Septembre 22, 2021
Par Rapports De Force
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Quatre syndicats enseignants (FSU, CGT, FO, SUD) appellent l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale à se mobiliser jeudi. Plusieurs dizaines de manifestations sont prévues dans toute la France. À Paris, le défilé auquel se joindra l’enseignement supérieur partira de Jussieu à 13 h 30.

Battre le fer tant qu’il est chaud. « C’est le moment de se mobiliser pour faire valoir tous les sujets d’éducation », affirme Benoît Teste, alors que la campagne pour les élections présidentielles occupe déjà l’espace médiatique. Même si le secrétaire général de la FSU admet que son syndicat insiste sur les salaires dans la dernière ligne droite des tournées syndicales de terrain pour préparer la journée de grève du 23 septembre. Profitant que depuis plusieurs semaines, le débat sur l’augmentation de la rémunération des enseignants s’est invité dans la précampagne électorale. Notamment avec la sortie un brin démagogique d’Anne Hidalgo qui propose de doubler leurs salaires, sans évoquer le dégel du point d’indice cher aux syndicats. Mais aussi avec un Grenelle de l’éducation et une prime d’attractivité qui n’ont pas vraiment convaincu le monde enseignant. Et une communication gouvernementale qui se prend les pieds dans le tapis.

Mais au-delà des salaires, c’est la question du manque de moyens qui mobilise l’intersyndicale FSU, CGT, FO, SUD. Pour y faire face, celle-ci réclame un plan d’urgence pour le service public d’Éducation. « Il manque des heures partout. Dans mon lycée, il manque 29 heures de cours, non assurées parce qu’il n’y a pas d’enseignants recrutés ou missionnés. De plus, la crise a révélé un manque énorme de personnel médico-social », explique Brendan Chabanne, co-secrétaire de SUD Éducation. Une illustration de ce que dénonce le SNES-FSU dans le secondaire : moins 1883 emplois dans les collèges et lycées en cette rentrée, pour un nombre d’élèves en hausse. Et même moins 7490 emplois depuis 2018. Et ce dans un contexte où après 18 mois de difficultés scolaires liées à la pandémie, le monde enseignant aurait pu espérer des moyens supplémentaires pour y faire face.

Transformations libérales et autoritaires

Le désamour des enseignants avec leur ministre ne devrait pas se démentir en cette rentrée. D’abord, parce que le nouveau baccalauréat à la sauce Jean-Michel Blanquer – très contesté par les enseignants – arrive dans sa phase finale de déploiement pour l’édition 2022 avec un contrôle continu comptant pour 40 % des résultats. Ensuite, parce que celui-ci est accompagné « d’une tentative de mise au pas pédagogique en imposant des projets locaux d’évaluation dans lesquels ont dit aux enseignants ce qu’il faut faire, quand et comment. » explique Brendan Chabannes.

Des changements qui affectent également le premier degré. Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé à Marseille une expérimentation de « directeurs d’école/managers », une proposition de loi de la députée LREM Cécile Rilhac arrive en seconde lecture à l’Assemblée nationale le 29 septembre. Pour le co-secrétaire de SUD Éducation, elle a pour objectif « d’instaurer un nouvel échelon hiérarchique et de faire des directrices et directeurs d’école des chefs d’établissement ». Une modification « largement rejetée » dans les écoles selon Benoît Teste de la FSU. Et qui pourrait mobiliser dans le premier degré d’après Brendan Chabannes.

Remobiliser les enseignants

Car après 18 mois la tête dans la Covid-19, avec des protocoles changeants et des annonces à l’emporte-pièce de Jean-Michel Blanquer, les problèmes de l’Éducation nationale restent. « Ce ne sera probablement pas la mobilisation du siècle, mais ce sera la première journée dans l’éducation qui ressemble à une journée éducation depuis longtemps. Avec un retour des manifestations et des grèves qui ne seront pas centrées sur les questions sanitaires, mais sur des bases de défense du service public et de progrès social », pronostique Brendan Chabannes. « L’objectif pour nous, c’est le retour des personnels de l’éducation dans le revendicatif, avec le retour des assemblées générales où les enseignants se rencontrent » avance-t-il.

Des taux de grève autour de 25 ou 30 % pour la journée à venir imagine Benoît Teste qui constate des difficultés à mobiliser les enseignants sur une date si proche de la rentrée. « Des collègues disent ne pas vouloir laisser les élèves sans profs », admet le responsable de la FSU. Pour autant ce ne sera pas juste une journée militante, certifie-t-il. Dans chaque académie, il y aura au moins une manifestation. Voire plusieurs, dans bien des académies.

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Source: Rapportsdeforce.fr