Mai 7, 2021
Par Le Pressoir
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Depuis des décennies, l’accès aux droits des étrangers en France n’a cessé de se dégrader : les lois successives ont renforcé la précarité en restreignant les possibilités de régularisation, en généralisant les cartes temporaires au détriment des titres de résidents pérennes.

Environ 350 000 personnes se retrouvent ainsi sans papiers, et donc sans aucun droit, notamment de travailler, se loger, circuler… alors même que, en raison de leur situation familiale, de leur travail, de la durée de leur présence en France, de leur insertion dans la société ou des risques qu’ils encourent dans leur pays, ils auraient vocation à obtenir

un droit au séjour.

La fermeture des guichets fabrique des Sans Papiers !

Ce phénomène s’est aggravé avec la dématérialisation des prises de rendez-vous pour demander ou renouveler un titre de séjour. Tout se fait par internet. Aucune alternative n’est proposée et les créneaux sont totalement saturés, parfois depuis des années. La crise sanitaire a renforcé ces difficultés en généralisant cette dématérialisation.

Un très sévère rapport du Défenseur des Droits dénonçait déjà en 2019 le blocage quasi complet des accès à la préfecture de l’Hérault, et demandait impérativement un accès alternatif au « tout digital ». Le Préfet y est resté sourd.

Les interminables files d’attente n’ont pas disparu, elles sont devenues virtuelles !

Nous étranger-e-s, qui vivons, travaillons, étudions parmi vous, sommes privé-e-s, de fait, du droit de déposer notre dossier de régularisation.

Alors que la crise sanitaire nous a frappé-e-s durement parmi les plus précaires, alors que nous avons été au premier rang des travailleurs les plus exposés, alors que de nombreux besoins en main d’œuvre ne sont pas satisfaits dans l’Hérault, alors que des patrons solidaires se mobilisent ici et dans toute la France pour garder leurs apprenti-e-s en instance d’expulsion, nous, Demandeur-se-s de Papiers nous sommes organisé-e-s en collectif pour revendiquer ensemble le droit à une vie décente et à la régularisation.

Aujourd’hui, face au mur de silence opposé par l’administration, nous demandons juste à être reçu-e-s en délégation par le Préfet pour pouvoir déposer et défendre équitablement nos dossiers de régularisation.

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Source: Lepressoir-info.org