Octobre 29, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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Par Sihame Assbague, journaliste indépendante

À Argenteuil, oĂč Olivio a grandi, et dans le quartier Beauregard Ă  Poissy, oĂč il vivait, la nouvelle a Ă©tĂ© accueillie avec soulagement. Mais les questions et frustrations demeurent. La tristesse d’avoir perdu un ĂȘtre cher, un « exemple, aimĂ© de tous Â», se mĂȘle Ă  la colĂšre froide suscitĂ©e par les circonstances de ce crime et son traitement mĂ©diatique.

En effet, quelques heures seulement aprĂšs le dĂ©cĂšs de ce pĂšre de famille, se fondant sans recul sur la version officielle, de nombreux journaux titraient « un chauffard abattu par un policier Â» et faisaient mention d’une « folle course-poursuite Â». Tous ont repris la thĂšse selon laquelle le policier aurait agi en Ă©tat de « lĂ©gitime dĂ©fense Â» face Ă  un conducteur qui, nous a-t-on dit, voulait lui « foncer dessus Â». ProblĂšme ? Tout ceci est mis en cause par les rĂ©cits de deux tĂ©moins oculaires, passagers de sa voiture au moment des faits. Et les premiers Ă©lĂ©ments de l’enquĂȘte leur donnent plutĂŽt raison.

Que s’est-il passĂ© ?

Ce soir-lĂ , Olivio Gomes part rejoindre des amis, d’abord Ă  la DĂ©fense puis Ă  Paris, pour profiter d’une derniĂšre soirĂ©e avant le dĂ©but du couvre-feu. Deux de ses proches, Nabil* et Sofiane*, l’accompagnent. Ils feront les trajets aller et retour ensemble, dans la Clio 3 conduite par Olivio. Avant de regagner leurs domiciles, dans les Yvelines, ils dĂ©cident d’aller acheter de quoi manger. Il est minuit passĂ©. Alors qu’ils se trouvent devant un restaurant de la capitale, une premiĂšre patrouille de police les arrĂȘte. « Ils nous ont demandĂ© ce qu’on faisait lĂ , on leur a expliquĂ© et ils nous ont laissĂ©s partir. Ils nous ont juste rappelĂ© le couvre-feu et nous ont dit que comme c’était le premier soir, ils faisaient surtout de la prĂ©vention Â» raconte Nabil. L’interaction – dont on a pu penser au dĂ©but qu’elle avait un lien avec la suite des Ă©vĂ©nements – n’ira pas plus loin. Les yvelinois ne comptent de toute façon pas s’attarder.

« Il voulait absolument ramener la voiture Ă  sa femme Â»

AprĂšs avoir passĂ© leurs commandes, ils prennent donc la route pour rentrer chez eux. D’aprĂšs le parquet de Versailles, c’est Ă  la suite de « manoeuvres erratiques Â», sur le boulevard pĂ©riphĂ©rique, que la voiture aurait alors Ă©tĂ© repĂ©rĂ©e par une patrouille de la Brigade Anti-CriminalitĂ© de Paris. Dans sa dĂ©position Ă  l’IGPN, Nabil expliquera que ces mouvements Ă©taient dus Ă  un problĂšme de parallĂ©lisme des roues du vĂ©hicule. Une anomalie qui peut, effectivement, entraĂźner une certaine instabilitĂ©. Le parquet a, pour sa part, demandĂ© des analyses toxicologiques du dĂ©funt. Les rĂ©sultats sont encore attendus.

