Le mouvement étudiant de la fin des années 1960 reste relativement impensé ; et ce, en dépit, ou à cause, de la prolifération discursive autour de « 1968 » (événement lui-même souvent réduit au mois de mai 68 en France). « Mai 68 » est devenu le signifiant associé à une révolte générationnelle et à l’amorce d’un processus de modernisation des mœurs et de la vie quotidienne. « Mouvement étudiant », au contraire, signifie, ou devrait signifier, un processus politique dont la lecture serait menée avec les catégories aptes à en saisir la politicité : à ce titre, une lecture entièrement différente du jargon socio-psycho-logique qui surdétermine les interprétations dominantes de la mobilisation étudiante. Peut-on essayer de saisir la valeur politique du mouvement étudiant ? En quoi cette valeur s’articule à la nature « étudiante » dudit mouvement ? Quelle sorte de politisation peut-on identifier dans l’investissement antagoniste de la condition étudiante et des institutions censées transmettre et reproduire le savoir ?