Après le génie militaire le génie climatique

Des avenirs sans avenir se suivent

Comme des instants entre eux, se suivent,

Par loyauté

Pour la minutie des secondes

Qui gondent

Et qui dégondent

Les dynasties de condés

Qui nous parlent d’amour.

Et les positions s’inversent.

Victimes universelles du regard des passants :

Les menus des restaurants de la promenade du port

Nous regardent, passant,

Avec des yeux de périnées azimutant le vague.

Je dis pas que ces menus

Regardent ces corps

Flottants, aux yeux blanchis par l’iode ;

Je dis c’est au menu,

Mais qu’il y a aussi les poissons roses,

Les viandes rouges et le menu enfants.

C’est bien. J’ai jamais su choisir au restaurant.

Tous les turfus possibles pour le commun des morts

Nous scrutent, alors tâchons –

Par un effort, disons, mental,

Ma foi, mais tout petit,

– d’avoir l’air appétissants

à l’heure d’être choisis par la carte.

.♪.

Il faut que je me dise d’arrêter avec la réflexivité.

C’est-à-dire : de fourrer avec le pouce et dans la vie la possibilité – mais alors la fourrer dans la vie comme un fait possible, imminent, advenu – la possibilité :

1. d’avoir été plus fin ;

2. selon d’autres principes plus vrais, prévus, appelés à figurer dans les crédits du générique de La justice des temps, dans vos salles un jour prochain ;

3. d’adjoindre une réalité pas commensurable qui dépasse et – bim ! dans ta face – inclut la réalité-ci.

On voit le problème. Est-ce que vous le voyez ? Je …

Par conséquent : si j’entends dire « trop bon trop con »

J’embrasse le malheureux.

Un con se donne pas raison pour les autres,

Moi si,

C’est comme ça qu’il s’handicape

Dans la distinction évolutive.

Alors j’entre dans la distinction, et je le sauve !

Comme Janis Jospin

Qui surmixa l’héroïsme.

.♪.

La clim tourne à l’intérieur,

Les clients boivent le pastis dehors, 

Le ventilateur d’air chaud ventile les glaçons,

C’est l’ironie.

L’équilibre fragile de la boisson s’altère

Et les clients trop gorgés d’eau bientôt

S’en vont jeter leur pisse du haut du port

Sur les passants et les poissons

Qui lx leur rendront bien.

Aujourd’hui, il fait trop chaud pour assassiner les gouvernements.

En cuisine, un maître-queux s’agite au frais

Pour nous la mettre.

{}.♪. dans l’cul .♫.

Pour faire un beau régicide

Pour faire un beau régicide

Plusieurs moyens

On peut s’abonner aux journal

Et laisser faire le temps

On peut coller des affiches

Et laisser faire les gens

On peut se procurer des pinces

Pour faire mal

Où ça fait mal – c’est-à-dire

Où il fait mal – c’est-à-dire

Le corps

On peut faire stratégiquement :

1. Faire mine de se faire sauter sur une mine

– en défendant le Sacré Cœur

contre les hordes là

de La Chapelle de Saint-Denis

qui traversent la ville

sans les chapelets ni crucifix

des lois laïques –

2. Sauter – aux funérailles nationales

où ce faux-semblant de héros mort

vaut un faire-part aux premières loges

en chêne épais –

Sauter au cou du President MC

comme pour faire une surprise

à un ami.

3. Sauter à son cou avec les mains tendues et vides ou

avec les mains tendues et

équipées

pour lui faire passer le goût

de conjuguer

les verbes

pour lui faire passer le goût de faire voir de faire parler de faire taire

pour lui faire passer le goût de faire savoir de faire se mouvoir de faire arrêter

pour lui faire passer le goût de faire sacrifice de faire pénitence de faire charité

pour lui faire passer le goût de faire faire le goût de faire faire faire

le goût de faire, le goût de faire le goût

le goût des affaires

le goût de faire pour de faire sans de faire avec

le goût de faire comme si de faire semblant de faire vrai

le goût de faire peu de faire un peu de faire juste

le goût de faire mieux de faire au mieux de faire bien

le goût de faire comme nous de faire parti de faire humain,

et le goût de faire plaisir

aux gens.

Le faire passer.



Mathieu Farizier


Article publié le 24 Juin 2019 sur Lundi.am