On se l’est tou-te-s dit, mais ça fait jamais de mal de se le répéter : c’était chouette. Le programme déboîtait, on a ri en soirées, appris des différentes luttes et collectifs, débattu… C’était aussi l’occasion de se rappeler, ou de réaliser l’importance d’un lieu comme ça, en centre-ville, où on peut passer à tout moment. Ça laisse de la place à la discussion entre gen-te-s qui se croisent pas tous les quatre matins et ça ouvre quelques opportunités pour s’organiser ensemble de manière spontanée. On a pu aller au delà de nos groupes affinitaires et se laisser un peu surprendre au fil des discussions.

On a aussi pu articuler notre ancrage local avec les expériences d’ailleurs, celles qui donnent des idées, ou tout simplement du courage pour lutter contre ce monde de merde !

Le programme était vaste et abordait quelques problématiques qu’on explore que rarement en profondeur : traduction, antipsy, longues peines, travail du sexe…

On a particulièrement apprécié l’intervention des meufs du STRASS et l’atelier radio.

Parfois, on s’est demandé-e-s si les ateliers prêchaient pas des convaincu-e-s. Mais certains débats ont mis en évidence des lignes de fracture inattendues entre nous, notamment autour du racisme et du sexisme.

On a pas ou peu parlé de la loi travail dans les ateliers, mais en “off” la résistance s’est bel et bien organisée. Le off, n’était-ce pas là d’ailleurs le principal intérêt de ces 10 jours ? Les complicités qui s’y sont créées se retrouvent déjà dans la rue et dans les gestes. C’est le genre de semaine qui accélère l’histoire de nos luttes, qui jette des ponts entre nos différentes chapelles. On s’est connu-e-s à la CREA et on se reconnaît maintenant en manif. Ca donne du courage… et tout simplement le sourire.

On se souviendra aussi que ces 10 jours permettaient de récolter de la thune pour les luttes de la CREA à venir. Parce que même si on s’est bien amusé-e-s, on sait que l’Etat, les flics et autres procs n’oublieront pas bien longtemps le 58 allées Jean Jaurès. Pourtant, si on se prend à rêver, on aimerait tellement avoir un centre social qui dure…

On espère en partager d’autres des moments comme celui-ci, que les liens créés persistent et se renforcent, que nos luttes ne se rejoignent pas qu’en mots mais aussi en actes.

On ne peut pas conclure sans dire merci à tou-te-s celles et ceux qui ont organisé l’évènement et qui n’ont pas du beaucoup dormir entre le 15 et le 24 avril…

Merci… et désolé aussi aux habitant-e-s qu’on a un peu envahi.

Que ces 10 jours d’autodéfense se prolongent dans la rue, dans les quartiers, dans les squats, dans nos vies ! Pour 365 jours d’autodéfense populaire !




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