Ce qui est sĂ»r, c’est que la voiture d’Olivio fait une lĂ©gĂšre embardĂ©e sur son trajet. Et que trois hommes non-blancs y siĂšgent [2]. L’équipage de la BAC se met donc Ă  suivre la Clio. C’est lĂ  que les premiĂšres divergences de rĂ©cit apparaissent. Selon la version des policiers, relayĂ©e telle quelle par la presse le lendemain du drame, une « course-poursuite Â» se serait dĂšs lors engagĂ©e sur « plus de 25 km Â», de Paris Ă  Poissy. Nabil dĂ©ment formellement : « nous, au dĂ©but, on ne s’était mĂȘme pas rendu compte que la BAC nous suivait, il n’y avait rien qui permettait de les identifier
c’est quand ils ont mis le gyrophare qu’on s’est dit qu’il y avait un souci. Mais on avait dĂ©jĂ  fait un gros bout du chemin. Â»

D’aprĂšs lui et Sofiane, l’autre passager, ce n’est qu’un peu avant la bifurcation A12/A13, dans les Hauts-de-Seine donc, que la voiture de police aurait commencĂ© Ă  se manifester. Olivio allume alors les feux de dĂ©tresse pour faire comprendre Ă  l’équipage qui le suit qu’il a bien compris leurs injonctions et qu’il va s’arrĂȘter. Il le crie d’ailleurs aux policiers qui ont placĂ© leur vĂ©hicule Ă  cĂŽtĂ© du sien pour lui faire signe de se ranger sur le cĂŽtĂ©. « Quand ils se sont mis Ă  notre niveau, Olivio leur a indiquĂ© avec son bras qu’il allait sortir Ă  la prochaine, et on leur a dit qu’on n’était pas en train de faire une chasse, qu’on allait rouler tranquille et s’arrĂȘter Â» explique Nabil. « Olivio aurait pu s’arrĂȘter tout de suite Â» poursuit-il « mais il voulait absolument ramener la voiture en bas de chez lui pour ĂȘtre sĂ»r que sa femme l’ait le matin et qu’elle puisse l’utiliser pour les enfants Â».

Si Olivio prend cette disposition, c’est sans doute qu’il n’exclut pas la possibilitĂ© d’ĂȘtre arrĂȘtĂ© et placĂ© en garde Ă  vue. En effet, il roule sans permis – ce dernier ayant Ă©tĂ© annulĂ©. Pour autant, il ne prend pas la fuite. Selon les derniers Ă©lĂ©ments de l’enquĂȘte, on sait d’ailleurs qu’il roulait sans excĂšs, entre 80 et 110km/h sur l’autoroute, ne dĂ©passant jamais les limitations de vitesse. « On pensait vraiment que la police avait compris nos signaux, qu’ils nous suivaient normalement et qu’ils allaient nous interpeller dans le quartier, une fois garĂ©s  Â» indique Nabil. Aussi, la thĂšse de la tentative de fuite interroge. Elle interroge d’autant plus que d’une part, la voiture est immatriculĂ©e au nom de l’épouse d’Olivio Gomes – il aurait donc Ă©tĂ© retrouvĂ© dans tous les cas – et, d’autre part, il ramĂšne la police
 jusqu’en bas de chez lui. Ses proches questionnent Ă©galement l’absence de renforts policiers. «  Si c’était vraiment une course-poursuite, et sur un aussi long trajet, pourquoi n’ont-ils pas appelĂ© des collĂšgues ? Pourquoi n’ont-ils pas fait en sorte qu’il y ait un barrage routier ?  Â» demande Silvia*, l’une des cousines d’Olivio. Sur ce dernier point, la brigade affirme que sa « Radio Police Â» Ă©tait en panne ce soir-lĂ  ; elle n’aurait donc pas pu demander l’intervention de policiers des Yvelines. Une rĂ©ponse qui ne convainc pas du tout les proches d’Olivio.

Le policier tire 3 coups de feu, Ă  bout pourtant

Les deux vĂ©hicules vont se suivre jusque dans le quartier Beauregard, Ă  Poissy. C’est lĂ  que vivent Olivio, sa femme et leurs trois enfants ĂągĂ©s de 5, 4 et 1 ans. D’aprĂšs le tĂ©moignage des deux amis qui l’accompagnaient, il aurait alors quittĂ© la chaussĂ©e et placĂ© sa voiture sur un trottoir, sur l’un des emplacements prĂ©vus pour le stationnement des rĂ©sidents. Il insiste sur le fait que son ami s’est arrĂȘtĂ© de lui-mĂȘme sur ce parking et que, contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© rapportĂ© par plusieurs mĂ©dias, il n’a pas « perdu le contrĂŽle Â», ni « embouti une voiture garĂ©e sur la chaussĂ©e Â». Selon lui, c’est le vĂ©hicule de la BAC qui serait venu taper la Clio d’Olivio : «  en fait, il allait pour se garer mais la voiture de police est arrivĂ©e et l’a collĂ© sur le cĂŽtĂ©. Ils ont percutĂ© le cĂŽtĂ© conducteur, pas fort hein
 mais ils ont bloquĂ© sa portiĂšre.  Â»

