Juillet 10, 2022
Par À Contretemps
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■ Psychiatre et psychanalyste d’origine catalane, François Tosquelles, né à Reus en 1912 et mort à Granges-sur-Lot en 1994, fut l’un des fondateurs de la psychothérapie institutionnelle. Il participa en 1935 à la fondation du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) et s’engagea, durant la guerre civile espagnole, dans ses milices où il exerça sa spécialité. Interné à Septfonds au lendemain de la victoire des franquistes, il prit en charge, sans autres professionnels que lui, l’hôpital de fortune du camp et y favorisa nombre d’évasions en lien avec des réseaux locaux de résistance.

L’entretien que nous reprenons ici fut originellement publié, sous le titre « Une politique de la folie », dans le n° 13 – automne 1991, pp. 66-81 – de l’excellente Chimères, revue des schizo-analyses. Il s’agit là d’une transcription intégrale de la contribution de Tosquelles au film de Danielle Sivadon, François Pain et Jean-Claude Polack : François Tosquelles, une politique de la folie, produit en 1989 par Anabase Film. Vifs, originaux, en tout point hétérodoxes, les propos de Tosquelles, entrecoupés de mises en perspective historique et de contextualisations, sont comme autant de scintillements d’intelligence analytiques où, de sa formation de psychiatre sur le tas à sa participation à la guerre d’Espagne, des camps du mépris à l’exaltante expérience de l’asile de Saint-Alban (Lozère), l’étrange étranger qu’il fut nous réconcilie avec l’idée d’insoumission définitive et ce droit au vagabondage qui devrait être – comme il le dit – le premier des droits humains.

Tosquelles exerça à Saint-Alban de 1940 à 1962, d’abord comme infirmier – puisque ses diplômes espagnols n’étaient pas reconnus valides pour être médecin –, puis comme médecin-chef à partir de 1952 – après avoir été naturalisé en 1948 et avoir dû recommencer toute sa formation. C’est à Saint-Alban qu’il rencontra Jean Oury et Frantz Fanon et, à partir de l’expérience de Saint-Alban, qu’il tissa des liens d’amitié indéfectibles avec Roger Gentis, Félix Guattari, Henri Vermorel, Hélène Chaigneau et beaucoup d’autres artisans de la psychothérapie institutionnelle, dont la clinique de La Borde fut un haut lieu.

Protéiforme, l’œuvre écrite de Tosquelles fait l’objet de bibliographies consultables sur Internet. Sur Tosquelles, nous recommanderons, pour ce qui nous concerne, un livre de récente parution : Carles Guerra et Joana Masó (dir.), La Déconniatrie. Art, exil et psychiatrie autour de François Tosquelles, Arcàdia, 2021.

Bonne lecture !

À contretemps




Source: Acontretemps.org