Juin 4, 2022
Par Dijoncter
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La politique agricole de la ville de Dijon a consisté à acheter des terres très peu fertiles sur les plateaux calcaire à l’Ouest de la ville au lieu de protéger les dernières terres maraîchères de la ville et les terres fertiles. Un gaspillage d’argent public, d’autant que la « Forêt des enfants » plantée sur ces plateaux a crevé avec la sécheresse.

De façon à contrer les protestations des jardinièr·es des Lentillères qui s’égosillent depuis plus de 10 ans à expliquer que la ville de Dijon sacrifie les dernières terres maraîchères qui restaient pour ses projets de bétonisation, la ville de Dijon a acheté quelques terres agricoles sur le plateau de la Cra et la ferme de la Motte Giron. Officiellement pour récupérer quelques pieds de vigne, destinés à alimenter en vin les très nombreuses inaugurations dont raffolent nos élu·es. Mais des actions de communication ne peuvent faire illusion bien longtemps. Plutôt que d’acheter des terres ingrates dont bien peu de gens ne voulaient sur les plateaux calcaire à l’Ouest de la métropole, il aurait été beaucoup plus judicieux de protéger les très bonnes terres agricoles à l’Est comme à Beauregard et à Saint-Apolinaire transformées depuis en zone d’activité. Pour préserver le potentiel agricole de la métropole, plutôt que d’acheter ces terres ingrates et peu fertiles sur les plateaux calcaires à l’Ouest de Dijon, il aurait mieux valu soutenir les maraîchèr·es des Lentillères et celles et ceux des jardins de l’Engrenage [1]. Les jardinièr·es occupant·es n’ont pourtant pas ménagé leur énergie pour attirer l’attention de la mairie de Dijon sur l’enjeu agricole de ces lieux. Mais pour Rebsamen, le béton et ses rêves de grandeurs ont beaucoup plus d’importance que la préservation du vivant.

Comme il fallait bien faire quelque chose de ces terres guère fertiles achetées, la ville de Dijon a d’abord implanté la « forêt des enfants » sur ces terres du plateau de la Cra : les familles étaient invitées à venir avec leurs enfants pour que chaque enfant puisse planter son arbre et revenir voir ensuite quelques années plus tard le solide chêne qu’il aurait planté. Les élu·es adorent ce type d’événement qui permet de serrer des mains, de faire une photo avec les électeurs-électrices. Mais depuis ces arbres plantés sur le plateau de la Cra ont tous crevé avec la sécheresse ! Eh oui, ce n’est pas une zone forestière et l’eau s’infiltre dans le calcaire. Faut espérer que les familles ne soient pas revenus voir leur arbre grandir. Tant d’incompétence laisse pantois. M. Bordat, l’élu en charge du dossier de l’agriculture péri-urbaine, se présente pourtant comme un expert agricole.

Tant qu’à avoir acheté des terres agricoles et d’en être propriétaire, la ville de Dijon aurait pu imposer des contraintes environnementales aux agriculteurs à qui étaient louées ces terres pour les sortir de l’agriculture productiviste. Par exemple, imposer de l’agriculture biologique pour éviter de doper ces terres aux pesticides, responsable de la pollution de nos rivières. C’est ce que demandent d’ailleurs les habitant·es de Corcelles-les-Monts qui dégustent les pesticides lors des épandages. Mais même cela, malgré leurs discours d’écologie plein la bouche, Rebsamen et Bordat, n’en veulent pas et préfèrent l’épandage des pesticides.

Tant d’incompétence, de gaspillage d’argent public et de greenwashing laisse pantois.

Un habitant de Dijon




Source: Dijoncter.info