C’est lĂ  que l’agent mis en cause sort de sa voiture. Tout se passe extrĂȘmement vite, en quelques secondes. Le policier intime aux trois amis de ne pas « faire les cons  Â» et de sortir de leur Clio « immĂ©diatement Â». Dans leur premiĂšre dĂ©position – lĂ  encore, largement reprise par la presse – les fonctionnaires prĂ©tendaient qu’Olivio avait tentĂ© de foncer sur l’un d’eux, obligeant ce dernier Ă  faire usage de son arme pour se protĂ©ger. Une version mise Ă  mal, d’une part, par les tĂ©moignages prĂ©cieux de Nabil et Sofiane, qui ont racontĂ© exactement la mĂȘme chose, une dizaine de fois, aux enquĂȘteurs qui les ont interrogĂ©s et, d’autre part, par les rĂ©sultats de l’autopsie et de la balistique.

Les deux tĂ©moins sont formels : contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© dit donc, Ă  aucun moment le policier ne s’est trouvĂ© devant le vĂ©hicule d’Olivio et Ă  aucun moment, il ne s’est trouvĂ© en danger. Il Ă©tait positionnĂ© dans la zone latĂ©rale gauche de la voiture conduite par Gomes. Et c’est lorsque ce dernier a tentĂ© de redĂ©marrer sa Clio, pour l’avancer, que l’agent lui a tirĂ© dessus. À bout portant. À trois reprises. Les balles ont brisĂ© la vitre du conducteur et touchĂ© son Ă©paule et omoplate gauches. L’étude de la trajectoire balistique et des impacts sur le corps du dĂ©funt ont ainsi aidĂ© Ă  dĂ©terminer la position exacte du tireur. À ce stade, on sait donc que l’agent ne faisait pas face au vĂ©hicule et qu’il Ă©tait sur le cĂŽtĂ©. On sait aussi que la voiture du pĂšre de famille a lĂ©gĂšrement bougĂ©. « En fait, Olivio venait Ă  peine d’appuyer sur l’accĂ©lĂ©rateur qu’on a entendu les coups de feu Â» raconte Nabil, encore sous le choc. Il ne saurait dire prĂ©cisĂ©ment pourquoi son ami a voulu avancer mais il balaie avec certitude l’accusation de « tentative d’homicide sur agent Â» dont il a Ă©tĂ© question au dĂ©but de l’enquĂȘte : « c’est allĂ© super vite, franchement, peut-ĂȘtre qu’Olivio a paniquĂ© en voyant comment Ă©taient les policiers
 mais c’est surtout que sa portiĂšre Ă©tait bloquĂ©e, il Ă©tait obligĂ© d’avancer la voiture pour en sortir
 et c’est ce qu’on lui avait demandĂ© Â».

Il ne comprend toujours pas pourquoi le policier a utilisĂ© son arme. Il rĂ©pĂšte en boucle que vu sa position, la configuration du lieu et la trajectoire potentielle d’Olivio – Ă  savoir en ligne droite, puisque bloquĂ© par le vĂ©hicule de la BAC Ă  gauche et par les voitures stationnĂ©es Ă  sa droite -, l’agent n’était pas en danger. Il se dit, par ailleurs, qu’étant donnĂ© la proximitĂ© du policier et son angle de tir, il ne pouvait pas ignorer qu’il toucherait Olivio aussi gravement. « Je me rejoue la scĂšne depuis vendredi. Je vais le dire comme je le pense : il a tirĂ© pour tuer Â». À noter que, comme nous l’apprend Le Parisien, cet agent de police, ĂągĂ© de 29 ans, a rejoint les forces de l’ordre en 2013, qu’il avait Ă©tĂ© affectĂ© Ă  la BAC en septembre, et qu’il est « moniteur de tir dans le cadre de ses activitĂ©s privĂ©es  Â».

