Mars 10, 2022
Par Anarkismo
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Depuis le 24 février, début de l’intervention militaire russe en Ukraine, les témoignages de solidarité se multiplient à travers le monde envers les réfugié·es ukrainien·nes. Comme toujours, la guerre amène avec elle son cortège macabre de mort·es et de populations obligé·es de fuir les bombes, les exactions et les carnages. La guerre impérialiste de l’État russe n’y fait pas exception.

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A la différence des autres guerres, les États d’Europe, et surtout les pays limitrophes, ouvrent leurs frontières pour accueillir celles et ceux qui par centaines de milliers fuient les villes ukrainiennes bombardées par l’armée russe. Mais le discours dominant français dans les médias nous rappelle qu’il existe « des bons et des mauvais·es réfugié·es ». Notre révulsion est totale quand un journaliste de BFMTV se permet de dire « On ne parle pas là de Syriens qui fuient les bombardements du régime (…). On parle d’Européens qui partent dans leurs voitures qui ressemblent à nos voitures et qui essaient juste de sauver leur vie ». ou quand Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale, se réjouit avec une condescendance raciste que la France accueille « une immigration de grande qualité, dont on pourra tirer profit ».

Une solidarité à deux vitesses

Nous sommes révolté.es par le cynisme des pouvoirs publics qui se mobilisent comme jamais ils ne l’ont fait, promettent ouverture de lieux d’accueil, prise en charge et gratuité des transports pour les réfugié·es ukrainien·es, alors que ces mesures sont réclamées depuis des décennies par l’ensemble des associations, organisations politiques et syndicats se plaçant dans le camp de la solidarité sans conditions auprès des personnes sans papiers et réfugiées, d’où qu’elles viennent. Ce deux poids, deux mesures, on le voit sans surprise également porté par la mairesse de Calais qui accueille à bras ouverts les ukrainien·nes, tout en soutenant une politique impitoyable envers les migrant·es qui cherchent à gagner la Grande-Bretagne (quelques semaines auparavant un squat ouvert pour mettre à l’abri les réfugié·es était évacué par le RAID).

Cette solidarité à géométrie variable illustre le racisme systémique et la mentalité coloniale bien ancré·es chez celles et ceux qui osent prétendre représenter des valeurs humanistes. Une partie du champ médiatique et politique ne se cache même plus derrière un quelconque discours pseudo économique préférant clairement ces réfugié·es perçu.es comme « blanc·hes ».

L’expression d’un racisme d’État

Ces prises de décisions cherchent aussi à faire oublier un quinquennat de mépris et de racisme toujours plus fort exercé à l’encontre des populations migrantes. À peine 20% des demandes d’asiles reçoivent une réponse positive et des réfugié·es afghan·es se voient encore maintenu·es en rétention en CRA (Ehsan, jeune Afghan et demandeur d’asile, placé en rétention “en toute illégalité” – InfoMigrants) .

Si la guerre de l’État russe en Ukraine est bien une guerre impérialiste menée par un pouvoir mafieux, nationaliste et raciste, nous ne devons pas pour autant fermer les yeux sur la réalité des démocraties libérales. Ces dernières multiplient des mesures antisociales et criminalisent les immigrant·es en usant d’une rhétorique d’extrême droite, et ce à l’échelle européenne.

Pour l’accueil inconditionnel de toustes les réfugié·es

Pour nous, Union communiste libertaire, l’accueil inconditionnel des réfugié·es d’Ukraine ne saurait être différent de celui que nous réclamons pour l’ensemble des personnes migrantes résidant sur le territoire français. Il est impératif de mettre à l’ordre du jour cet accueil inconditionnel et sans distinction, et de mettre en place des structures d’accueil pérennes, facilitant la vie quotidienne à l’image de la gratuité des transports en commun pour tous. tes les réfugié·es exigée par nos camarades des syndicats de cheminots. Il est également impératif de dénoncer la situation des personnes non blanches souhaitant fuir l’Ukraine, actuellement retenues aux frontières et dont l’avenir est tout aussi incertain, les politiques européennes antimigrant·es, nous faisant craindre le pire. La solidarité entre l’ensemble des exploité·es subissant les guerres doit être notre seule et unique boussole, ici comme ailleurs. C’est pourquoi nous affirmons que nous sommes :

☆ Pour l’abrogation des lois et réglementations restreignant le droit au séjour au niveau européen ;
☆ Pour l’abolition des frontières meurtrières ;
☆ Contre la guerre et ses conséquences ;
☆ Pour la solidarité internationale et sans frontières ;
☆ Pour le respect et la mise en Å“uvre effective du droit d’asile ;
☆ Pour la régularisation de toustes les sans-papiers et pour un accueil digne et sans condition de l’ensemble des réfugié·es ici comme ailleurs.

Union communiste libertaire, le 6 mars 2022.

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Source: Anarkismo.net