©e sur ces corps, notamment en Ă©laborant des techniques scientifiques, juridiques, sociales, politiques, Ă©ducatives et policiĂšres.

Hervé

Homme noir, tuĂ© dans son immeuble lors d’une intervention de police, de 3 balles dans le corps par un agent de la police cantonal.

Lamine

Homme noir, arrĂȘtĂ© aux alentours de la gare de Lausanne et mis en garde Ă  vue durant laquelle il mourra dans sa cellule. Souffrant d’épilepsie, Lamine a manifestĂ© le besoin d’une prise en charge. Il n’a pas Ă©tĂ© entendu. Non seulement victime de profilage racial, Lamine a Ă©tĂ© ensuite arrĂȘtĂ© en vue d’un renvoi qui ne le concernait pas. Il y a eu erreur sur son identitĂ©.

Mike

Homme noir, membre du collectif Jean Dutoit, “mort suite Ă  une intervention policiĂšre”. TabassĂ© et blessĂ© Ă  mort selon le rapport d’autopsie. Victime de profilage racial.

Pour ne citer qu’eux.

Des frĂšres, des amis, des parents, des camarades de lutte.

Ce ne sont pas des hasards, ce sont des hommes noirs ou racisĂ©s qui meurent entre les mains de la police aujourd’hui. Des discours anti-noirs se manifestent dans toutes les sphĂšres de la sociĂ©tĂ©. 

L’annĂ©e derniĂšre, un cinĂ©aste, Fernand Melgar, lance une propagande anti-dealeur. Mais pas n’importe comment. Il a associĂ© hommes noirs avec deal, violences sexuelles, maladie et dĂ©tournement de mineurs. Sa propagande populiste s’est rĂ©pandue notamment Ă  cause du soutien de commerçants, d’habitants du centre-ville lausannois et de la presse mainstream, dans le but Ă©vident de chasser toute personne dite “indĂ©sirable” des espaces touristiques et marchands. Cette action s’est propagĂ©e Ă  d’autres villes, dont GenĂšve, et s’est transformĂ©e en pĂ©titions, manifestations et brigades ’citoyennes’, pour chasser ceux perçus comme dealers. Des hommes noirs. [1]

Dans le canton de Vaud, la police met l’accent sur la lutte anti-deal. Le rapport annuel de la police de Lausanne vante les mĂ©rites des nouvelles mesures du dispositif policier et sĂ©curitaire pour « apaiser la vie du centre-ville Â». Dispositif qui consiste Ă  placer sur de nombreux axes stratĂ©giques des agents de police en uniforme.

Ainsi, via l’argument sĂ©curitaire et de santĂ© publique, les hommes noirs victimes de violences de la part des forces de sĂ©curitĂ© et institutionnelles sont prĂ©sentĂ©s comme la menace Ă  Ă©liminer, les criminels.

Dans le cas de Mike, l’overdose – premiĂšre hypothĂšse avancĂ©e pour expliquer son dĂ©cĂšs – a Ă©tĂ© largement mĂ©diatisĂ©e alors que le rapport d’autopsie confirmant que sa mort faisait suites Ă  la brutalitĂ© de son interpellation n’a Ă©tĂ© que trĂšs peu relayĂ© [2].

Aujourd’hui, le racisme anti-noir Ă  l’encontre des hommes se justifie par le deal de rue. Mais sachez qu’il existait bien avant et que nos pĂšres, oncles, frĂšres et cousins se faisaient dĂ©jĂ  tabasser dans la rue, dans les commissariats ou dans les cellules.

Les noir·e·x·s sont exposé·e·x·s Ă  la brutalitĂ© blanche depuis plusieurs siĂšcles. Nous en sommes Ă  un stade de dĂ©shumanisation des noir·e·x·s qui paralyse leur vie sociale et les contraint Ă  devoir constamment s’organiser. 

 

Parce que la police tue

Parce que le systÚme judiciaire défend la police

Parce que l’impunitĂ© des meurtres policiers est quasi totale

Nous nous organisons

 

 


 

Why should we organize against police ?

 

Nothing new under the sun : the state of the world hasn’t changed much since our last event. As state racism is still very alive, we continue the struggle. 