Des tentatives d’intimidation ?

SonnĂ©s, les amis d’Olivio ne se rendent pas tout de suite compte que leur ami a pris les balles tirĂ©es par le fonctionnaire dans le corps. C’est lui qui leur criera : « Ils m’ont touchĂ© ! Ils m’ont touchĂ© !  Â». Ce seront ses derniers mots. Le pied sur l’accĂ©lĂ©rateur, il parvient Ă  rouler quelques mĂštres avant de s’effondrer au volant et de percuter une voiture stationnĂ©e un peu plus bas dans la rue. Les policiers sont juste derriĂšre. Nabil sort, les mains en l’air, et leur demande de secourir Olivio Gomes. Un policier lui aurait rĂ©pondu « non, ton pote va trĂšs bien, il n’a rien  Â», avant de jeter un coup d’oeil Ă  l’intĂ©rieur de la voiture et de constater qu’Olivio Ă©tait, effectivement, en sang et inconscient. Ils le sortent du vĂ©hicule et l’allongent sur le sol, une partie du corps sur la chaussĂ©e et l’autre sur le trottoir. Une scĂšne qui hante Nabil. « J’arrĂȘtais pas de crier, de leur dire de le mettre dans une meilleure position, en PLS (ndlr : position latĂ©rale de sĂ©curitĂ©) ou je sais pas  Â» raconte-t-il. Les policiers tentent alors de lui faire un massage cardiaque et appellent les secours. ArrivĂ©s rapidement sur place, les tentatives de rĂ©animation de ces derniers resteront vaines.

Nabil est le premier Ă  ĂȘtre arrĂȘtĂ© et placĂ© en garde Ă  vue pour complicitĂ© de « tentative d’homicide  Â» et « dĂ©lit de fuite Â». Sofiane qui, paniquĂ©, s’était cachĂ© derriĂšre une voiture et avait reçu un coup de cross Ă  la tĂȘte de la part d’un policier, le rejoindra au commissariat pour les mĂȘmes motifs. Ils y resteront prĂšs de 48h et sortiront sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. D’aprĂšs l’un des tĂ©moins, avant de les libĂ©rer, l’officier de police judiciaire aurait tout de mĂȘme pris le soin de leur interdire de parler Ă  qui que ce soit, a fortiori Ă  la presse, et de les avertir qu’en cas d’embrasement des quartiers, ils seraient tenus responsables et devraient en assumer les consĂ©quences. Et d’ajouter que cet avertissement viendrait de la procureure. Ces tentatives d’intimidation, rĂ©guliĂšrement dĂ©noncĂ©es par les familles de victimes et les collectifs de lutte contre les violences policiĂšres, n’ont pas empĂȘchĂ© les deux hommes de prendre attache avec la famille d’Olivio Gomes et de leur donner tous les dĂ©tails de cette intervention. Les proches le savent : sans l’aide de Nabil et Sofiane, sans leurs tĂ©moignages, il aurait sĂ»rement Ă©tĂ© plus difficile de contester la version officielle.

La famille, qui s’est constituĂ©e partie civile, attend dĂ©sormais la suite de la procĂ©dure. À l’instar de leur conseil, Me Mbaye, qui dĂ©nonce « une affaire particuliĂšrement choquante  Â», elle se rĂ©jouit qu’une qualification criminelle ait Ă©tĂ© retenue d’entrĂ©e. «  On a voulu nous faire croire qu’il avait tentĂ© de renverser un agent juste en bas de lĂ  oĂč vivent sa femme et ses enfants. Ça n’a pas de sens. Il faut ĂȘtre fou. C’était un pĂšre de famille responsable. Il n’aurait jamais fait un truc pareil
 et encore moins Ă  quelques mĂštres du domicile familial  Â» s’est insurgĂ© Leonel, son petit frĂšre.

