Mai 1, 2016
Par Marseille Infos Autonomes
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Ce texte va peut être ressembler a n’importe quel texte mais il reflète ce que je pense.

Il s’agit d’un retour personnel sur la manif’ du 28 avril ainsi que celles qui s’étant déroulées avant et de la situation actuelle.

La violence, parlons en. Omniprésente depuis le début de ce mouvement contre la loi El- Connerie, elle a atteint un seuil de non-retour hier. La question que l’on pourrait se poser est :

Où se trouve réllement la violence ?

Vers 13h, alors que la « manif’ sauvage » s’engageait de nouveau sur Baille (après un petit tour de santé), l’assaut a été quasi-immédiat de la part des bâtards CRSiens, les baqueux se tenaient bien évidemment pas loin, attendant courageusement leur tour.

En effet, la manif’ a à peine eu le temps de se poser que les gaz lacrymogènes volaient déjà et que les détonations des grenades de désencerclement résonnaient.

Pour moi cela signifie qu’à partir d’aujourd’hui avant chaque manif’ lié à ce mouvement je ne pourrais pas m’imaginer finir calmement et dans de bonnes conditions un événement qui ne fait que refléter la frustration, la colère et le désarroi de jeunes, moins jeunes et d’anciens travailleurs et que les forces de l’ordre ne laisse pas s’exprimer. La répression est et sera systématique. C’est par la peur qu’on veut nous disperser, ça a réussi hier. L’attaque était tellement brutale et surprenante que bon nombre de manifestants se sont enfuis (terrorisés par cet excès de violence pure) avant de revenir.

La bonne nouvelle c’est que malgré la peur, beaucoup de gens sont restés, et ont affrontés ces connards avec leur(s) moyens, qui disons nous le bien, n’ont rien de comparable avec ceux des « gardiens de la paix » ( on se demande si c’est bien la paix qu’ils gardent).

Maintenant on nous appelle « casseurs », on nous qualifie « d’ultraminoritaire usant de violence nihiliste » on demande même aux autres manifestants de ne pas manifester avec nous comme l’illustre la séparation qui a eu lieu à Paris entre CGTistes et « casseurs » (merci les gros bras de la SO de la CGT).

Le gouvernement dénonce et condamne nos « agissements irresponsables », qualifie nos actions de « comportements inacceptables », et de « débordements inadmissibles »

Posons nous maintenant une simple question

Qui sont réellement les ultraminoritaire usant de violence ????

Les centaines/milliers de révolté(e)s qui s’expriment et se battent pour leurs droits (droits qu’on leur réfute d’ailleurs) sont-ils les plus violents ? Sont ils/elles armé(e)s ? Oui, c’est vrai, ils sont armé(e)s de leurs poings, d’oeuf, de masque à gaz faits maison, de bouteilles de verres, de poubelles, bien d’armes de fortunes donc… des armes de rue quoi, pas des armes par essence mortelles.

Mais que sont réellement ces armes face aux flashball ? aux gaz ? aux matraques, aux boucliers, aux casques, aux armures de startrooper, et au plaisir évident qu’ont ces baqueux/CRS à gazer/matraquer des gens qui courent pour sauver leur peau ? (regardez l’article sur paris-lutte.info à propos du CRS avec la tête de mort sur la marque)

Pardon c’est vrai je m’égare, s’ils font tout ça c’est sous les ordres de leurs supérieurs comme le diraient certains, ils peuvent justifier que « les ordres sont les ordres » (ça rappelle quelque chose non ?). Beaucoup de gens ont l’air de penser que les keufs et autres n’aiment pas se dresser contre des citoyens de leurs propres pays. Ils ne font qu’obéir aux ordres, cependant des personnes qui ont pour outil de travail une matraque et un flingue sont forcément des pourritures. Plutôt que de porter l’arme, ils auraient mieux fait de rester cassos.

Donc pour moi, l’ultraminorité violente n’est pas la où l’État le situe. Je voudrais donc remercier Anne Hidalgo de s’en être rendu compte et de condamner la violence qu’ont subit les copains parisiens pendant la manif’ à Paris.

Quant à lui, Valls a presque fait un sans faute, il s’est trompé sur la dernière phrase, mais bon une petite connerie de plus, qu’est ce que ça peut faire au stade où on en est ? Il a presque réussi à dire une chose crédible.

La violence que l’état dénonce, et qu’elle condamne, l’état s’en sert encore plus.

D’autres part, une personne membre de la manifestation a osé me faire la remarque, alors que j’étais masqué et équipé pour ME PROTÉGER (comme la plupart des gens présents en fait), que « c’est la faute de gens comme vous », et « qui provoquent la police » que les manifestations finissent dans la violence et la répression. Il n’y a pas besoin de la présence de « casseurs » (je ne me définis pas comme un casseur moi-même, et je suis prêt à parier que beaucoup de « casseurs » ne se voient pas forcément comme des casseurs) pour que les autres connards passent à l’assaut…

Cette remarque m’a choqué et révolté au plus haut point, et après une certaine envie de lui mettre mon poing dans la gueule, je me suis ravisé et je me suis rendu compte à quel point nous sommes séparés au sein du même mouvement.

Il y a une dynamique de convergence des luttes autour du mouvement que nous rencontrons aujourd’hui dans la rue (Nuit debout, actions, manifestations sauvages, manifestations pacifiques, discussions, AG).

Cependant, on dirait que certains ne comprennent pas ces deux mots. La convergence des luttes devrait être le fait de rassembler/réunir/lier/partager plusieurs manières de lutter.

Par différentes luttes j’entends celles citées plus haut (par exemple). Ainsi dans cette dynamique, nous retrouvons des gens pour parler, négocier, proposer, modifier, et d’autres pour agir, et enfin d’autres qui font les deux.

C’est un choix de se retrouver en début de manif’ sauvage, comme c’est un choix de rester en retrait, de rester dans la masse et de lutter d’une autre manière.

La violence qu’on utilise n’est qu’une violence provoquée par la répression elle-même, où sont les « casseurs assoiffés de sang » ? Parlons plutôt des casqués assoiffés de sang, il y en a plus.

Conclusion sur les « casseurs » .

Nous ne sommes pas des assoiffés de sang, nous sommes, cagoulés, masqué, protégés, clairement là pour aller à l’affrontement. MAIS NOUS NE FAISONS PAS PARTIE DE LA MANIFESTATION AU MÊME TITRE QUE LES AUTRES MANIFESTANTS. Nous ne profitons pas de cette foule pour s’y glisser et s’y cacher. Non, nous sommes présents et visibles avant le début de la marche. Et les manifestants nous suivent (sauf quand ils ont plusieurs itinéraires tracés), même si certains maronnent… Des gens nous ont accompagné alors qu’on lançait des bouteilles, des gravats avec leur propre façon de lutter.

Des syndicats nous traitent de « casseurs », « sauvages », comme le gouvernement et les keufs. .

Mais quelle est la pire violence ? Celle qu’on utilise lorsqu’on est protégé (comme les casqué) ou la violence sauvage qui naît d’un sentiment d’injustice et d’un ras-le-bol collectif ?




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