Texte largement inspiré de l’œuvre « Mort aux flics et vive les lasagnes ! » de Guy Debord.

D’abord, une chose. Je parle de la CGT car c’est vraiment un syndicat que j’aimerais voir pourrir dans la douleur, mais en vrai à peu près partout où je vais écrire CGT, vous pourrez faire comme s’il était écrit CFDT, NPA, UNEF (mention spéciale si tu fais partie de l’UNEF : trou du cul) ou je ne sais quel autre sigle débile qui m’emmerde (ou qui t’emmerde, toi, ta pote, ou ton chien, parce que oui, la SPA c’est pas mes amies non plus).

A la manif du 24 mars les membres de cette foutue orga ont eu les oreilles qui chauffaient sous les insultes. Et comme illes ont visiblement pas apprécié d’avoir des dossards recouverts de jus de clémentine, quelques zozos de ses ranges se sont sentis pousser des ailes et ont distribué deux ou trois torgnoles. Illes ont été bien accueillis et puis, pour la forme, leur camion a mangé un peu aussi parce qu’au royaume de l’anarchie, que tu sois mécanique ou pas, on s’en fout, on prépare déjà le soulèvement des machines. C’est qu’on a de la suite dans les idées chez les totos.

« Bah, la CGT, attends, c’est le syndicat le plus puissant de France, ça doit pas être si mal ! » m’a soufflé ma copine Léa. J’lui en veux pas, elle sortait du Communard, quand on est bourré on n’a pas les idées claires.

L’astuce intellectuelle là-dedans, c’est que ce monde me file la gerbe (si, si j’ai bien employé l’expression « astuce intellectuelle »). Si j’étais joueuse, je parierais sur le fait qu’à toi aussi. Ouais, m’lever tous les matins, (étudier pour) bosser comme un abruti mais gagner juste de quoi m’acheter des trucs qu’on devrait toutes avoir sans conditions (maison, bougge, eau et sex-toys), voir ma vie qui défile sans que j’ai presqu’aucun contrôle dessus et être obligée de dealer en permanence avec les stratégies de contrôle du gouvernement, ben autant t’le dire, ça m’fait pas rêver. Du coup quoi ? Ben du quoi la loi El Khomri, j’en ai rien à battre. Le travail ça pue, sous toutes ses formes et peu importe ses conditions, et travailler une heure par jour c’est déjà travailler trop. Moi et la bande de gugusses avec qui je traîne, on n’est pas là pour négocier une vie un peu moins dure, un peu plus équitable, un peu plus bio ou avec une météo plus clémente, on est là pour se saisir, maintenant, d’une vie toute entière qui n’attend que nous pour démarrer. Or, la CGT est très exactement destinée à nous en empêcher.

Parce que la CGT, dans son fonctionnement, n’a pour seul horizon politique que de négocier avec le gouvernement même qu’elle prétend combattre et qui brise nos vies. La CGT, en tant que structure, reconnaît leur légitimité aux tenants du pouvoir et entend diéser avec elles d’égal à égal. Et la rupture, elle est là : les gouvernements, peu importe leurs programmes, sont systématiquement les ennemis déclarés d’une vie libre, amusante et épanouissante. Quand on veut jouer sur le terrain du pouvoir, on joue sur celui de l’esclavage, de la mort, de la tristesse et du contrôle. C’est d’une autre position qu’il nous faut envisager le combat avec ceux qui nous oppressent au quotidien.

Alors si la CGT était simplement un groupe composé de gens politiquement arriérés et de paumées de l’histoire qui faisait sa sauce dans son coin, à la limite, j’me dirais qu’il y aurait bien un jour où la confrontation serait inévitable mais qu’en attendant, j’aurais pas besoin de les mettre dans mon top 10 des choses à démolir (entre Cyril Hanouna et les dessinateurs de comics). Hélas (ou pas) il n’en est rien, la CGT est une force policière active et a une capacité d’infiltration et de manipulation qui n’a pas d’égale. Et il n’est pas nécessaire de passer beaucoup de temps sur Internet pour trouver des dizaines de cas où le SO de ce syndicat de merde a livré des gens à la police, ou d’autres où des membres se sont invitées à des réunions diverses pour faire pression afin que leurs méthodes soient adoptées (lycéens qui avaient accepté de former un SO, vous vous êtes fait bananer mais c’est pas grave, vous pouvez encore dire aux keufs dans vos rangs d’aller se faire voir).

On va bien sur me reprocher de m’en prendre à la sacro-sainte unité du mouvement social car il va s’écouler pas mal de temps encore avant qu’on renonce avec joie à cette idée. Ma réponse, si vous le permettez, tient en deux points, l’un sur la table, et l’autre dans ta gueule.

Non, c’est pas vrai. Premièrement, le rêve de l’unité a été poursuivi par la quasi-totalité de la philosophie occidentale, voyez vous-même le résultat : colonialisme, christianisme, massacre animal, et j’en passe et des meilleures. Deuxièmement, il n’y a que dans Dragon Ball Z qu’on peut sérieusement songer à s’allier avec une ennemie au moyen de boucles d’oreilles magiques. Problème : dans la réalité, ça n’existe pas et la CGT reste là, un couteau dans la main, prête à le planter dans votre dos dès que vous irez jeter un caillou sur la façade de La Poste. L’histoire l’a prouvé, des milliers d’expériences individuelles peuvent en témoigner, et si on ne réagit pas maintenant pour les dégager à grands coups de pieds dans le cul, l’histoire de ce qu’on est en train de vivre là, maintenant, va se solder par une nouvelle trahison de la part de telle ou telle orga. On ne sauve pas ce qui est déjà mort, et la CGT, sa place, c’est les chiottes sèches ou la poubelle.

«  Il n’y a pas d’alternative à la guerre sociale, et dans ce combat, je compte fortement sur la CGT pour m’appuyer si besoin est. »

François Hollande à l’oreille d’Angela Merkel, concluant ainsi une folle nuit d’amour.

« Ni Dieu, ni cégétraîtres . »

Friedrich Nietzsche après s’être fait jeter par Lou salomé.

Il serait dommage de jeter ce tract sur la voie publique alors que tu pourrais l’utiliser pour mettre le feu à une poubelle mais bon, tu fais ce que tu veux.