Poésie

Un soir, le vénéré Président Jupiter

parla solennellement aux administré·es

de sa voix grave et posée : « Nous sommes en guerre !

Chez vous, devrez absolument rester cloîtré·es !

Il ne s’agit point d’une vulgaire guéguerre…

et oui, dans ce merdier, nous sommes empêtré·es.

Vous ne vous promènerez plus comme naguère,

uniquement pour le manger ou travailler !

Je vous le dis, à la guerre comme à la guerre ! »

Docilement finirent par s’embastiller

Raisonnables, responsables, ils appliquèrent.

Il n’était pas question de se chamailler.

Enfin, un jour, même leurs droits, ils abdiquèrent

sur le sacro-saint autel de l’économie.

Ce fut alors que les choses se compliquèrent.

Il fallait faire face à cette pandémie.

Faire front, surtout faire face à plus d’un mètre

pour relever à tout prix notre économie.

Si des dettes aux enfants nous voulons transmettre,

en ne travaillant point, nous y arriverons.

Au travail rapidement il faut se remettre.

En guerre. Les salarié·es… les escadrons

espéraient uniquement pouvoir s’en sortir…

être en vie, pas de quoi faire les fanfarons.

Le président allait de nouveau compatir

saluer le dévouement des nouveaux Héros

encore des sacrifices à consentir.

Pour ne pas oublier, peut-être un brasero ?

Sur les Champs, à tous les travailleurs méconnus !

Cela pourrait devenir notre Ground zero.

Sans elles, sans eux que serions-nous devenus !!!!

Dominique Sureau


Article publié le 30 Mai 2020 sur Unioncommunistelibertaire.org