Août 5, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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“ Un plan ambitieux en symbiose avec les transformations de la société…” dixit L. MIGNON !

Sur la forme…

Plus d’un an après la fin du précédent plan, Laurent Mignon s’est contenté d’une petite heure avec les OS pour expédier la présentation du Plan Stratégique 2021-2024, révélant ainsi la qualité du dialogue social dans le groupe et la considération envers les salarié-es !

Il n’a pas davantage dressé de bilan du plan achevé duquel il y aurait pourtant beaucoup de choses à dire.

Sur le fond…

Le nouveau plan BPCE 2021-2024 repose sur trois priorités stratégiques (Conquérant, Client, Climat) et trois lignes de force (Simple, Innovant et Sûr). Voilà un programme qui offre un certain contraste avec la réalité vécue par chacun et chacune !

Il faut bien avouer que, parfois les mots nous manquent pour qualifier ce que notre groupe bancaire mutualiste est devenu, les moyens qu’il déploie pour y parvenir et le peu de cas qu’il fait des salarié-es et de leurs aspirations….

Digne de l’esprit subtil de « grands technocrates », ce formatage des cerveaux réduit les rapports humains dans l’entreprise à leur portion la plus congrue, celle du mercantilisme le plus primaire.

Derrière la vitrine des « JO 2024 », fil conducteur du nouveau plan stratégique, se trame une ambition de lobotomisation des esprits dont le seul but est l’adhésion à un discours productiviste obsessionnel chaque jour plus néfaste à la santé de chacun-e d’entre nous.

Sur les 43 pages du document, une seule est consacrée à la politique RH, pour présenter la nouvelle directrice générale en charge des ressources humaines qui va « dessiner le futur du travail (sic) » dans le groupe.

Pour résumer, toujours la même rengaine : « on accélère, on est conquérant, on est innovant, on est sûr, on fait du climat une priorité d’action » alors que Natixis soutient toujours les entreprises qui développent de nouveaux projets dans les énergies fossiles.

En pleine crise sanitaire et économique Laurent MIGNON ambitionne de décrocher « la médaille d’or » et pour y arriver vise une croissance du PNB de 3,5 % par an d’ici à 2024 pour dépasser les 5 Md€ de résultat net (aux alentours de 3 Md€ ces dernières années hors exercice 2020) …

La feuille de route…

⇒ Atteindre 25,5 Md€ de PNB (fin 2020, le groupe affichait 22,5 Md€ de PNB).

⇒ Dégager 800 millions d’euros d’économie… sur le dos des salarié-es !

⇒ Trouver 800 000 client-es supplémentaires à horizon 2024 !

⇒ Faire chuter le coefficient d’exploitation en dessous des 65% (il atteint 73,80% sur l’exercice 2020).

On comprend tout de suite qu’il va falloir, une fois de plus, améliorer la productivité en nous faisant travailler plus, avec moins de moyens et d’effectifs.

Derrière le maquillage coopératif qui ne dupe plus grand monde se dissimule un système productiviste dévolu à la finance en totale contradiction avec les exigences de modération climatique qui s’impose à nous.

Des milliards de bénéfice pour qui et pour quoi ?

Cette pitoyable plaquette commerciale qui fait office de plan stratégique occulte volontairement les problématiques de fond : les conditions de travail, les rémunérations, la répartition des richesses, le maillage du réseau commercial et donc les moyens pour y parvenir.

Pour SUD, ce plan stratégique, digne de l’ancien monde, est à contre-courant des attentes de la société et des salarié-es d’un point de vue environnemental et social.

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L’équipe SUD-Solidaires BPCE




Source: Solidaires.org