Mai 30, 2021
Par Dijoncter
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Bientôt les élections régionales. À la course vers la victoire, toutes les compromissions et les coups bas sont les bienvenues.

On ne parle pas de « politeia » au sens grec et noble ici, mais bien de politique, cette politique des alliances élastiques et des petits arrangements entre ami.es, celle qu’on exècre, celle qui fait confondre l’action politique partisane et fanatique avec la Politique et nous la fait honnir, celle des frasques et des polémiques, celle de celles et ceux qui normalisent les idées de haine et d’extrême droite, celle des professionnelles du scrutin, celle de ceux qui sont prêts à tout, pour s’asseoir sur le trône du vainqueur.

Mépris et trumpisation

La règle n’échappe pas en Bourgogne-Franche-Comté. Dans le genre, la droite des Républicains de Platret est en pole position. Aligné sur la ligne Wauquiez, son chef de file veut trumpiser la région. Platret à qui on déroule tapis rouge dans les médias les plus conservateurs de CNews à BFM et qui y vomit sa haine et son populisme. Celui qui a été assommé par le Conseil d’Etat sur les questions de menus de substitution mais, sans rougir, accuse (lui le normalement « très républicain ») la plus haute juridiction administrative d’être un agent déguisé du séparatisme. Mais entendons-nous bien, il ne s’agit pas du séparatisme des riches vis-à-vis des pauvres, surtout pour un homme qui avait usé d’un sordide mépris de classe en qualifiant des journalistes du Quotidien d’avoir un niveau de « CAP ajusteur-monteur ». « Mettre l’orientation professionnelle en avant, en mettant plus de moyens » c’est pourtant bien lui qui l’a dit dans son programme des régionales ! Les CAP ajusteur-monteur ça ne doit être bon que pour le réservoir électoral.

Quoiqu’il en soit, dans le sillage de la ligne politique nationale des Républicains, Platret s’enfonce dans toutes les polémiques dont c’est désormais sa marque de fabrique. Un agrégat d’ingrédients crasseux et de polémiques voilà comment on peut résumer cette (nouvelle) pensée de droite néo-conservatrice, liberticide, islamophobe, technologique et ultracapitaliste.

Celui qui avait milité pour le renvoi de l’Aquarius en Afrique, fait la chasse aux migrants dans sa municipalité jusque dans ses hôtels Formule 1, joue la carte du fantasme à l’islamisation, passe son temps à débusquer des boucs-émissaires, se fait le défenseur d’une laïcité de « ripoux » mais pose, ostentatoirement, devant l’Eglise de Touches pour présenter sa liste aux régionales.

« Plus un centime d’euro à l’UNEF » avait-il lancé en se pavanant très librement sur le campus universitaire avec un entretien à la carte avec le président de l’UB. Au nom de quoi, de qui, d’ailleurs ? Bref, âme charitable, il n’est pas favorable « à la dissolution » de l’organisation étudiante qui, selon lui, « tourne le dos à la République » mais, gare à l’UNEF, avec lui ce ne sera plus un centime d’euro. La « République » rien que ça, oui mais seulement celle des portiques et des caméras dans les lycées dont il jure aider toutes les communes qui voudront s’en équiper s’il devient Le président. Son alliance assumée avec le parti « Debout la France » de Dupont-Aignan pour ces Régionales confirme la compromission extrême de cette droite prête à toutes les alliances pour gagner.

Un Estrosi en Bourgogne

Bref c’est cette ligne extrêmement dangereuse qui souhaite gagner du terrain. Et partout en France. Valérie Pécresse et sa sordide campagne électorale en Ile de France symbolise ce qui se passe sur tous les territoires. Pour réussir elle accuse aveuglément ses adversaires de basculer dans « l’antisémitisme », oubliant que c’est à droite qu’il s’est historiquement le plus structuré.

Mais bonne nouvelle, leurs polémiques et leurs mensonges masquent, sûrement, leur fébrilité. Alors que les groupes d’ultra-droite se professionnalisent de manière inquiétante (voir enquête de Médiapart) l’absence de contre-pouvoir médiatique et d’offre politique courageuse font le lit des pires énergumènes et du pire populisme.

Un Estrosi pour la Bourgogne voilà le rêve de Platret. Car il est plus simple de reléguer aux livres d’histoire les ligues fascistes de 1936 et d’armer la haine et l’exclusion d’aujourd’hui.

Dire et faire la haine mais sans jamais en assumer le sentiment. Voilà le tour de passe-passe de ces fachos en col blanc. Alors au lieu d’être en défense, il faut désormais passer à l’attaque contre ces haines.




Source: Dijoncter.info