Octobre 20, 2020
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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« Si demain les femmes se rĂ©veillaient et dĂ©cidaient qu’elles aiment vraiment leur corps, imaginez le nombre d’industries qui feraient faillite Â» cette citation de Gail Dines, sociologue et fĂ©ministe radicale amĂ©ricano-britannique, a trouvĂ© une illustration avec la crise du marchĂ© du rouge Ă  lĂšvres due au port du masque.

Moins de sorties pendant le confinement, le port du masque obligatoire, et une reprise faible Ă  la rĂ©ouverture des magasins, le marchĂ© du maquillage est Ă  la baisse. 17 % de baisse pour le marchĂ© global des cosmĂ©tiques de janvier Ă  aoĂ»t, 53 % de baisse pour le maquillage et encore plus pour le rouge Ă  lĂšvres [1]. Comme cette volontĂ© n’est pas politique, malheureusement, les ventes de mascara s’envolent. Mais cette baisse ouvre des perspectives.

Le self-esteem pour répondre aux injonctions physiques

Imaginons que les femmes se satisfassent de leur apparence : plus de maquillage, plus de shampoings miracles, de teintures, de rajeunissants de la peau, de nettoyeurs de vulves, de produits divers pour Ă©liminer les poils, de dentifrice spĂ©cial dents de femmes
 Et que du coup, elles se mettent Ă  trouver que, pour les vĂȘtements, les fringues ça doit surtout ĂȘtre confortable : disparition des chaussures faites pour tout sauf marcher, de la haute-couture et son mĂ©pris pour les femmes, des sous-vĂȘtements sexy selon les normes patriarcales, de la plupart des marques de vĂȘtements.
D’autres domaines pourraient ĂȘtre touchĂ©s : les fringues de sport girly et brillantes, les salles de sport et les nutritionnistes, tout ce qui est liĂ© aux rĂ©gimes et Ă 
l’amaigrissement, tous les produits alimentaires industriels allĂ©gĂ©s ou bidouillĂ©s

Aimer son corps pourrait conduire Ă  s’aimer en gĂ©nĂ©ral et ne plus vouloir ĂȘtre exploitĂ©e ou manipulĂ©e. On irait vers la fin des machines Ă  laver Ă  192 programmes et autres appareils superflus destinĂ©s Ă  faire croire aux femmes que leur valeur rĂ©side dans les compĂ©tences domestiques (en plus de leur conformitĂ© aux normes physiques) et que les Ă©quipements modernes sont la garantie du bonheur domestique.

Moins de publicités sexistes, plus de féminisme

Une bonne partie des secteurs de la chimie et de la pharmacie, de l’électromĂ©nager de l’agroalimentaire, du textile et de l’habillement se trouveraient en crise importante si les femmes arrĂȘtaient de consommer de l’inutile qui n’ajoute rien aux plaisirs et au bonheur, au contraire. Et le secteur de la pub disparaĂźtrait, emportant le marketing genrĂ© dans le nĂ©ant d’oĂč il n’aurait jamais dĂ» sortir. Ça fait rĂȘver non ?
Mais la rĂ©alitĂ©, c’est que les femmes subissent Ă  tout Ăąge, en permanence et en tout lieu une insupportable pression sur leur apparence. Une bonne dose d’estime de soi et un entourage bienveillant (ou un grand mĂ©pris pour l’avis des autres) pourrait permettre d’outrepasser les diktats publicitaires et patriarcaux quand ils essaient seulement de nous convaincre et qu’on est capable de les voir et dĂ©crypter. Mais comment se sortir des rĂšglements absurdes et sexistes, des initiatives des crĂ©tins qui ont un petit pouvoir de nous empĂȘcher de faire des choses ? Se regrouper et lutter, fortes et solidaires est sĂ»rement une partie de la solution.

Christine (UCL Sarthe)

cc Pixabay / Alanydak




Source: Unioncommunistelibertaire.org