To mention only a few cases from the last 10 years


 Killed on :

-  February 28, 2018, Mike Ben Peter

-  October 24, 2017, Lamine Fatty

-  November 6, 2016, HervĂ© Mandundu

-  April 18, 2010, UmĂŒt Kiran (shot dead during a chase)

-  March 17, 2010, Anonymous (killed in Zurich airport’s tarmac during his deportation)

-  March 11, 2010, Skander Vogt (choked to death in his prison cell in Bochuz)

 




 

All of them murdered by the hands of the police in Switzerland.

The general observation is simple. Police commitment participates to a deadly system for black people and other people of color. Since decades in Switzerland, black people are being assaulted, extorted, beaten up, improperly frisked and are subject to enhanced social control, and this on a daily basis.

Police is not neutral  and knows which master it serves : the predominantly white bourgeoisie. Thus, when the police is maintaining order, it is primarily a social, economic and political order which does not benefit the people who come from popular neighborhoods and those who struggle against the government in power and inequalities. No, there shouldn’t be any doubt left on what police commitment implies. It is time to abandon the kind of moral judgement which separates the “good” police officers from the “bad”. One is already an accomplice by joining the police force, as it implies supporting specific ideas and representations. Moral judgement has a tendency to individualize and humanize police officers and to cover the dehumanization of non-white bodies that we actually witness, in particular that of black bodies, with a discourse about security.

 

Police is the same everywhere, anti-black racism as well.

There is a tendency in Switzerland to minimize this by saying “it is not as bad as in France” or in the United States or elsewhere. Yet the black condition – and the condition of others with migrational backgrounds â€“ has no borders, it is international and structured. It stems from an undeniable social reality and violence beyond limits. 

The repressive system and ideology have been so trivialized that it has become normal to see black men being chased, beaten up, arrested when walking at night. The experience of segregation, exploitation, control, tracking and humiliation are continuously applied and developed on these bodies, through the elaboration of scientific, juridical, social, political, educational and repressive technologies for instance. 

 

Hervé

Black man, killed inside the building where he lived during a police intervention, shot 3 times by a cantonal police agent.

Lamine

Black man, arrested near Lausanne’s train station, taken into custody during which he died in his cell. Lamine had epilepsy and had expressedthe need to have his medical needs taken in charge, which was neglected. Not only was he a victim of racial profiling and medical negligence,but he was also the victim of an identification error. In fact, Lamine was arrested for an administrative deportation in line with the Dublin agreement which was not related to him.

Mike

Black man, member of the Jean Dutoit collective, “dead after a police intervention”. Beaten up and wounded to death according to the autopsy report. Victim of racial profiling. 

To mention only a few.

Brothers, friends, parents, comrades in struggle. 

It is no coincidence that it is the black men or the men of color who die in the hands of the police nowadays. Anti-black discourses have been emerging in all spheres of society. 

Just last year, a filmmaker named Fernand Melgar launched a propaganda against dealers. He made a generalized confusion between black men from West Africa, drug dealing, sexual violence, diseases and the corruption of minors. He was able to start this fight with the support of shopkeepers, Lausanne city center’s inhabitants and mainstream press, with the obvious goal of driving out any so-called “undesirable” people from the touristic and commercial areas. This action has spread to other cities, including Geneva, and has caused repercussions with petitions, demonstrations, and civilian street brigades aimed to chase away those perceived as dealers, meaning black men. (1)

In the canton of Vaud, the police has focused on the fight against drug-dealing. In its annual report, the Lausanne police praises the merits of their new police and security measures aimed to “appease life in the city center”, which consists of placing police officers in uniforms on many strategic positions.

This is how, through the arguments of security and public health, black men who are victims of the violence by security and institutional forces find themselves turned into the threat to be eliminated, the criminals.

In Mike’s case, the overdose – first hypothesis to explain his death- was largely publicized, while the autopsy report confirming that his death was the result of the brutality of his arrest was only rarely reported. (2) 

Today, anti-black racism – specifically against men – is justified by the street drug dealing, but know that this has existed long before and that our fathers, uncles, brothers and cousins were already being beaten up on the streets, in police stations or in cells.

Black people have been exposed to white brutality for several centuries. We are at a stage of dehumanization of black people that paralyzes their social life and forces them to constantly organize themselves. 

 

Because the police kills

Because the judicial system defends the police

Because the police murders get away with almost complete impunity

We organize ourselves

 

 




Source: Renverse.co