Janvier 9, 2022
Par Le Monde Libertaire
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L’ouvrage est l’autobiographie d’un petit voyou qui « rĂ©cupĂ©rĂ© » par les services secrets va tenter d’infiltrer le mouvement d’extrĂȘme droite, ÉgalitĂ© et rĂ©conciliation.

Issu de la classe moyenne, vivant dans un HLM Ă  CrĂ©teil, fils d’une famille catholique camerounaise. Petit dernier d’une famille de cinq, ses sƓurs ont tout fait pour Ă©chapper Ă  leur condition.
Initialement, le petit Thomas fana du PSG frĂ©quente le kop d’Auteuil et les chasseurs de skin des « Black dragons » mais embarquĂ©s dans des mauvais plans, il se fait serrer pour divers escroquerie.
Un flic trĂšs louche, qui frĂ©quentera, ou frĂ©quente alors dĂ©jĂ  les milieux de la Francafrique et les cercles sarkozistes, lui propose de bosser pour lui en infiltrant le groupe de Soral, un espĂšce de Doriot aux petits pieds, qui selon les dires de l’auteur est un pĂ©tochard et un mythomane de premiĂšre.
Il se fait alors passer pour un hooligan fascistoïde, fréquentant le kopp de Boulogne, un « black natio ».
La fascination de la bande de Soral pour la violence favorise la rencontre et la montée de Thomas, qui se fait alors appelé Mathias Cadet.
Il Ă©voque – compte rendu de dialogues Ă  l’appui – l’antisĂ©mitisme du chef de la secte mais aussi et surtout la volontĂ© d’alliance entre les fascistes et les islamistes dont la manifestation antisĂ©mite jour de colĂšre en janvier 2014 constitue l’acmĂ©.
Il souligne aussi que tous ces petits chefs sont mués par les rivalités, la recherche de la renommée, la haine et la cupidité, Soral et son acolyte Dieudonné en étant les preuves les plus manifestes.
On apprend sans que cela ne soit vraiment une surprise que le mouvement est pilotĂ© en sous-mains par les anciens gudard, Chatillon et Loustaud, eux-mĂȘmes prenant leurs ordres chez le seigneur de Montretout (pĂšre).

Le bouquin Ă©crit avec un style alerte se lit comme un polar. Bien construit et bien racontĂ©, il faut cependant noter que le lecteur est obligĂ© de le suivre dans son rĂ©cit de le croire sur parole, mĂȘme si parfois certaines scĂšnes semblent proche d’un roman, les faits exposĂ©s sont souvent corroborĂ©s par d’autres ouvrages. Il est un tĂ©moignage important sur cette frange de la fachosphĂšre.

Les bouffons de la haine, Thomas Nlend, prĂ©face de Caroline Fourest. Grasset 2022 318 p. 20,90 €




Source: Monde-libertaire.fr