Décembre 28, 2022
Par Le Mouton Noir (QC)
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L’auteur fait partie de l’Initiative de journalisme local

                La ville de Rimouski a réalisé il y a peu un appel à la population pour l’inviter à s’exprimer sur la place que l’arbre devrait prendre au sein de l’espace urbain.

Cette nouvelle politique souhaite produire un plan d’action pour réduire les îlots de chaleurs ainsi que la pollution de l’aire. Ce qui aura pour effet d’améliorer la qualité de vie des habitantes et habitants.

Le projet de l’arbre interroge avec pertinence le design de l’urbanisation de Rimouski. Seulement, lorsqu’on s’intéresse à cette question dans la littérature universitaire, on constate un point très intéressant : le design des villes n’est pas neutre, bien au contraire, il est à l’image de valeurs prônées par la politique dominante.

Le rapport avec les arbres est que les villes plantent majoritairement (pour ne pas dire exclusivement) des arbres mâles. La raison de cette domination masculine est très simple : les arbres femelles produisent des fleurs et des fruits qui tombent au sol, y pourrissent, salissent la chaussée, les trottoirs, les routes et les voitures. Ce qui ajoute des tâches au service public de nettoyage. Alors que les arbres mâles ne produisent que du pollen, rien de plus, rien de moins. Très pratique.

Mais le pollen, qu’émettent chaque printemps tous ces arbres mâles, provoque de vives allergies dans la population. C’est là un prix fort cher à payer pour la population contre une certaine forme d’économie de moyens en évitant de s’occuper des sous-produits des arbres femelles.

Les désavantages de ce favoritisme ne s’arrêtent pas là. Il s’avère que les arbres mâles sont bien moins efficaces que les femelles pour filtrer les polluants de l’air. Alors que leur présence dans nos milieux est justifiée par cette tâche de filtration, sans oublier les tâches de verdir les villes, ombrager les places, etc.

En conséquence, si on respecte une parité végétale, on éviterait un pollen trop intrusif, car les femelles l’absorberont, pour produire des fleurs et des fruits.

Pour conclure, nos espaces urbains traduisent bien les valeurs politiques, ici l’économie au profit des personnes. En espérant que la volonté de revitaliser le centre-ville ne va pas tomber dans les mêmes pièges.

Sources :

Ville de Rimouski : https://rimouski.ca/services/citoyens/environnement

Expert.es bénévol.es : https://icistrobert.weebly.com

Rebekka Endler, Le patriarcat des objets, Paris, Edition Dalva, 2022, p. 43-44.




Source: Moutonnoir.com