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Depuis fin 2019, la pandémie de Covid-19 a causé plus de 144000 morts en France et plus de 6,27 millions de morts dans le monde, des chiffres ne tiennent pas compte des morts « indirectes » causées par des reports de soins ou d’autres pathologies, ni ne mesurent les conséquences sur le long terme de l’épidémie (Covid longs, santé mentale, etc). Aujourd’hui, le virus tue encore 80 personnes par jour en France : ce n’est que depuis début mai que nous sommes passés sous la barre des 100 morts quotidiens.

Malgré ce bilan, le gouvernement continue de faire passer l’économie et l’agenda électoral avant toutes les autres considérations et adopte une politique qui sacrifie les millions de « personnes à risque » (âgées, immuno-déprimées, transplantées, malades du cancer…) parfois non-vaccinables, qui n’ont plus le choix qu’entre une mise en danger permanente et un isolement social insupportable.

La suppression récente de l’obligation du port du masque dans les transports, sans campagne de sensibilisation ou effort d’aération ou de purification de l’air, est dans la continuité de cette gestion, intervenant opportunément un mois avant les élections législatives. Ayant choisi de ne passer que par une gestion autoritaire face à la pandémie, le gouvernement a créé une situation ne permettant plus d’avoir un discours de sensibilisation audible, les suppressions des obligations étant de fait interprétées (et parfois présentées) comme des invitations à relâcher les gestes sanitaires. Cette gestion gouvernementale s’inscrit dans une pensée validiste qui a fait une percée spectaculaire dans tout le paysage politique ces deux dernières années, alimentant la montée de l’extrême droite et l’affaiblissement de la gauche qui semble incapable d’affirmer avec force son rejet de cette idéologie et le besoin d’une solidarité forte, préférant rester dans le déni de la pandémie.

Le maintien du covid comme maladie endémique, plutôt que la mise en place d’une coordination sanitaire internationale visant à l’éradiquer, est également le fruit d’une gestion économique et politique de la santé humaine. Il s’agit simplement de maintenir en état de santé une portion acceptable de main d’œuvre exploitée, sans se soucier des conséquences pour l’avenir. Le covid semble être un mal « tolérable » pour le capital. Il est pourtant inacceptable pour l’humanité, qui dispose de méthodes et techniques qui permettraient de le contenir. Encore une fois le décalage entre ce que peut offrir le mode de production capitaliste et les besoins réels de celles et ceux qui y vivent est flagrant. Dans ce contexte, l’UCL souhaite affirmer clairement que chaque mort évitable est une mort de trop, que chaque nouvelle vague est un choix politique et qu’aucune vie ne vaut plus qu’une autre.

Cela est notamment passé par l’adoption d’une motion « Pour une auto-défense sanitaire » lors de notre dernière coordination fédérale, les 26 et 27 mars, affirmant que face au refus de l’état de proposer une véritable réponse collective à la pandémie, nous devons nous organiser et prendre en main nous même notre auto-défense, mais également que nous refusons de tomber dans un déni de la pandémie et que nous souhaitons combattre les discours complotistes et rassuristes qui l’entourent. Nous affirmons que plus qu’une question sanitaire, nous faisons face à une question profondément politique : adopter une attitude de déni et d’abandon des mesures sanitaires, c’est choisir d’exclure ou de mettre en danger des millions de personnes « à risque », mais c’est aussi, en laissant courrir le virus, augmenter ses chances de mutations et la propabilité de nouvelles souches résistantes aux vaccins et traitements ; c’est faire primer le confort individuel devant la gestion collective.

A ce titre, l’UCL va mettre en place des formations, documents et circulaires internes afin de former et d’informer ses membres des gestes à adopter et de l’actualité de la pandémie, même lorsque celle ci ne fait plus la une des médias. Elle met également en place la prise en charge des coût de cette autodéfense au sein de l’organisation, afin que les moyens financiers des groupes et des individus ne soient pas un obstacle. Nous encourageons nos camarades à adopter des pratiques similaires, en s’informant et en adoptant des gestes simples participant à rendre nos espaces plus sûrs pour tou.te.s et à freiner les contaminations : port des masques FFP2 dés que nécessaire, aération régulière des espaces clos, vigilance et prudence face à l’apparition de symptômes. Plus largement, nous pensons qu’il est important de continuer à s’informer et à communiquer sur l’évolution de la pandémie, et de refuser d’en faire un sujet secondaire ou de tomber dans le déni de la réalité pandémique : cela reviendrait à abandonner des camarades et nos idéaux de solidarité.

En l’état actuel de la pandémie, nous pensons qu’il est important de continuer à s’informer et à communiquer , en refusant d’en faire un sujet secondaire ou de tomber dans le déni de la réalité pandémique. Et c’est bien cette veille, solidaire et démocratique, qui nous permettra, prochainement nous l’espérons, de décider collectivement de l’aménagement et/ou de l’abandon des mesures sanitaires actuellement en vigueur dans notre organisation.

Pour des informations pratiques : https://www.adioscorona.org

L’Union Communiste Libertaire, le 25 juin 2022




Source: Unioncommunistelibertaire.org