Janvier 22, 2021
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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La chute est raide quand on tombe

dans nos trous de mémoire

28 mai 1871

La révolte m’a attiré à elle

Se sentir considéré

désirable

Ça n’a pas de prix

après une existence de chien errant

à baisser les yeux et crever pour un rien

Elle est ROUGE ma belle Communarde

Pas Cardinale

Douce et piquante sur les lèvres

Le champ de la peau

Chant de l’appeau

Lape-eau

J’ai le goût de son sexe sur les lèvres quand elle court vers la barricade

Sa silhouette se dissout

dans le déluge de feu qui tombe du ciel juste après

Marre de sang

Tout ce qui reste de mon Amour

ma Peau

mon Âme

ma République

J’agonise

le nez dans le ruisseau

Varlin s’est envolé

Blanqui sous les verrous

Courbet s’est pris une colonne

On pourra cracher sur nous

pendant 30 000 otages

On essaiera de nous effacer

Et comme l’histoire se répète

d’autres viendront après nous semer

ce qu’on a récolté

et mettre leur pied au derche

de ces Républicains

qui défendent le bien privé

sabrant la République universelle

Amen la Sociale

Louise Michel y a planté un drapeau

Écran de fumée

Rideau

NOIR

Il y a peu d’incompétents à la tête

de l’État

mais des bons

siphonneurs de patrimoine

beaux parleurs savamment conseillés

qui serviraient amis ou ennemis

tant que les écus tintent rond

De monarchie en république

l’empire des couvre-feux tente d’étouffer le feu qui couve

La nature se débat contre 1 %

de pyromanes

Ne reprochez pas aux vautours

leur manque d’altruisme

Ils pensent charité

souriant poliment

Ils mouilleraient leur chemise

pour que vous puissiez vous exprimer

Tant que ça leur rapporte

Mais ils vous écorcheront

si vous parlez d’égales contributions

Ils passent la solidarité à la mitrailleuse ou à la bourse

vous racleront les os

s’ils vous voient blessé

D ‘obscurs experts trouveront des moyens pour que vous rapportiez£

plus au travail

plus au chômage

même après votre mort

J’ai mal

Sur le charnier brillant de luttes aux pies

je saigne

merles moqueurs

vous construirez une entreprise de rêve

On a chahuté l’Église

Fous de dieu qui voulaient monopoliser l’éducation

fabriquer des hommes chair à usine

à canon

des femmes-génisses accouchant d’une armée de petits soldats de travailleurs

ignares craintifs braillards et bigots

Elles ont voulu s’élever plus haut que

le clocher des églises

défié la religion du bâton et de la honte

du renoncement à la vie

N’oubliez pas

Pour étouffer nos chants

on a tracé une ligne de myrrhe

jusqu’au cœur de Paris

On les a taxés de péché de vie coupable

Le confessionnal au bout du chemin

Ils ont dressé un Sacré-cœur magnifique

pour écraser à jamais sous des tonnes d’orgueil

la volonté de justice

le désir d’une vie digne

Je n’en veux pas à mort aux forces

de l’ordre

d’avoir tiré sur nous

elles sont là pour obéir

pas pour réfléchir à qui menace vraiment le bien COMMUN

Argiolas M.




Source: Unioncommunistelibertaire.org