Juillet 9, 2022
Par La Bogue
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Insuffisance de la capacité d’accueil de l’ULIS second degré au collège Eugène-Jamot (Aubusson) qui scolarise des élèves en situation de handicap : ça n’est plus possible !

A défaut de place en nombre suffisant, des élèves subissent des orientations par défaut : ici c’est un élève qui est contraint d’être maintenu dans l’école primaire dans laquelle il est aujourd’hui scolarisé. Là c’est un élève qui serait contraint de faire plus d’une heure et demie de trajet par jour pour se rendre dans une autre ULIS à Ahun.

Nous nous insurgeons contre ces orientations par défaut du fait de l’insuffisance de moyens du service public d’éducation en Creuse. Elles sont à rebours de l’affichage sans cesse répété de la « priorité au handicap » décrétée « grande cause nationale » du précédent quinquennat.

Lettre ouverte à l’inspecteur d’académie :

Monsieur l’inspecteur d’académie,

Nous revenons vers vous pour faire suite au comité technique spécial départemental (CTSD) du vendredi 24 juin au cours duquel nous avons évoqué la situation de l’ULIS [1] second degré au collège Eugène-Jamot.

Nous vous faisions part de la situation de l’élève M, en classe de CM2 scolarisé à l’école de Saint- Maixant. Bien qu’ayant une notification ULIS collège, l’inspection de l’Éducation nationale de la circonscription d’Aubusson faisait savoir à notre collègue, M. Sanch, que son élève ne pourrait « malheureusement pas être accueilli à l’ULIS collège d’Aubusson faute de place » et qu’il serait maintenu à Saint-Maixant et accompagné par une AESH [2].

Aujourd’hui, nous sommes alertés sur une nouvelle situation similaire. Il s’agit de l’élève C scolarisé à l’école de Saint-Silvain-Bellegarde en classe de CM2, résidant sur la commune de Maute, à qui il est proposé l’inscription à l’Ulis au collège d’Ahun. Ce lieu de scolarisation n’est pas sans poser des soucis à la famille compte tenu des délais de route qu’entrainerait ce choix d’orientation s’il était maintenu. Nous partageons la colère de la famille qui ne peut se résoudre à l’idée que leur enfant, dont le handicap est reconnu par la MDPH [3], soit contraint à de tels temps de trajet.

Nous rappelons que l’orientation des élèves en ULIS collège constitue l’aboutissement d’un travail de discussion avec les familles qui peut parfois être long et complexe. Ces orientations par défaut remettent en cause le travail produit par les équipes dans les écoles. Elles renvoient une image dégradée de l’Institution et sont à l’origine d’une colère légitime des familles à laquelle doivent faire face les équipes qui ont des difficultés à justifier de tels choix dont elles ne sont pas responsables.

Nous vous avons fait part de notre indignation en instance quand à la capacité d’accueil dépassée de l’ULIS au collège Eugène-Jamot. Elle conduit soit à des orientations par défaut comme dans le cas de l’élève M, soit à des temps de trajets importants voire excessifs qui sont à rebours des intérêts des élèves comme dans le cas de l’élève C. Cette nouvelle situation qui nous est remontée nous conforte dans notre légitime demande de moyens supplémentaires sur le collège Eugène-Jamot pour pouvoir accueillir les élèves dont l’orientation est validée par la MDPH dans un dispositif correspondant à leur besoin et de proximité.

Il ne nous semble pas acceptable que ce soit aux élèves les plus fragiles dont le handicap est reconnu de s’adapter à l’insuffisance des moyens du service public d’Éducation nationale. Il nous semble, au contraire que, conformément à la priorité accordée au handicap – grande cause du précédent quinquennat – c’est au service public de proposer aux élèves en situation de handicap les parcours adaptés àleur situation favorisant leur réussite et leur émancipation.




Source: Labogue.info