Les tirs de « lĂ©gitime dĂ©fense Â» par les policiers, rĂ©guliĂšrement mis en cause

À Argenteuil et Poissy, toutes les personnes rencontrĂ©es cette semaine dans le cadre de cette enquĂȘte nous ont dressĂ© le mĂȘme portrait de ce jeune papa de 28 ans : un « trĂšs bon gars Â», « sociable et ouvert  Â», « toujours prĂȘt Ă  rendre service Â» et trĂšs attachĂ© Ă  sa famille. « Il aimait ses enfants plus que tout et n’aurait jamais fait quelque chose qui puisse leur nuire Â» prĂ©cise Silvia. Olivio avait entrepris des dĂ©marches pour entamer une formation de conducteur de bus. En attendant, il travaillait de nuit en tant que prĂ©parateur de commandes pour un grand groupe. «  Il rentrait Ă  l’aube mais ne se reposait mĂȘme pas, il enchaĂźnait direct avec la prĂ©paration des enfants. Il s’en occupait toute la journĂ©e le temps que sa femme rentre du travail et seulement aprĂšs, il s’autorisait Ă  aller dormir Â» raconte Amadou, l’un de ses proches. Ce lundi 26 octobre, l’émotion Ă©tait encore palpable devant la maison de cette grande famille originaire de GuinĂ©e-Bissau. Les proches attendent de pouvoir rĂ©cupĂ©rer le corps pour l’enterrer au pays. « On est croyant donc on accepte la mort quoi qu’il arrive, ça fait partie de la vie
 mais jamais on n’acceptera les conditions dans lesquelles il est parti. Jamais. Â» nous confiait Leonel dans la soirĂ©e.

Des « circonstances Â» qui rappellent bien d’autres drames. Ces derniĂšres annĂ©es, de nombreux hommes, majoritairement non-blancs, majoritairement non-armĂ©s, ont Ă©tĂ© tuĂ©s par des tirs policiers alors qu’ils se trouvaient au volant de leur voiture. C’est le cas de Gaye Camara, par exemple, tuĂ© d’une balle dans la tĂȘte par un policier, en janvier 2018 Ă  Épinay-sur-Seine ; d’Aboubakar Fofana, tuĂ© d’une balle dans le cou par un CRS, en juillet 2018, Ă  Nantes ; de Brahim Moussa, tuĂ© d’une balle par un policier, en dĂ©cembre 2018 Ă  Lille : ou encore de JĂ©rĂŽme Laronze, tuĂ© de trois balles par un gendarme, en mai 2017, Ă  Trivy. La « lĂ©gitime dĂ©fense Â» a systĂ©matiquement Ă©tĂ© utilisĂ©e pour justifier l’usage de l’arme Ă  feu
 et elle a systĂ©matiquement Ă©tĂ© contestĂ©e par les familles des victimes concernĂ©es qui non seulement interrogent sur la vĂ©racitĂ© des versions officielles mais pointent Ă©galement du doigt un «  permis de tuer  Â». Pour Nabil, « c’est comme si nos vies valaient moins. On sait trĂšs bien comment on est considĂ©rĂ© de toute façon. Regarde, la preuve : normalement, pour les mĂȘmes faits, Ă  la place du policier qui a tuĂ© Olivio, n’importe lequel d’entre nous aurait Ă©tĂ© placĂ© en mandat de dĂ©pĂŽt. Eux non, ils dorment chez eux. Â»

La famille d’Olivio Gomes organise une marche ce dimanche 1er novembre, Ă  13h, au dĂ©part de la rue Maurice Utrillo, Ă  Argenteuil. Un hommage qu’elle espĂšre Ă  l’image d’Olivio Gomes : familial, beau et digne. Pour lui donc. Et pour tous les autres.

Le lien de la cagnotte pour venir en aide à la famille d’Olivio




Source: Mars-infos.org